Félix
Biographie
Lieutenant-colonel. Le rapport de Sensier relate à son sujet : « C’est au zèle et à l’activité infatigables de cet officier qu’on a dû l’occupation et la conservation de la position importante de Montmartre, dont la garde royale voulait s’emparer. Il avait été chargé de cette mission au quartier général de la Bourse. Le lieutenant-colonel Félix a pris sous sa sauvegarde, avec le docteur de Bouchet, le capitane d’état-major Vernon, envoyé par le commandant de Paris en parlementaire pour faire cesser le carnage. Ce ne fut qu’en courant les plus grands dangers qu’ils ont pu protéger le capitaine Vernon contre les attaques du peuple répétées à chaque instant. Le lieutenant-colonel Félix a eu trois frères dans l’ancienne armée qui tous ont été tués. » On trouve une trace de l’activité de Félix dans le rapport envoyé par Dedreux, Pierre, Anne (voir ce nom) au colonel Zimmer, chef de l’état-major de la garde nationale de Paris, et qui relatait l’activité du poste de la commune de Montmartre : « M. le commandant de la garde nationale. Je m’empresse de vous rendre compte de l’état de défense de la butte Montmartre. Nous avons le lieutenant-colonel Félix qui dirige nos fortifications. Je crois dans le bien du service vous faire connaître le peu de zèle de M. Bazin maire de notre commune. Ce n’est qu’à 10 heures du soir que j’ai pu obtenir les renseignements pour former la compagnie qui s’est réunie sous mon commandement. Il était important de régulariser le mouvement de la garde nationale de Montmartre. Je dois vous dire aussi que M. Belhomme, un des adjoints de la commune, a montré une bonne volonté et a fait tout son possible pour exciter le zèle des habitants qui ont besoin d’être stimulés. Le service le plus pénible a été supporté par les cent premiers braves qui se sont réunis pour maintenir le bon ordre dans la commune. Voilà la cinquième nuit que nous passons ensemble. Ils sont exténués de fatigue. Le service de cette place demande une prompte organisation. Aujourd’hui je vous ferai parvenir la formation de la deuxième compagnie, qu’on désire me voir commander. Je ferai la proposition des officiers, sous-officiers de la garde nationale, les caporaux également présentés. J’espère être organisé définitivement aujourd’hui. Cette nuit du dimanche s’est passé avec le plus grand ordre. L’union était partout. Les ouvriers demandent à reprendre leur travaux. tout va très bien. Recevez, mon colonel etc. » Il demeurait 32, rue Taitbout en 1830. Rapport de M. Sensier, ancien notaire, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, imprimerie de Ambr. Firmin Didot, 24, rue Jacob, 1830, p. 43 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits Nams 153, folio 366.