Faucon, Michel, Pierre, Auguste
Biographie
Né le 25 mai 1797 à Arnouville (Seine-et-Oise). Loueur de cabriolet et fabricant de voitures depuis 1828. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. L’ajournement fut levé dans la séance du 12 avril suivant (mais pas de trace de la première décision d’ajournement…). Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Faucon, Pierre, Joseph), auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1848, à cause de la stagnation des affaires, il sollicita un prêt de douze ou quinze mille francs pour l’empêcher de faire faillite. Il donnait les explications suivantes : « […] J’ai commencé mon établissement en 1828, rue Neuve-Saint-Sauveur, au Petit-Carreau avec quatre cents francs. J’ai vendu mon fonds un illisible avant la révolution de 1830, six mille cinq cents francs. Dans la même année, j’ai formé une maison plus considérable, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois n° 6 et 14. Ayant fait dans ce quartier de commerce des affaires qui me permettaient d’augmenter mon matériel, qui n’était alors que des cabriolets sous remise, avec l’activité que je mettais dans mon travail, tout semblait me sourire lorsqu’en 1837 une maladie épouvantable s’introduisit dans mes écuries. Je perdis dix-huit chevaux (M. Giraud, vétérinaire rue Saint-Sauveur, peut en donner la preuve). J’étais jeune alors et plein de feu. Avec le secours de quelques amis, j’ai réparé cet accident sans que mon crédit sur lequel j’ai toujours marché en ait souffert. En 1838, plusieurs concurrences étaient établies près de moi. J’ai proposé à M. Gay, mon propriétaire, de résilier mon bail qui était encore de dix ans. Sur son refus, plutôt que de tout perdre j’ai quitté le quartier en garantissant les loyers bien entendu. Je suis venu alors formé un établissement de voitures de remise, rue des Marais-Saint-Germain. Cette rue déserte et peu connue m’a forcé de lancer quelques mille circulaires mais j’ai été surpris lorsque les dames venaient chez moi par recommandation des personnes qui s’étaient servi de mes voitures. Encouragé par ce succès, j’ai successivement monté un matériel de vingt-six voitures, marchant comme je l’ai déjà dit sur un crédit mais avec prudence. Quand la Révolution de Février a éclaté, je devais douze mille francs à mes ouvriers et fournisseurs. Cela m’inquiétait peu, sans cet événement à cette époque la noblesse habite le faubourg Saint-Germain. Je pouvais espérer, comme les années précédentes, faire cinq ou six mille francs de recette par mois. J’avais comme tous les ans remonté mes écuries au mois de décembre de onze chevaux neufs j’ai perdu sept mille francs dessus en les revendant au mois d’avril. Les huit mois de saison où je devais faire trente-cinq ou quarante mille francs de recette m’ont rapporté à peu près de quoi manger et nourrir sept chevaux et quelques cochers que j’ai conservés pour ne pas fermer la maison. Mes anciens ouvriers et fournisseurs reçoivent des acomptes tels qu’ils sont mais les tiers porteurs, qui sont presque tous des petits banquiers à la semaine, me poursuivent à boulets rouges. Depuis quinze ou dix-huit ans, j’ai occupé trente ouvriers par jour. Aujourd’hui je me trouve à la veille de perdre mon honneur par une faillite infaillible si je n’ai pas douze ou quinze cent francs pour satisfaire les créanciers les plus acharnés. Cette somme avec ma réputation pourrait me conduire jusqu’au mois de janvier, époque où les maîtres rentrent en ville et par conséquent époque où j’ai l’espoir que les affaires reprendront car je vous avouerais, monsieur le ministre, que je ne désespère pas de l’avenir. J’ai une pleine confiance dans mon commerce puisque je faisais depuis quelques années dix mille francs de bénéfice par an, ce qui me donnait la facilité d’augmenter progressivement mon matériel. Je vous demande pardon, monsieur le ministre, de vous entretenir d’autant de détails mais je le fais pour que l’on puisse reconnaître la vérité des faits. J’ai essayé de vendre quelques voitures, n’importe à quel prix, je n’ai pas trouvé d’acquéreur. Si dans quelque temps les affaires revenaient au point où elles étaient je me ferai un devoir de rendre cette somme. » En 1849, les renseignements de police rapportaient sur son compte : « […] Marié et a trois enfants à sa charge. […] Il perd tous les jours les économies qu’il avait faites et sa position devient de plus en plus malheureuse. Il est favorablement représenté sous tous les rapports. » Il reçut un secours de soixante francs en 1849, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait rue Neuve-Saint-Sauveur en 1828 ; 6, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois en 1831 ; 16, rue des Marais-Saint-Germain en 1848-1849. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives de Paris VK3 29, séance du 12 avril 1831, séance du 14 avril 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/15/4240 (sous le nom de Faucon, Pierre, Michel, dit Auguste) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45 (sous le nom de Faucon, Pierre, Michel), idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72.