Féburier, Théophile, Louis, Victor

Biographie


Né le 3 mars 1803 à Gand (Belgique), de parents français. La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « M. Théophile Féburier, ancien officier du génie et collaborateur du journal le Temps, s’est constamment fait remarquer par une incroyable activité et un zèle infatigable : la multiplicité de ses services durant les 27, 28 et 29 juillet est vraiment remarquable. Après avoir habilement dirigé la construction des barricades de la rue de Richelieu et du quartier Montmartre, il a conduit au feu le lendemain une colonne de citoyens. Renversé par un violent coup de crosse, près la place des Victoires, deux heures après on ne le vit pas moins se porter partout où sa présence pouvait être utile. Le 30, on le charge du soin de reconstituer la municipalité du premier arrondissement. Il se présente seul devant la mairie ; il harangue le peuple, fait comprendre le besoin pressant d’organiser une municipalité, et s’entoure de quelques notables : les portes s’ouvrent, et, au nom de la loi qu’il invoque, le flot respectueux du peuple s’arrête au pied du vestibule. Un bureau provisoire municipal est formé. M. Théophile Féburier, en sa qualité de président, et sur la demande du bureau, adresse à M. Lecordier, ancien maire, une invitation pour reprendre ses fonctions. M. Lecordier se présente, et adresse au jeune citoyen qui l’installe des remerciements publics au nom de tous ses administrés. Le gouvernement provisoire a préposé M. Théophile Féburier aux travaux d’urgence à exécuter à Montmartre et aux barrières voisines. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier était un ordre donné, le 30 juillet 1830 (pas trop tôt !! N.D.A.), par Zimmer (voir ce nom), chef de l’état-major de la garde nationale, depuis les bureaux du gouvernement provisoire ; et ainsi rédigé : « L’ordre donné à M. Théophile Féburier d’exécuter toutes fortifications possibles dans les rues Cadet, Rochechouart, barrière du même nom, rue de Bellefond, rue et barrière des Martyrs, de la Tour-d’Auvergne, impasse Coquenard, est confirmé : tous les commandants de la force armée sont requis de lui prêter main forte. » Le second était ainsi rédigé : « Je certifie qu’il est à ma connaissance que M. Féburier, Théophile, attaché au département des Affaires étrangères, s’est particulièrement distingué dans les derniers événements de juillet, qu’il a reçu du gouvernement provisoire l’ordre de faire exécuter toutes fortifications possibles dans le quartier du faubourg Montmartre, où il a dirigé la construction des barricades. Je certifie en outre qu’il s’est fait remarquer par une activité incessante et que je le crois tout à fait digne de la bienveillance du gouvernement. » Signé le 12 octobre 1830 : Zimmer (voir ce nom), ex-chef de l’état-major de la garde nationale. Le troisième était ainsi rédigé : « Je certifie que M. Théophile Féburier s’est fait remarquer, durant les trois journées de Juillet, par son dévouement à la cause du pays et par son activité. Il est à ma connaissance qu’il a distribué dans la journée du 27 plusieurs centaines d’exemplaires du journal le Temps, qu’il en a affiché de ses propres mains dans les rues et en a fait des lectures publiques. J’atteste en outre qu’il a dirigé la construction des barricades dans la rue Richelieu et le faubourg Montmartre, dont la défense lui fut confiée par un ordre du gouvernement provisoire que le 30 juillet il a réorganisé la mairie du (ancien) Ier arrondissement municipal. » Signé le 23 octobre 1830 : Audra (voir ce nom), administrateur du Temps. Cette copie d’un avis du conseil municipal du (ancien) Ier arrondissement : « Paris, le 30 juillet 1830. A messieurs les membres de la Commission provisoire. Nous avons l’honneur de vous informer que sur l’invitation qui nous a été adressée par M. Théophile Féburier, commissaire du gouvernement provisoire, de nous rendre à la mairie pour y organiser l’administration municipale, nous n’avons pas hésité à reprendre nos fonctions et à donner l’exemple à nos administrés : en conséquence, nous déclarons la municipalité constituée. Nous allons nous occuper immédiatement de remplir les intentions de l’autorité pour assurer la tranquillité et l’approvisionnement. » Signé : Lecordier. Ce dernier certificat ainsi rédigé par le maire du (ancien) Ier arrondissement, le 12 octobre 1830 : « J’affirme que ce fut M. Théophile Féburier qui, avant l’arrivée de l’ancien maire, m’installa à 7 heures du matin, en vertu d’un premier arrêté de la Commission municipale, comme ayant obtenu le plus de voix aux bureaux définitifs des dernières élections. » Il fut porté à la fois sur les listes de décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement et sur celles des médaillés auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Le ministère de l’Intérieur demanda la rectification de l’erreur. En août 1831, il était sous-préfet de l’arrondissement de Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais) (sur les listes de la mairie il est mentionné comme attaché aux Affaires étrangères). Il donna procuration à D’Homme, Philippe, négociant, 4, rue des Fossés-Montmartre à Paris, pour retirer en son nom sa croix et son brevet, le serment de décoré de la croix et qu’il était tenu de faire ayant été prononcé le 16 mai 1831 devant le secrétaire général de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. D’Homme reçut la croix et le brevet le 23 août de la même année. En 1833, il était sous-préfet à Espalion, en 1840, il était sous-préfet à Saverne. Il demeurait 1 ter, rue de La Tour-d’Auvergne (par erreur et souvent 1, rue de La Tour-d’Auvergne, mais dans sa lettre il donne bien comme adresse 1 ter, rue de La Tour-d’Auvergne) dans le faubourg Montmartre en 1830-1831. Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Gimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 319-320 ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 92 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VK3 44 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement, liste supplémentaire des décorés de Juillet, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/63. Almanach royal et national pour l’an 1840 présenté à Sa Majesté et aux princes et princesses de la famille royale, Paris, chez Guyot et Scribe, 37, rue Neuve-des-Petits-Champs, 1840, p. 576.

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