Falcon, Pierre, Charles, Théodore

Biographie


Né le 22 février 1807 au Puy (Haute-Loire) (ou à Milan en Italie sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 ou le 23 février 1807 in Archives nationales F/1dIII/39 médailles du (ancien) IVe arrondissement), fils d’un ancien militaire, chef de bataillon en retraite, « qui consacra trente années de son existence à la défense de son pays ». Etudiant (ou commis voyageur sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39). Il était porteur de deux certificats. Le premier était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants de la rue Fromenteau, certifions avec sincérité que le sieur Falcon, Théodore, marchand de soieries, rue Coquillière n° 37, a soutenu pendant la journée du 29 l’attaque du Palais-Royal avec un courage exemplaire, qu’il a lutté contre les angoisses de la faim plutôt que de quitter son poste et qu’il n’a cessé de combattre qu’après l’expulsion des gardes royaux ; toutefois il a été légèrement blessé à la figure et à la jambe gauche. » Signé : Lauge, demeurant 18, rue Froidmanteau ; Lecœur, demeurant 18, rue Froidmanteau ; Gallay, officier de la IVe légion de la garde nationale, propriétaire de la maison 18, rue Froidmanteau. Le deuxième était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le sieur Falcon, Théodore, ex-employé de la maison Quentin, a pris une part très active aux journées des 27, 28 et 29 juillet, qu’il a assisté successivement aux engagements de la rue des Prouvaires et du marché des Innocents, à la prise du Louvre, du Palais-Royal et des Tuileries, qu’il n’a cessé de rester au poste des Petits-Pères jusqu’au rétablissement de la tranquillité ; enfin, qu’il a fait partie de l’expédition de Rambouillet. En foi de quoi, nous, ses collègues et compagnons d’armes, lui avons délivré le présent certificat comme témoignage de sa belle conduite et de son dévouement. » Signé : Goupillard, demeurant 3, rue Vivienne ; Combreau, négociant ; Laforest ; Stufs. Quentin, qui avait été son ancien employeur, certifia que la conduite de son employé « a été sans reproche pendant qu’il a appartenu à ma maison et digne d’éloges dans les journées mémorables ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il sollicita un grade dans l’armée, précisant « Entraîné par goût dans la carrière des armes et jaloux de consacrer mon bras à la défense de la patrie, je veux, en marchant sur les traces de mon père, sinon l’égaler du moins l’imiter, en versant, s’il le faut, une seconde fois mon sang pour la défense de mon pays ». Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » Il fut nommé sous-lieutenant, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 9e léger. Il avait reçu trois cents francs auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, comme secours en attendant sa nomination. Eloigné de Paris en 1831, il sollicita l’envoi de sa décoration. Il demeurait hôtel de remise, rue des Vieux-Augustins en 1830 ; hôtel des Bons-Enfants, rue Neuve-des-Bons-Enfants en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement, liste des décorés de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) IIIe arrondissement, état des sommes accordées aux sous-lieutenants proposés par la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier De Mauroy ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Journal militaire officiel, année 1831, premier semestre, Paris, Anselin, 1831, p. 567. Quel rapport avec Falcon, Théodore, et la dentelle du Puy ? On trouve « M. Théodore Falcon, chef de bataillon au 8e de ligne, blessé à Magenta, est nommé lieutenanl-colonel du 81e. » in Almanach historique et agricole de la Haute-Loire, pour 1860, au Puy chez Jacquet-Chauve, p. 314.

Falcoz, François.

Né à Chambéry (Savoie). En 1838, il sollicita un secours, expliquant que pendant les combats de Juillet, « il fut blessé quatre fois, par trois balles et un coup de lance, tant par les gardes royaux que par les Suisses ; qu’il ne fit à cette époque aucune démarche ni pour obtenir la Croix de Juillet ni même pour aucun secours, quoique ses blessures l’aient retenu pendant trois mois dans un hôpital » ; il était en 1838 « dans une position de gêne très grande par suite de maladies qu’il vient de faire, lui et sa femme ». Le commissaire de police apostillait la demande, certifiant que Falcoz n’avait « pas d’autres moyens d’existence que son travail ; que lui et sa femme ont éprouvé cette année des maladies qui leur ont occasionné beaucoup de dépenses ; qu’ils ont recueilli chez eux une parente âgée, qui est entièrement à leur charge et qu’ils méritent par leur conduite la bienveillance » de l’administration. Il était porteur de deux certificats médicaux qui constataient les blessures qu’il avait reçues. Le premier certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, médecin au bureau de bienfaisance du (ancien) Xe arrondissement et attaché au conseil de rencensement de la Xe légion, demeurant à Paris, rue du Bac n° 19, certifie que le 29 juillet 1830 j’ai donné les premiers soins à François Falcoz, qui avait été blessé la veille de deux balles mortes, une à la cuisse et l’autre à la main droite et d’un coup de lance léger dans le téton droit, et ce même jour d’une balle qui avait fortement frappé la jambe gauche, au-dessus de la malléole interne, et nécessita mes soins à la suite desquels François fut transféré à l’hôpital de la Charité, salle de la Sainte-Vierge n° 13, dans le service de de M. Roux, où il resta trois mois environ. » Signé, le 20 décembre 1838 : Legrand, A., médecin. Le deuxième certificat médical, ainsi rédigé : « Je me rappelle parfaitement que François Falcoz, désigné dans le certificat ci-dessus, a reçu mes soins à l’hôpital de la Charité, en 1830, pour des blessures qu’il avait reçues pendant les journées de Juillet et que bien que ces blessures ne fussent pas très graves elles ont cependant nécessité un traitement de plusieurs mois. Malgré le temps qui s’est écoulé depuis 1830, le fait dont il s’agit n’est pas sorti de ma mémoire parce que Falcoz, alors commissionnaire, habitait le même quartier que moi et que j’avais été bien souvent auparavant dans le cas d’utiliser ses services. » Signé, le 23 décembre 1838 : Roux (voir ce nom), chirurgien de l’Hôtel-Dieu, professeur à l’Ecole de médecine. Il n’était pas porté au travail de la Commission des récompenses nationales, mais porteur de bons certificats, selon une indication portée sur son dossier. Il reçut un secours de trente francs en 1839, un secours de vingt-cinq francs en 1840. En 1841, la police rapportait sur son compte : « Ancien commissionnaire médaillé, aujourd’hui porte-sonnette et concierge attaché au commissaire du quartier Saint-Jacques [depuis 1837, N.D.A.]. Brave homme. Sa position n’est pas pas impérieusement nécessiteuse. » En 1843, ne bénéficiant que de deux cent dix francs d’appointement pour son emploi de porte-sonnette, il sollicita de nouveau un secours. Il demeurait 7, rue des Carmes en 1841-1843. Archives nationales F/15/4240.

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