Fayol, Joseph

Biographie


Né le 22 novembre 1800 à Cunlhat (Puy-de-Dôme). Elève interne en chirurgie à la maison royale de Charenton. De très nombreuses personnes adressèrent à son sujet la lettre suivante au général Lafayette : « Monsieur le lieutenant-général,

»Un de vos compatriotes, M. Fayolle, est un des élèves de l’Ecole de médecine, qui se sont le plus distingués dans les trois immortelles journées de Juillet.

»Nous désirions faire connaître son beau patriotisme à la France entière par la voie des journaux mais il s’y est opposé, dans la crainte que cette publicité ne lui nuisît dans l’exercice de ses fonctions de médecin. Nous osons néanmoins espérer, monsieur le lieutenant-général, que sa bravoure ne restera pas sans récompense.

»Nous l’avons vu le mardi aller chercher les élèves en droit pour les adjoindre aux élèves en médecine, et, de là, à leur tête, se transporter chez M. Casimir Perier. C’est en passant dans la rue Saint-Honoré, en face du palais du duc d’Orléans qu’il a commencé à se signaler, en abattant un gendarme à cheval à coups de pierres. Le mercredi, il a combattu toute la journée à l’Hôtel de ville. Le jeudi, il se trouvait, à la tête d’une centaine de personnes qu’il commandait, à la prise du Louvre. » Suivent trente-cinq à quarante signatures « tant des élèves de l’Ecole polytechnique que des élèves de l’Ecole de médecine et de droit et plusieurs simples particuliers : Sabbatier ; Massol, élève de l’Ecole polytechnique ; Barbedienne, demeurant 25, rue des Fossés-Saint-Victor, qui ajoutait « avoir vu le mardi M. Fayol aller chercher les élèves en droit pour les adjoindre aux élèves de médecine, de là se transporter à leur tête chez M. Casimir Perier ; de plus il a abattu un gendarme en face du palais du duc d’Orléans » ; …aché, élève en droit, demeurant 145, rue Saint-Jacques, qui ajoutait : « J’affirme avoir vu M. Fayol, seul, venir avec le plus grand enthousiasme, chercher des élèves en droit pour les adjoindre aux élèves en médecine. J’ai appris depuis de plusieurs de mes condisciples qu’il s’était particulièrement distingué dans les trois périlleuses journées de Juillet. » Maillard, élève de l’Ecole de médecine, demeurant hôtel du Panthéon, rue Cordières, qui précisait : « Je, soussigné, atteste avoir vu, au moment de l’attaque de l’Hôtel de ville, mon collègue M. Fayol, se distinguer d’une manière au-dessus de tout éloge dans la rue Tixéranderie vis-à-vis la place de Grève » ; Aymard, Auguste, élève en droit, demeurant 34, rue de l’Ecole-de-Médecine, qui précisait l’avoir vu « sous les armes et animé du plus grand enthousiasme pendant les immortelles journées de Juillet » ; Bareau, élève de l’Ecole de médecine ; Rousseau ; Guillau, professeur d’études élémentaires chez Mme Genest, 14, rue d’Assas ; Petit, ex-militaire ; Alexandre ; Tardif, E. ; Dejardins ; Aubry, Alexandre ; Perrin, Adolphe ; Massenot, demeurant 17, rue de Vaugirard ; Simon ; Colou ou Colomb ; Dubois, élève de l’Ecole de médecine ; Porson ; Le Roi, Lambert ; Adolphe. Le certificat suivant était ajouté à cette lettre : « Je soussigné, affirme avoir vu le mardi 27 juillet M. Fayol mon voisin et toute la maison peut aussi l’attester être au désespoir de n’avoir pas d’armes, ne possédant qu’une paire de pistolets anglais, je les lui donnai le soir. Jamais personne ne fut plus content d’un pareil présent. Il vola de suite au combat et je ne le revis que le soir sur les 10 heures. » Signé le 10 septembre 1830 : Saint-Simon, adjoint dans la XIe légion de la garde nationale, demeurant 3, rue des Maçons-Sorbonne. On trouve aussi dans son dossier plusieurs autres certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Fayol, Joseph, […] au premier bruit des massacres de Juillet, s’est rendu de suite à Paris pour se joindre au corps des étudiants et avec eux défendre la liberté de l’Etat ; qu’il n’est rentré, le 30 au soir, qu’après la cessation complète des combats. Certifie en outre qu’il a fait partie, dès son arrivée à Charenton, du corps formé le 29 juillet par les élèves de l’Ecole d’Alfort, chargé par le gouvernement provisoire de la garde des ponts d’Ivry et de Charenton et que le 3 août, dans notre marche sur Rambouillet, il a été proclamé d’une voix unanime le chirurgien des deux cents élèves que je commandais. Le zèle dont il a été animé pendant ces mémorables journées me fait un devoir de lui délivrer le présent certificat. » Signé le 20 octobre 1830 : Clavel (voir Clavel, Eugène), ex-commandant du corps formé par l’Ecole d’Alfort. Le deuxième était ainsi rédigé : « Je, soussigné, ancien chirurgien interne de l’hospice de perfectionnement, médecin, certifie que M. Fayol, Joseph, […] élève interne dans la maison royale de Charenton, après avoir combattu toute la journée du 28 juillet sur les boulevards Saint-Denis et Saint-Martin, a mis à la fin des combats qui ont eu lieu sur ces différents endroits un zèle infatigable et vraiment patriotique à faire ramasser les blessés, à les panser et à les faire ensuite évacuer sur les hôpitaux. Je certifie en outre qu’exténue de fatigue et n’ayant plus rien à faire, il est venu, à mon invitation, se reposer chez moi pendant la nuit du 28 au 29 ; mais il en est sorti dès qu’il a vu que dans d’autres quartiers, d’autres combats avaient lieu. L’ardeur avec laquelle il a été tour à tour soldat et chirurgien pendant ces immortelles journées me font une obligation de répondre à sa demande en lui délivrant la présente attestation. » Signé le 10 octobre 1830 : Layraud, demeurant 175, rue Saint-Martin. Le troisième était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que, dans la matinée du 28 juillet 1830, nous avons vu sur le boulevard Saint-Denis le sieur Fayol, interne dans la maison royale de Charenton, armé d’un fusil de soldat, se précipiter au milieu du danger avec un courage digne de la cause que nous défendions, que, plus tard et dans la même journée, étant posté en tirailleur, il a essuyé à lui seul la charge d’un cavalier et qu’il n’a quitté le champ de bataille qu’après l’évacuation des troupes contre lesquelles nous nous battions. Nous attestons encore qu’il est à notre connaissance qu’il a donné tous ses soins à plusieurs blessés. » Signé, le 25 octobre 1830 : Brissaud ; Noël, J., maréchal des logis ; Farne, B., pharmacien ; Henry, J.-B. (voir Henry, Jean-Baptiste, Victor), étudiant en droit, demeurant 4, rue Percée. Le quatrième certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine, membre correspondant de l’Académie royal de médecine, chirurgien du 3e bataillon de la IVe légion de la garde nationale de la banlieue, déclare qu’il est à ma connaissance que M. Fayol, Joseph, interne en chirurgie à la maison royale de Charenton, a été absent de ladite maison les 28, 29 et 30 juillet 1830, qu’il a passé ce temps à Paris, où il a pris part, pour la cause de la liberté, aux événements de ces trois journées, soit comme combattant soit comme chirurgien. J’atteste en outre que M. Fayol a accompagné MM. les élèves de l’Ecole d’Alfort dans leur marche sur Rambouillet, le 3 août ; que son zèle pour l’humanité et son dévouement patriotique bien connus lui avaient mérité l’honneur d’être chois par ces messieurs comme chirurgien devant les accompagner. » Signé le 20 octobre 1830 : Ramon ; Deguise, chirurgien en chef de la maison royale de Charenton ; Calmeil, inspecteur du service médical ; Bleynie, médecin adjoint ; Moreau ; Dacan. Enfin, cette lettre signée de Châteaugiron (voir Château Giron de, René, Charles, Hyppolyte ?) et ainsi rédigée, depuis Aulnay le 13 novembre 1830 : « Je profite avec un vif empressement de toutes les occasions qui s’offrent à moi pour correspondre avec M. Guyot car je dois lui dire que ses manières et sa conduite me l’ont fait prendre tout à fait en amitié. Je lui demande un peu de réciprocité de sa part. Je lui adresse un jeune homme fort intéressant, élève de la maison de Charenton, dont la modestie s’était dérobée longtemps à toutes les invitations de ses amis. Ce jeune homme, par sa position, ne veut qu’une récompense honorifique, qu’il croit avoir méritée et tous ceux qui le connaissent partagent cette opinion. Il n’y a qu’une voix sur son compte. Je désire bien qu’il paraisse à M. Guyot digne de son intérêt et, dans ce cas, je le prie d’appuyer la demande qu’il fait à la Commission de la décoration que la loi accorde à ceux qui se sont distingués dans les mémorables journées de Juillet. Je prie, etc. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux (sous le nom de Fayol, Joseph sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Ne voyant pas son nom sur les listes sur les premières listes de décorés, le maire de Charenton, Ventenat, fit parvenir, le 6 mai 1831, la lettre suivante (le destinataire ne nous est pas connu) : « Mon cher confrère, permettez-moi de vous signaler un oubli sur la liste des personnes désignées pour la Croix de Juillet […]. Il y a à la maison royale de Charenton un jeune médecin nommé Fayol, Joseph. Il est de notoriété que dans les trois jours il a pris une part des plus actives aux événements de Paris ; il a fourni à la Commission toutes pièces nécessaires et a subi le plus complet des interrogatoires. On lui a toujours donné la certitude qu’il obtiendrait la décoration et certes il est un de ceux qui l’aient le mieux méritée. Une lettre même du 31 mars que vous avez adressée à notre ami commun Burau illisible porte que c’est une affaire finie. Enfin, la liste a paru et M. Fayol n’y a point vu son nom ; il n’y a que celui d’un homonyme dont les prénoms ne sont pas les mêmes. Je vous prie, s’il dépend de vous, de faire pour M. Fayol valoir les droits de la justice ; vous ne sauriez vous intéresser à quelqu’un qui soit plus digne de la récompense que doivent être fier de porter ceux qui ont contribué si puissamment au nouvel ordre de choses. Ce jeune homme cependant a un défaut, il est trop modeste ; mais vous conviendrez que c’est une raison de plus pour qu’il soit soutenu et que sa réclamation obtienne le résultat favorable qu’il mérite. Je prends donc la liberté de vous le recommander tout spécialement, tout pénétré que je suis de ses droits et de ses titres. Si vous pouvez contribuer en cette occasion à un acte de justice, je vous en aurai personnellement toute obligation. » Fayol signa, le 20 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Michel, Charles, Louis : « Je, soussigné, certifie que M. Michel, Charles, Louis est incontestablement un des braves des derniers jours du juillet 1830. J’affirme avec plaisir que le jeudi 29 juillet après la cessation des massacres de Paris j’ai trouvé le brave jeune homme en habit de garde national occupé de faire panser ses pieds qu’une fatigue extrême avait excoriés. Je certifie en outre que voisin de l’Ecole vétérinaire d’Alfort, j’ai vu nombre de fois le dénommé ci-dessus donner des avis très importants aux dignes élèves de cette même école qui spontanément et à l’appel de M. Michel avaient formé un poste sur le pont de Charenton, poste qui n’a pas été sans produire de grands avantages à la cause que nous défendions. » Michel, Charles, Louis, dans le récit qu’il faisait de sa participation aux combats, confirmaient ainsi les soins que lui avait donnés Fayol : « […] Je retournais à Paris [depuis Alfort, N.D.A.] pour leur faire envoyer de la poudre. Mais arrivé, mes pieds ayant éprouvé tant de fatigue, le sang qui continuellement inondait mes souliers me força à recevoir les soins du docteur Fayol. Mes pieds pansés, je partis le jeudi soir rendre compte au colonel Zimmer de ma démarche à Alfort, qu’il approuva […]. » Il prêta son serment le 26 mai 1831 et reçut sa croix le 28 juin 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Fayot, Joseph), auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 3, rue des Maçons-Sorbonne en 1830 ; à Charenton en 1831. Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris DM13 1, sous-préfecture de Sceaux, premier état supplémentaire des vingt-cinq francs (absents) ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, pièces à l’appui des faits notables ; Archives de Paris VK3 37, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux, liste supplémentaire des décorés de Juillet, idem état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 44 (il signe bien Fayol, Joseph) ; Archives de Paris VK3 48 in dossier Michel, Charles, Louis (il signe bien Fayol), idem in dossier Milbert, Jean, Angélique, Edouard ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux et liste supplémentaire des décorés de Juillet. Voir sans doute Fayol même adresse ? il aurait été secouru et blessé 1re classe dans le (ancien) XIe ?

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