Ferdinand fils, Edouard, de son vrai nom La Brunière de Médicis
Biographie
Né La Brunière de Médicis, Edouard, vers 1809 à Bordeaux (Gironde), fils de La Brunière de Médicis, Jean, dit Ferdinand, Jean, danseur de ballet. Peintre. Il déposa un dossier devant la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il adressa la lettre suivante à la Commission : « Ayant contribué autant qu’il a été en mon pouvoir à la réussite des glorieuses journées de Juillet, je vais faire le détail exact de ma conduite, des témoins dignes de foi pourront en attester la vérité. Le lundi soir, ayant eu connaissance des ordonnances par le Journal du commerce, que l’on nous avait envoyé secrètement, je sortis, le mardi matin, et allai dans tout le quartier lire le journal du Temps et exciter le peuple à se soulever contre une pareille violation de la charte. Vers le soir, je me rendis rue Saint-Honoré, où, voyant les gendarmes charger le peuple, j’aidai mes compagnons à casser des pavés et à les lancer contre eux, ce qui les força à ne pas charger une troisième fois. Mais, voyant la ligne arriver en nous tirant des coups de fusils, je fus un des premiers à défoncer la boutique de l’armurier Prevoteau près du passage Vero-Dodat et à m’emparer d’un fusil. N’ayant pas de cartouches, je revins chez moi passer une partie de la nuit à en faire. Le mercredi, à la tête d’un rassemblement armé, je me dirigeai à l’Hôtel de ville, où j’y passais la journée. Je fus du nombre de ceux qui, les premiers, arborèrent le drapeau tricolore. Ayant été forcé, à plusieurs reprises, de quitter la place, je me portai au coin de la rue du Mouton et tirai continuellement jusqu’à ce que nous nous en rendîmes maîtres. Le jeudi, je combattis près du Théâtre-Français et je contribuai à prendre la pièce de canon. Le 30 juillet, placé par M. Lenglier, élève de l’Ecole polytechnique, à la tête d’un détachement de gardes nationaux, nous reçûmes l’ordre d’aller défendre des presses mécaniques qu’un rassemblement d’ouvriers voulait briser. Nous parvînmes avec beaucoup de peine à les en empêcher. Nous revînmes ensuite à l’état-major de la Bourse, où l’on me confia le commandement d’une centaine d’hommes pour aller à Montmartre et dans les environs s’assurer si l’ennemi y était, comme l’on en avait fait courir le bruit. Mais, ayant marché pendant cinq heures sans rien rencontrer, je ramenai mon détachement à la Bourse, où je passai le reste de la journée et de la nuit à prodiguer mes faibles soins aux blessés que l’on amenait en grand nombre. » Il joignait plusieurs certificats à sa lettre. Le premier : « Je, soussigné, déclare avoir vu, mercredi 28 juillet 1830, M. Ferdinand fils, à la tête d’un rassemblement armé qui se dirigeait sur l’Hôtel de ville. Je déclare, en outre, lui avoir parlé, le jeudi 29, lorsque, à la tête du même détachement, il sortait de l’état-major général en permanence à la Bourse pour exécuter les ordres qu’il venait de recevoir. » Signé, le 30 juillet 1831 : Farnnin (illisible), candidat en médecine, demeurant 34, rue Coquillère. Le deuxième : « Je, soussigné, puis affirmer avoir vu, le mardi matin, le 27 juillet 1830, M. Ferdinand fils, lisant les journaux à haute voix sur le boulevard Montmartre et ensuite sur la place de la Bourse et exciter le peuple à se révolter contre les ordonnances. » Signé : Singer, A., musicien, demeurant 175, rue Montmartre. Le troisième : « Je, soussigné, certifie que le 29 [lire 30, N.D.A.] juillet, ayant envoyé à la place de la Bourse demander des secours pour défendre mes presses mécaniques qu’on menaçait de briser, M. Ferdinand fils est venu avec un détachement de garde nationale et que c’est à lui et à ce détachement commandé par M. Lenglier, élève de l’Ecole polytechnique, que j’ai dû la conservation de mes presses. » Signé : Pihan Delaforest (sic, il signe bien ainsi et non pas de Laforest), imprimeur, chef de bataillon à la VIe légion de la garde nationale. Le quatrième : « Je, soussigné, déclare avoir vu et avoir parlé, le mercredi 28 juillet 1830, sur la place de l’Hôtel de ville à M. Ferdinand fils et lui avoir vu tirer pendant longtemps des coups de fusil du coin de la rue du Mouton contre les Suisses et les gardes royaux qui étaient sur la place. En foi de quoi, je lui ai délivré le présent certificat, désirant qu’il obtienne la juste récompense due à son courage. » Signé : Lautemann, modèle d’académie, demeurant 54, rue du Four-Saint-Germain. Le cinquième : « Je, soussigné, certifie que M. Ferdinand fils est rentré chez lui, le mardi soir 27 juillet 1830 avec un fusil, qu’il m’a dit avoir pris chez un armurier près du passage Vero-Dodat et je puis assurer l’avoir vu ressortir le lendemain matin avec le même fusil et une vingtaine de cartouches, qu’il me montra. J’affirme en outre qu’il n’est rentré chez lui que le jeudi matin et après m’avoir raconté, en déjeunant, la part qu’il avait prise au siège de l’Hôtel de ville, il s’en retourna prendre des ordres qu’on devait lui donner à la Bourse. » Signé : Renaud, concierge du 11, rue de la Boule-Rouge. Le sixième : « Je, soussigné, déclare avoir vu, le jeudi 29 juillet 1830, M. Ferdinand fils, passer devant chez moi à la tête d’un détachement d’hommes armés. Ils allaient exécuter des ordres qu’ils venaient de recevoir de l’état-major général de la Bourse. Il était armé d’un fusil et d’une épée et avait un large ruban tricolore à son chapeau. » Signé : illisible, limonadier, 58, rue du Faubourg-Montmartre. Le septième : « Etant à la Bourse, le vendredi 30 juillet, avec plusieurs de mes camarades, M. Pihan Delaforest a envoyé demander du secours au poste de la Bourse pour empêcher la destruction de ses presses. J’y suis allé avec plusieurs de mes camarades et d’autres jeunes gens, au nombre desquels j’ai remarqué M. Ferdinand fils. » Signé : Lenglier, élève de l’Ecole polytechnique. Le huitième : « Je déclare qu’il est à ma connaissance que M. Ferdinand est un des combattants de Juillet. Toutes les personnes qui m’ont parlé de lui relativement à la conduite qu’il a tenue pendant les trois jours m’en ont fait les plus grands éloges. » Signé : Grisier, « maître d’armes de S.A.R. le prince de Joinville et un de ceux qui a protesté à votre bureau contre la médaille qui lui a été donnée. » Le neuvième : « Je, soussigné, certifie avoir rencontré M. Ferdinand fils, le 28 juillet 1830, armé et venant de combattre du côté de l’Hôtel de ville et l’avoir encore vu sortir de notre quartier le 29 au matin, également armé et animé du désir d’achever l’ouvrage commencé, en continuant à se dévouer pour la cause de la patrie. » Signé, le 28 juillet 1831 : Girard, Adolphe, décoré de Juillet, demeurant 10, rue de Buffault dans le faubourg Montmartre. Le dixième : « Je certifie que M. Ferdinand fils, s’est présenté chez moi aujourd’hui et m’a rapporté un fusil de munition que je lui ai distribué le mardi 27 juillet 1830, et je lui ai délivré le présent pour lui servir ce que de raison. » Signé, le 27 juillet 1831 : Prevoteau, arquebusier, demeurant 1, rue du Bouloy. Le onzième : « Etant au service de M. Ferdinand au mois de juillet 1830, je peux certifier que monsieur son fils est un de ceux qui se sont battus avec le plus d’acharnement le mercredi 28 à l’Hôtel de ville et je déclare en outre l’avoir vu le jeudi 29 sur la place de la Bourse, aidant ses compatriotes à tirer la pièce de canon qu’ils venaient de prendre au coin de la rue de Rohan. » Signé : Alvesse, G. ou Y. illisible, demeurant 82, rue Neuve-des-Petits-Champs. La douzième : « Combattant de Juillet, je certifie qu’étant le jeudi 29 juillet 1830 au coin du Théâtre-Français, j’ai vu et j’ai parlé à M. Ferdinand fils, lorsqu’il tirait des coups de fusil contre les Suisses qui étaient au coin de la rue de Rohan et je déclare en outre qu’il fut du nombre de ceux qui prirent la pièce de canon et qui la ramenèrent jusqu’à la Bourse. » Signé : Laurent, marchand de chevaux, demeurant 47, rue Godot-de-Moroy. Le dossier d’examen de ses droits fut a priori instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il était chasseur à la 3e compagnie du 2e bataillon de la IIe légion de la garde nationale. Il demeurait 11, rue de la Boule-Rouge dans le faubourg Montmartre en 1830. Archives nationales F/1dIII/88.