Fabvier, Charles, Nicolas

Biographie


Né le 25 décembre 1783 à Pont-A-Mousson (Meurthe). Maréchal de camp. Colonel le 31 mars 1814, il signa et au nom des maréchaux Mortier et Marmont, la capitulation de Paris auprès des forces alliées. Il s’engagea auprès des libéraux espagnols contre l’absolutisme de Ferdinand VII et fit partie de la tentative, infructueuse et presque insignifiante, en avril 1823, d’arrêter, sur les bords de la Bidassoa, l’entrée de l’armée française en Espagne, en tentant de provoquer son ralliement à la cause des libéraux, alors que le gouvernement français avait décidé de venir en aide à Ferdinand VII. Selon la déclaration que fit François, Jean, Jules, élève de l’Ecole polytechnique, c’est quand lui-même fut envoyé en parlementaire auprès du gouvernement provisoire pour solliciter un gouverneur provisoire aux Invalides que le gouvernement nomma Fabvier, gouverneur provisoire. Fabvier faisait partie avec Audry de Puyraveau, Lafayette Georges, Martin-Maillefer, Mianné-Saint-Firmin (voir ces noms) et les maires de chacun des douze anciens arrondissements de Paris des membres de la Commission des récompenses nationales nommés par ordonnance du roi. Il fut nommé président de la Commission des récompenses nationales. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) 1er arrondissement. Le très controversé Buchoz-Hilton (voir ce nom, par ailleurs assez peu recommandable) parle de lui en ces termes : « L’ancien aide de camp du duc de Raguse, lors de la capitulation d’Essonne en 1814, et qui, depuis, a essayé de réhabiliter sa réputation fortement compromise dans la guerre de l’indépendance hellénique. A en croire tout ce qu’on racontait de son patriotisme, on eût pu s’attendre à le voir dans les rangs du peuple, lors du péril ; mais il n’y vint, comme tant d’autres harpies, qu’après la victoire, bien qu’il ait osé (o ridiculus mus !) démontrer à la Commission des récompenses nationales sa présence active dans les rangs du peuple, et, cela, disait-il, sous le déguisement d’un charbonnier. Cette audacieuse assertion de charabia (note : Au XIXe siècle, le charabia désignait le langage, peu compréhensible pour les Parisiens, qu’utilisaient les Auvergnats, alors souvent employés dans le commerce des vins et charbons) fit hausser les épaules et même sourire un peu méchamment certains membres de la Commission, mais ils ne l’en portèrent pas moins comme un des premiers candidats à cette décoration, qui serait immortelle, si on ne l’avait ainsi conspuée. Sa qualité d’officier général fit taire tous les scrupules. […] Il est évident que plus d’un personnage, éminent aujourd’hui, n’a dû sa fortune rapide qu’au misérable expédient inventé par Fabvier, et qu’à l’exemple d’un certain ami et confident du pouvoir actuel, qui se cacha prudemment sous les voûtes ténébreuses de sa cave pendant que grondait l’orage, plus d’un héros de contrebande obtint la décoration de Juillet au sortir de son alcôve ou de son grenier. » Il fut nommé gouverneur provisoire des Invalides après la victoire des Parisiens. Maréchal de camp, il prêta son serment de décoré de Juillet, le 25 juillet 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 25 juillet 1831. Nous empruntons au Nouveau Dictionnaire des girouettes la notice biographique qui lui est consacrée et ainsi rédigée : « Elève de l’Ecole Polytechnique, officier dans le 1er régiment d’artillerie, en 1804 ; décoré de la Légion d’honneur ; adressé par l’empereur au sultan Sélim pour l’aider à défendre sa capitale contre les Anglais ; se rendant en Perse pour y fonder un arsenal ; décoré par le schah de l’ordre du Soleil ; volontaire à l’armée polonaise sous Poniatowski ; capitaine, dans la garde impériale ; aide-de-camp de Raguse ; officier de la Légion d’honneur, colonel d’état-major, baron de l’empire; signant, en 1814, la malheureuse capitulation de Paris au nom du maréchal Marmont.

»Il adhéra à la première Restauration, en reçut la Croix de Saint-Louis, et, lors du retour de Napoléon de l’île d’Elbe, il fit partie, comme volontaire, des corps de partisans qui se levèrent pour défendre la frontière envahie par l’ennemi.

»Réintégré dans son grade de colonel à la seconde Restauration, commandant de la Légion d’honneur, il accompagna Raguse à Lyon, en qualité de chef d’état-major. On connaît les massacres judiciaires de cette patriotique cité. Raguse, à son retour à Paris, fut cruellement attaqué pour avoir arrêté le mal. Fabvier entreprit sa défense ; Canuel, qui se trouvait maltraité dans sa brochure, l’assigna devant le tribunal de première instance, qui mit les parties hors de cause. Il en appela alors en cour royale, et, là, Fabvier fut condamné, puis mis en réforme, et, quelque temps après, en disponibilité.

»Il se livrait au commerce lorsqu’il fut arrêté, avec plusieurs anciens officiers, comme prévenu d’avoir pris part aux troubles d’août 1820, mais bientôt remis en liberté, faute de charges. Témoin dans cette même affaire, il dit au procureur-général Peyronnet, depuis ministre : “Si j’étais appelé, avec des troupes sous mes ordres, pour dissiper un attroupement, j’emploierais tous les moyens possibles pour dissoudre les groupes, la douceur, la persuasion, la menace, et même la force de mes bras ; mais, après avoir épuisé toutes ces voies, s’il fallait faire feu sur le peuple, je briserais mon épée et donnerais ma démission.”

»Accusé de nouveau, en 1822, d’avoir tenté de favoriser l’évasion des quatre jeunes sous-officiers de La Rochelle, il fut acquitté, passa à Londres, de là en Espagne, où, réunissant quelques Français sous le drapeau tricolore, il essaya, mais en vain, d’arrêter, sur les bords de la Bidassoa, le drapeau blanc du duc d’Angoulême. Il courut alors offrir, son épée à la Grèce, devint général des Hellènes et remporta à leur tête plusieurs victoires mémorables. Rentré en France, il a, depuis la révolution de Juillet, été promu au grade de maréchal-de-camp et investi du commandement de la place de Paris et du département de la Seine, qu’il a remis au général Darriule. Il préside la Commission des récompenses nationales. » Il demeurait 4, rue du Monthabor en 1830-1831. Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand, tome II, p. 251 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 273 ; Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 190 ; Mémoires du citoyen Buchoz-Hilton pour servir à l’édification et à l’instruction des niais qui ont la manie de sacrifier leur fortune, leur santé, leur repos, en pure perte, sur l’autel de la Patrie, parus vers 1849, à Paris, chez l’auteur 3, rue de Richelieu ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Hardy, Claude, Abraham (où ce dernier relate avoir participé à l’installation de Fabvier aux Invalides) ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique (une lettre de Rejon, Philippe, Auguste, élève de l’Ecole polytechnique, dont Fabvier se dit être au premier rangs de ses amis) ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment, idem état nominatif des citoyens qui n’ont pas retiré de la mairie les croix et les brevets de la décoration de Juillet ; Archives de Paris VK3 33, états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 29 mars 1831, la mention de François, Jean, Jules ; Archives de Paris VK3 44 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/45 in dossier Boncompagnon ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 385 in dossier Devilleneuve, Jean, Quérémont (pour lequel il signe un certificat pour attester sa participation au bon maintien de l’ordre au château de Saint-Cloud) ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Massol, Louis, Amédée, Hippolyte (où on trouve la copie d’un ordre qu’il donna à ce dernier) ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mavel, Jean (où ce dernier critique le travail du président de la Commission des récompenses nationales) ; Nouveau Dictionnaire des girouettes, Nos grands hommes peints par eux-mêmes, pairs, hommes d’Etat, hommes de lettres, généraux, évêques, chansonniers, préfets, journalistes, statuaires, ministres, députés, ambassadeurs, vaudevillistes, etc., par une girouette inamovible, à Paris, Lerosey, libraire, Palais-Royal, 1831, p. 354-356.

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