Fayet, Louis
Biographie
Né vers 1805 à Saint-Berthevin-la-Tannière (Mayenne). Compagnon menuisier. Il fut très gravement blessé à la cuisse près de l’articulation. Il fut pansé par le pharmacien Hermé, 11, rue des Martyrs et soigné par le docteur Dufour. Il reçut un secours de quarante francs en août et un autre de vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un total de cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Dans une lettre adressée au président de la Commission, Malebouche, propriétaire 8, rue Pigalle, intercédait, dans ces termes, en sa faveur : « Louis Fayet, […] après s’être bravement battu dans les journées de Juillet, s’est réuni le jeudi à trente autres défenseurs du pays. Ils ont longtemps résisté à un bataillon de la garde royale dans les environs du Palais-Royal, ils l’ont décimé. Mais le feu de ce bataillon a été fatal à la presque totalité de ces braves gens ; trois seulement ont quitté le champ de bataille, tous grièvement blessés ; deux sont morts dans les ambulances et Louis Fayet reste seul héritier de la gloire de ses compagnons. Le certificat joint à la présente demande prouve la vérité de ces faits. Déjà quelques secours lui ont été accordés mais la blessure, de six pouces de long, sur trois de large, qu’il a reçu a nécessité l’amputation d’une parti de la cuisse ; il est boiteux par suite et non encore guéri. Cet état nuira beaucoup au travail, qui lui est indispensable pour vivre. Une loi vient d’être votée pour donner des pensions aux victimes des grandes journées. Une commission est nommée pour examiner les titres de ceux qui y ont droit. Je viens donc, monsieur le président, vous transmettre la demande que je forme pour Louis Fayet d’une pension méritée par sa belle conduite et réclamée par la grave blessure qui en a été la suite. Louis Fayet travaillait pour ma maison lorsqu’il a été blessé et je crois pour ce motif qu’il est convenable que je fasse moi-même cette demande en sa faveur. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il demeurait 66, rue Rochechouart en 1830-1831. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 23 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 25 ; Rapport de M. Sensier, ancien notaire, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, imprimerie de Ambr. Firmin Didot, 24, rue Jacob, 1830, p. 27 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement.