Faroux, Antoine, Amable
Biographie
Né le 4 ventôse an V (4 mars 1797) à Senlis (Oise). Ancien caporal au 38e régiment d’infanterie de ligne, devenu mécanicien. Le 15 octobre 1830, il adressa la lettre suivante au préfet de police, lettre qui fut renvoyée au préfet de la Seine puis sans doute à la Commission des récompenses nationales : « Monsieur, J’ai l’honneur de vous exposer qu’en ma qualité d’ancien militaire je n’ai pu résister au bruit du canon des trois journées parisiennes et que le 27, 28 et 29, ayant été entraîné par l’amour de la patrie et le désir de sortir de l’état déplorable de misère dans lequel m’a jeté le manque d’ouvrage, je me suis trouvé au milieu du feu le plus opiniâtre qui a eu lieu rue de l’Echelle au coin de celle Saint-Honoré. Là, chargé par les coups de sabre des gendarmes, je recevais aussi la fusillade de l’ex-garde royale, dont je garderai toujours mon chapeau, criblé de balles. Dans cet état, oubliant ma femme et mes deux enfants en bas âge mais n’ayant pas pris de nourriture de toute la journée je dus, manquant de cartouche et ne pouvant plus me défendre, chercher à m’en procurer lorsque je fus arrêté dans ma course par un peloton de gendarmes qui faisait son service dans la rue de Richelieu, lesquels, sans vouloir m’entendre, me conduisirent au poste du Château-d’Eau. J’écrivis de suite à mon domicile et, deux heures après, ma mère, ma femme et mes enfants tentèrent de venir me réclamer, sans craindre d’exposer leurs jours et pour sauver ma vie. Mais hélas ! le chef du poste, sourd à leurs prières, ne se laissa pas attendrir par des justes larmes et je n’eus pas même la douce consolation de pouvoir les embrasser. Un procès-verbal fut dressé contre moi et le soir on m’entraîna avec les menottes, comme un malfaiteur, dans les caves de la duchesse de Berry, où je passai la nuit. Nous étions au nombre de cinquante-huit. Ici je ne puis pas m’empêcher de faire connaître à monsieur le préfet toutes les cruautés qu’on exerça contre nous. On nous refusa de l’eau que nous demandions à cor et à cri. L’emplacement étant trop étroit pour la quantité de prisonniers, nous fûmes forcés de rester dix-huit heures sur nos jambes, ne pouvant pas nous asseoir. Les blessés s’appuyaient sur les épaules de ceux qui ne l’étaient pas et non seulement on refusa de les panser mais aussi on leur refusa ainsi qu’à nous du pain, que nous demandions en payant. Et nous ne dûmes notre élargissement qu’à la prise du château des Tuileries. Je termine cette narration par trop longue et par trop affligeante qu'au lieu de nous secourir nous fûmes traités comme des monstres et menacés de l’échafaud, tandis que de leur côté ils égorgeaient nos femmes et nos enfants et qu’il est impossible de décrire les souffrances qu’ils nous firent éprouver pour la cause de la liberté. Voilà, monsieur le préfet, en raccourci le rapport fidèle ce qui m’est arrivé et que les cinquante-huit victimes comme moi peuvent avec la même vérité mettre sous les yeux de votre justice et de votre humanité. Après cela, n’ayant pas été assez heureux pour que les deux pétitions que j’ai eu l’honneur de vous adresser soient parvenues jusqu’à vous, j’ose prendre la respectueuse liberté de venir encore réclamer de votre bienveillance un secours dont nous avons le plus grand besoin, non pas à titre de récompense puisque je n’ai fait que mon devoir envers mon pays mais pour pouvoir exister jusqu’à temps que je puisse travailler soit dans les travaux publics ou ailleurs puisque, comme mécanicien, il m’est impossible de trouver de l’ouvrage. Je me recommande, etc. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut sa médaille le 4 juillet 1831, et son brevet le 30 août de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut, en 1833 à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à titre de décoré de Juillet. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de huit francs, en juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de cinq francs et trente centimes, en juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, en 1850, en 1851 et en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 24, rue de Londres en 1830 ; (14, rue de Londres en 1831 sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 mais surtout in Archives nationales F/1dIII/39) ; 17, rue Saint-Florentin en 1831 in Archives de Paris VD6 92, bordereau etc. et in Archives nationales F/1dIII/34 ; 110, rue Saint-Honoré puis 17, rue Saint-Florentin in Archives de Paris VK3 24 dans le registre qu’il signe ; 24, rue de Londres in Archives de Paris VK3 25 liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; 56, rue Saint-Honoré en 1834 ; 24, rue de la Grande-Truanderie en 1837 ; 10, rue Mondétour en 1849-1850 ; 8, rue Mondétour en 1851-1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, idem Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet, idem même référence Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat de répartition entre les décorés de Juillet de la somme de trois cent cinquante-neuf francs et quatre-vingt-quinze centimes mise à la disposition du maire du (ancien) Ier arrondissement, le 30 juillet 1834, idem même référence Décorations de Juillet (1837) Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont demandé à recevoir l’indemnité accordée par M. le préfet de la Seine à l’occasion du septième anniversaire de Juillet ; Archives de Paris VK3 44 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/15/4240 (où son dossier est indiqué comme aux Secours à divers titres) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 420, Préfecture de police, août 1833, Etat nominatif des brevets déposés à la caisse de la préfecture de police par MM. les décorés de Juillet qui ont reçu une gratification de vingt-cinq francs, lesquels brevets leur ont été rendus ainsi qu’il est justifié par les émargements des titulaires. Dans Archives de Paris VD6 92 sur la lettre qu’il rédige il y a une mention Noms des personnes qui peuvent certifier les faits ci-contre et un seul nom illisible Malin ou Matin ou Mahis, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant 14, rue Tronchet…