Fernandez, Pierre

Biographie


Né vers 1799 à Madrid (Espagne). Garçon de salle chez M. Mazurier. Le 26 juillet, alors qu’il participait aux rassemblements, il fut arrêté par la gendarmerie du poste de la place du Palais-Royal, comme « perturbateur du repos public », et consigné à ce poste pour être mis à la disposition du commissaire de police du quartier. Il déposa un dossier devant la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et des secours. Il relata ainsi, auprès de cette Commission, la conduite qu’il avait tenue dans les journées de Juillet : « […] J’étais le 26, armé de deux pistolets, sur la place du Palais-Royal, excitant le peuple à la résistance, au péril de perdre la vie, lorsque je fus arrêté et conduit à la préfecture de police, d’où je ne sortis que le 29 au matin. Le procès-verbal dressé contre moi et déposé à la préfecture constate ce fait qui, seul, m’eût fait traîner à l’échafaud si les sicaires du roi parjure eussent été les vainqueurs. Rendu à peine à la liberté, je m’armai et allai combattre rue de Richelieu, où j’arrachai à une mort certaine le nommé Bordelet, caporal au 6e de l’ex-garde royale. Ce militaire, né à Clermont-Ferrand, attestera la véracité de ce récit. Enfin, je me suis porté à Rambouillet et n’ai quitté les armes qu’au triomphe complet de la cause du peuple. » Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier : « Je, soussigné, directeur de la maison d’arrêt près la préfecture de police, certifie que le sieur Fernandez, Pierre, a été amené en cette maison le 27 juillet 1830, comme faisant partie des rassemblements politiques et qu’il a été mis en liberté le 29 par M. Gallet, commissaire interrogateur, ainsi que tous ceux arrêtés dans le même cas. » Signé, le 6 juillet 1831 : Ridon illisible. Le deuxième : « Je, soussigné, Carrat, Joseph, tailleur, demeurant à Paris, rue Montpansier, n° 2, quartier du Palais-Royal, atteste et certifie que, me trouvant le 29 juillet, sur la place du Palais-Royal, j’ai vu le nommé Fernandez, Pierre, demeurant à Paris, rue de Valois Palais-Royal n° 8 (sic), armé d’une carabine et faisant partie du peuple qui se battait alors dans la rue Saint-Honoré et poursuivait le 6e régiment de la garde royale, qui, dans sa fuite, se ralliait sous les Tuileries. J’atteste en outre lui avoir vu sauver la vie au sieur Bardole, caporal à l’ex-6e régiment de la garde royale, au coin de la petite rue Montpansier, affirmant que sans le sieur Fernandez ce militaire aurait été infailliblement massacré. » Signé, le 7 juillet 1831 : Carrat, Joseph. Le troisième : « Je, soussigné, certifie que Fernandez, Pierre a été arrêté, les armes à la main, le 26 juillet au soir, place du Palais-Royal, comme faisant partie des rassemblements politiques. » Signé, le 7 juillet 1831 : Petit, limonadier, demeurant 1, rue de Valois-Batave. Il sollicita un secours et la décoration de Juillet. Le dossier d’examen de ses droits fut a priori instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il demeurait 2, rue Montpansier en juillet 1830 ; 1, rue Montpansier en 1830-1831. Archives nationales F 7 4174 gendarmerie royale de Paris, rapport du 26 au 27 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/88.

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