Fabré-Palaprat, Bernard, Raymond
Biographie
Né le 23 mai 1771 (le 23 mai 1773 sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; le 23 mai 1775 dans la notice de Sarrut et Saint-Edme ; vers 1773 dans son acte de décès conservé à la Légion d’honneur) à Cordes d’Alby (Tarn). Docteur en médecine, reçu le 23 mai 1803 à de la faculté de Paris, médecin à Paris depuis 1798, membre du comité de bienfaisance du (ancien) IXe arrondissement, propagateur du galvanisme, nommé en 1813 comme l’un des médecins chargés de la surveillance à Paris des maladies contagieuses, nommé chevalier de la Légion d’honneur le 15 octobre 1814, pour avoir secouru les blessés sur le champ de bataille, lors de la défense de Paris et avoir été lui-même blessé, président de la Société royale académique des sciences. Il était présent le 27 juillet au matin, sur la place du Palais d’Orléans, quand un régiment de gendarmes à cheval chargea sur les attroupements d’hommes, de femmes et d’enfants, qui se trouvaient là. Pendant les trois jours, il secourut les blessés, décrivant ainsi son activité : « J’étais appelé pour aller, au milieu du sifflement des balles, porter des secours aux blessés ; et j’ai, plus d’une fois, risqué d’y perdre ma vie : mais, grâce au ciel, j’ai été conservé pour jouir de la gloire qui vient de couronner nos travaux. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il adressa, le 26 juin 1831, la lettre suivante au maire du (ancien) XIe arrondissement : « J’ai reçu la lettre par laquelle vous avez la bonté de m’inviter à aller retirer la médaille qui m’a été accordée par la Commission des récompenses nationales. Je prends la liberté de vous faire observer que je n’ai demandé ni croix ni médaille ; mais comme il pouvait y avoir lâcheté à se mettre à l’écart, j’ai seulement exprimé le désir d’être inscrit sur la liste des citoyens qui avaient rempli leurs devoirs dans les derniers jours de juillet. Je ne viens donc pas faire une réclamation, je ne pense pas en avoir le droit. Toutefois je crois devoir vous exposer qu’appelé devant le jury du (ancien) XIe arrondissement (quoique j’ai mon domicile dans le [ancien] IVe arrondissement), j’ai été interrogé avec une réserve pleine d’obligeance (sans doute à cause de mon âge) et qu’à la suite de cet interrogatoire de pure forme, j’ai été désigné pour la médaille, ainsi que je l’ai su depuis ; que deux mois après (3 janvier) j’ai reçu l’invitation de comparaître devant le jury de mon arrondissement ; et qu’après avoir subi, devant ce jury, un interrogatoire rigoureux, tant au sujet de diverses personnes qui avaient invoqué mon témoignage qu’au sujet de ce que j’avais pu faire dans les trois jours de Juillet, soit comme citoyen soit comme médecin, le jury à cru devoir m’accorder la croix, ainsi que l’ont attesté par écrit et sur l’honneur plusieurs membres de ce jury. Cependant le jugement rendu par le jury du (ancien) XIe arrondissement a, seul, reçu son exécution et l’on n’a pas tenu compte du jugement rendu par le jury du (ancien) IVe arrondissement. Dans cet état de choses, je pense que je ne puis accepter le don qui m’est offert, en vertu de la décision du jury du (ancien) XIe arrondissement, sans faire une insulte au jury du (ancien) IVe arrondissement ; mais je me plais à déclarer que je n’en suis pas moins pénétré de reconnaissance pour la faveur que ce jury a bien voulu m’accorder, malgré le peu que j’ai fait pour être honoré, même de la médaille. Ayant déjà prêté le serment déterminé par la loi, je crois qu’il est de mon devoir de le renouveler dans toutes les circonstances où cela sera jugé convenable. C’est pour cela et pleinement convaincu que l’ordonnance rendue au sujet des décorations est loin d’être contraire à la loi, c’est pour cela dis-je, que je prêterai le serment réclamé par cette ordonnance, de la même manière que je le prêterais si j’allais recevoir la croix ou la médaille. » Il est l’auteur d’une Esquisse du mouvement héroïque du peuple de Paris, dans les journées immortelles des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 ; ou Lettre adressée au lieutenant-colonel Boyer, l’un des soldats de la Grande Armée, par son ami, Fabré-Palaprat, médecin à Paris, parue à Paris, 1830, chez A. Guyot, éditeur, rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 37 et Amyot, libraire, rue de la Paix, n° 6. Il signa, le 6 juillet 1831, le certificat suivant en faveur d’Adet de Roseville, qui tentait de faire valoir ses droits devant la Société des réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Adet de Roseville, Ernest, étudiant en médecine, demeurant à Paris, (ancien) IXe arrondissement, a combattu dans les glorieuses journées contre les troupes royales, qu’il a pris part le 29 juillet à la prise du Louvre, à celle des Tuileries, aux combats qui ont eu lieu le même jour place du Palais-Royal, rue de Richelieu et rue de Rohan, d’où il a été chargé de conduire plusieurs convois de blessés à l’hôpital de la Charité. » En 1832, le zèle qu’il manifesta pendant l’épidémie de choléra lui valut la médaille de la Ville de Paris, et la déclaration suivante du maire du (ancien) IVe arrondissement : « M. Fabré-Palaprat a déployé pendant près de cinq semaines le zèle le plus désintéressé. On l’a vu constamment au poste d’honneur depuis le premier jour de l’invasion de l’épidémie jusqu’au moment où, après s’être dévoué à tous les dangers, à tous les sacrifices pour le soulagement des cholériques, il fut atteint lui-même de l’horrible fléau auquel il fut très près de succomber. » Il avait été élu grand maître de l’ordre des Templiers, le 4 novembre 1804, dont il donna sa démission vers 1836. On lira avec intérêt la notice relative à Barginet, Alexandre, membre lui aussi de l’ordre du Temple. Il avait épousé Blusse, Geneviève. Il mourut le 18 février 1838 à Pau (Pyrénées-Atlantiques) ; il est signalé comme veuf dans son acte de décès. Il demeurait 20, quai de l’Ecole-de-Médecine en 1830-1833. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, correspondance générale, demandes de décorations et médailles, idem liste des décorés de la médaille, qui ne l’ont pas encore retirée ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusqu’au 31 mai 1833 ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; AA 370 in dossier Adet de Roseville, Ernest ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/922/16. Biographie des hommes du jour, Sarrut et Saint-Edme, Paris, 1836.