Faivre, Jacques, Auguste

Biographie


Né le 8 avril 1795 à Fougerolles (Haute-Saône). Ancien sous-lieutenant, devenu commis marchand. Contusionné, souffrant de lassitudes générales avec inflammations de l’estomac et de l’intestin. Il adressa à la Commission des récompenses nationale le rapport suivant sur ses faits d’armes : « Le mardi 27 juillet 1830, vers les 7 heures du matin et dans la rue Saint-Honoré, j’y fis enfoncer la porte d’un armurier et j’y fis armer quinze hommes de ma compagnie. L’après-midi, dans la rue Saint-Antoine, je fus chargé par un régiment de cuirassiers et obligé à me replier dans les petites rues près de la Grève. Le mercredi 28 juillet, vers 8 heures du matin, je désarmai le poste de gendarmerie et celui du 15e de ligne à la place Maubert. Immédiatement après, je me portai sur la place Saint-Michel, où était un poste du 15e de ligne, qui fit résistance. Trois militaires furent blessés et je fis éloigner le reste dans un fiacre. De là, je me dirigeai sur l’Ecole de médecine, qui me refusa l’entrée ; mais un coutelier à côté fournit à mes soldats des couteaux et des épées. Dans la même matinée, je me transportai à l’Ecole polytechnique pour prier les élèves de prendre part aux affaires ; mais plusieurs chefs s’étant présentés me dirent qu’ils n’attendaient pour agir que les ordres de M. Lafayette et des députés. Ensuite de cette réponse, je fis arborer le drapeau national sur la grande porte de l’Ecole. Continuant, je me dirigeai sur la rue Mouffetard, où nous fûmes chargés par la gendarmerie ; un de mes soldats eut la tête fendue d’un coup de sabre. M’étant replié sur la place de Grève ; on y faisait des patrouilles parmi lesquelles je remarquai quelques gardes nationaux. Là, nous combattîmes depuis 2 heures de l’après-midi jusqu’à 9 heures et demie du soir, que la bourgeoisie reprit l’Hôtel de ville par la rue de la Vannerie. Le poste était gardé par des gardes royaux des 5e et 3e régiment puis des Suisses. Le 29 juillet, au rendez-vous du Louvre à 5 heures et demie du matin, au-devant de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, je conduisis ma compagnie en face du pont des Arts, où M. Baduel, élève de l’Ecole polytechnique, fut blessé. Reprenant ardeur, la petite porte du Louvre fut escaladée par un de mes soldats, le sieur Ricateau, rue Saint-Jacques n° 27, après en avoir brisé les planches. Les Suisses et la garde royale, forcés à la retraite, se rallièrent dans la cour des Tuileries, placèrent leur artillerie au-devant de l’arc de triomphe, menaçant le côté des quais et de la rue Saint-Honoré. L’artillerie ayant quitté ce poste, l’infanterie se retira dans le jardin des Tuileries. Le théâtre de la guerre se trouvant en ce moment être dans les rues de Valois et de Rohan, je m’y dirigeai et là nous eûmes à soutenir un combat opiniâtre. J’y reçus trois blessures légères. Ensuite, je revins sur le château, où j’entrai le premier, à la tête d’une compagnie et où je fis respecter plusieurs objets précieux. Je restais au château jusqu’au 3 août, concurremment avec M. Carel (voir Carel, Eustache, Auguste), actuellement commandant du Louvre. » Ce rapport était certifié véritable « pour ce qui a rapport à la prise du Louvre et des Tuileries », par Cochon, élève de l’Ecole polytechnique, le 6 décembre 1830 et par Baduel, aussi élève de l’Ecole polytechnique, le 7 décembre 1830 ; « pour ce qui a rapport à la Grève, la prise du Louvre et des Tuileries », le 8 décembre 1830, par Michelot (voir Michelot, Ambroise, Nicolas ?), électeur, demeurant 1, place Sainte-Opportune ; l’ensemble des faits par Ricateau, employé à la préfecture de police, demeurant 39, rue Saint-Jacques. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut (sous le nom de Fraivre) un secours de soixante francs le 5 novembre 1830, un secours de cent cinquante francs, le 26 décembre 1830, un secours de soixante francs, le 7 janvier 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le 24 décembre 1830, il ne toucha pas de secours, l’apostille suivante étant inscrite en face de son nom : A encore de l’argent. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés, avec une indemnité définitive de cent vingt francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut, à ce titre, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il est sur la liste de ceux qui reçurent une indemnité de cinquante francs en 1831, auprès de la marie du (ancien) XIe arrondissement. En 1831, il était brigadier dans les octrois de la Ville de Paris, au pavillon de la barrière de l’Ecole militaire. Il prêta, le 16 mai 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Le 14 juillet 1831, la mairie lui fournit, à titre de blessé décoré, un habillement (soit une redingote de drap bleu, un gilet de casimir noir, un pantalon avec ses guêtres de coutil russe, un chapeau et des souliers). Il reçut, en juillet 1833 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de vingt-cinq francs, à titre de décoré de Juillet. Sa veuve reçut un secours de cinquante francs en 1849, en 1851 et en 1852, à titre de veuve d’un décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 34, rue de la Huchette en 1830-1831 puis à la barrière de l’Ecole militaire, pavillon de l’octroi ; à l’octroi de la barrière de l’Etoile en 1831 ; 10, rue du Marché-Neuf en 1833 ; sa veuve, 14, rond-point des Champs-Elysées en 1849 ; 5, rue Duras en 1851-1852. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 85 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement, liste des citoyens blessés décorés à habiller ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste supplémentaire) ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, un gros cahier vert de récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste de MM. les décorés de Juillet qui avaient déposé leurs brevets à la mairie du (ancien) XIe arrondissement et auxquels ils ont été rendus, idem cahier vert des prestations de serment ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, blessés, secours définitifs, idem bulletin des croix, pièces ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VI1 1, liste des décorés de Juillet, qui ont reçu un secours de vingt-cinq francs les 27 et 28 juillet 1833 ; Archives de Paris VK3 19, (ancien) XIe arrondissement de Paris, quartier de la Sorbonne, Souscription nationale, séance du 20 octobre 1831 ;Archives de Paris VK3 44 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852.

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