Fassenoz, Pierre, Joseph
Biographie
Né vers 1788 à Planchais-lès-Mines (Haute-Saône). Employé comme ouvrier aux magasins des fourrages de l’Armée du Rhin depuis le 1er prairial an VIII jusqu’au 19 germinal an IX ; entré au service, comme soldat au 35e bataillon du train d’artillerie le 1er frimaire an X, il obtint un congé le 6 prairial an XI. Employé des douanes à Genève, comme préposé et sous-lieutenant depuis le 16 germinal an XI jusqu’au 1er août 1810, il était commissionnaire-portefaix en juillet 1830. Il fut blessé d’un coup de sabre à la tête dans la rue Montmartre. Il déposa un dossier devant la Commission des Réclamants ([ancien] IIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Le 10 juillet 1831, il adressait la lettre suivante à cette commission : « Le 29 juillet, un officier de l’état-major de la Bourse s’adressa à moi, ainsi qu’à mes camarades, en nous prévenant qu’il devait y avoir une forte affaire sur ladite place et que ce serait sans doute la décision de tout. Mais les barricades n’étant pas de résistance qu’il nous invitait d’en construire de nouvelles. D’après cette allocution, je me transportais de suite chez M. Mignon, serrurier, pour lui demander des pinces pour arracher les pavés et il me répondit les avoir données le 28 et qu’on ne les lui avait pas rendues. Un instant après, ayant appris qu’elles étaient déposées chez M. Auguste Mie, imprimeur rue Joquelet, n° 9, j’allais les chercher et je trouvai M. Mie se promenant seul dans sa cour, qui me remit une pince et trois barreaux de fer. De là, je retournai chez le serrurier, qui alluma sa forge et moi tirant le soufflet et frappant sur lesdits barreaux pour les transformer en forme de pinces. Ensuite, je les transportais vers mes camarades et nous nous mîmes de suite à l’œuvre, qui nous fut commandée pour former de nouvelles barricades désirées par le quartier général. On nous ordonna en outre de monter des pavés dans les maisons ; nous prîmes des merlins, faute de masses pour les briser. Nous en montâmes une quantité suffisante pour écraser un bataillon chez Mme Guidon, propriétaire, rue Notre-Dame-des-Victoires, n° 15, qui était à Versailles dans ce moment. Nous avions dix croisées à cette époque, cinq sur la rue des Victoires et cinq sur la rue des Filles-Saint-Thomas, plus d’une voie de bois à notre disposition dans la cuisine. Nous fûmes requis à garder ce poste, où nous restâmes jusqu’à minuit. Ensuite, vu qu’il n’y avait rien à craindre de ce côté, nous nous retirâmes chacun chez nous. Il est surprenant, Messieurs, que le sieur Mie soit décoré, attendu qu’il n’a pas quitté sa porte de plus de trente pas ce jour-là. Ayant adressé un certificat constatant mes faits des trois mémorables journées à Monsieur le préfet de police pour entrer dans la garde municipale que l’on formait à cette époque, M. Charlemagne me demanda ce que j’avais de ce certificat. Je lui dis l’emploi que j’en avais fait. Sur quoi, il me prescrivit d’aller le chercher, qu’il se chargeait de le remettre lui-même à la Commission et qu’il me ferait recevoir ce que de droit appartient à ceux qui se distinguèrent dans la grande semaine. Il me dit plusieurs fois que j’étais porté pour la médaille et une récompense. Je le rencontrai avec la décoration, il me demanda si j’avais reçu une lettre, alléguant que je devais incessamment la recevoir du jour au lendemain. Depuis cette époque, n’ayant rien entendu en ma faveur, je lui demandai mon certificat, qu’il dit être dans son dossier, lequel j’ai retiré pour vous le présenter. J’ignore si l’ancienne Commission l’a vu. J’ai l’honneur, etc. » Il était porteur du certificat suivant : « Les soussignés certifient qu’il est à leur connaissance que le sieur Pierre, Joseph Fassenoz, commissionnaire, demeurant rue Saint-Joseph, n° 22, s’est montré un zélé patriote dans les journées des 27, 28 et 29 juillet. Le 27, qu’il s’est mis à la tête des citoyens qui ont fait évacuer le poste des gendarmes, place de la Bourse, en portant le drapeau noir. Le 28 au matin, qu’il se trouvait rue du Temple et marchait avec un drapeau tricolore en tête de la troupe de ligne, qu’il a parcouru ainsi les boulevards jusqu’à la place Vendôme et l’après-midi qu’il s’est battu rue Montmartre, où il a été blessé à la tête. Le 29, malgré sa blessure, qu’il s’est mis à construire des barricades rue Notre-Dame-des-Victoires et rue Joquelet et à monter des pavés aux croisées et que partout où nous l’avons vu il n’a cessé de donner l’exemple du courage et du bon ordre. Les soussignés certifient en outre que depuis vingt ans qu’il demeure dans le quartier il s’est toujours conduit avec probité et qu’il ne s’est jamais écarté de ses devoirs d’honnête homme. » Signé, le 12 septembre 1830 : Lecerf, Norbert, demeurant 18, rue Saint-Joseph ; Mahot, demeurant 24, rue Saint-Joseph ; Desnoyer, demeurant 15, rue Saint-Joseph ; Gauteron, demeurant 8, rue Joquelet ; Bourguignon ; Engreissat, demeurant 2, rue Joquelet ; Régnier, demeurant 15, rue Notre-Dame-des-Victoires ; femme Mignon, demeurant 7, rue Joquelet ; Méquillet, TH., demeurant 36, rue Notre-Dame-des-Victoires ; Melber, Charles, demeurant 34, rue Notre-Dame-des-Victoires ; Charlemagne, Guillaume (voir ce nom), demeurant 46, rue Notre-Dame-des-Victoires ; Cabiro, principal locataire, demeurant 8, rue Joquelet ; Fremont, demeurant 17, rue… ; Coste, demeurant 36, rue Notre-Dame-des-Victoires. Il reçut (sous le nom de Fassineau) un secours de dix francs, le 3 août 1830, un secours de dix francs, le 8 août 1830, à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il sollicita d’entrer dans la garde municipale. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Il sollicita la décoration de Juillet. Il demeurait 22, rue Saint-Joseph en 1830-1831. Archives de Paris VD3 1-2, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/88. Voir Fascenoz ?