Féron, Théodore, François
Biographie
Né vers 1807 à Versailles (Seine-et-Oise). Peintre en bâtiments. Il se rendit le 28 juillet à Paris, en compagnie de Paul, Charles, Louis. Il fut blessé de trois coups de sabre reçu à la main droite pendant la prise du Louvre. Il fut ensuite absent de Paris, étant parti comme volontaire aider la révolution belge, et ne put en conséquence faire valoir ses droits devant la Commission des récompenses nationales. Il sollicita ainsi la Croix de Juillet, « pour avoir combattu au Louvre, le 29 juillet, et y avoir été blessé d’un coup de sabre à la main, par un garde royal à qui il cherchait à prendre son fusil. Il arbora le drapeau tricolore à la mairie de Versailles et se porta à Rambouillet avec la colonne de Versailles. Avant d’arriver à Paris, le 29 juillet, il s’est présenté au maire de Ville-d’Avray, à la tête de soixante ouvriers, pour lui demander des armes provenant du 50e régiment de ligne, qui venait de les déposer. Ce dernier fait est attesté par le maire de Ville-d’Avray, et les autres par plusieurs citoyens de Versailles ». Plusieurs certificats étaient joints à sa demande. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants patentés et gardes nationaux de cette ville, certifions à tous ceux à qui il appartiendra que, faisant partie de la colonne patriote de Versailles et Paris qui s’est portée sur Rambouillet pour chasser les troupes de l’ex-roi, nous avons eu la satisfaction d’y voir dans nos rangs le jeune Théodore, François Féron et qu’il s’est conduit en vrai et bon citoyen armé contre le despotisme. En foi de quoi nous délivrons le présent pour lui servir et valoir ce que de droit et de raison. » Signé à Versailles, le 8 décembre 1831 : Reviron (voir Reviron, Jean, Charles), sergent des sapeurs-pompiers ; Lefevre ; Laubry, ouvrier serrurier ; Roland, serrurier ; Gautier, demeurant 3, place Charost ; Boury, serrurier ; Fray, Victor. Le deuxième, ainsi rédigé : « Le maire de la commune de Ville-d’Avray déclare que le nommé Théodore, François Feron, natif de Versailles, y demeurant et exerçant la profession de peintre en bâtiment, s’est présenté à la mairie de cette commune, accompagné d’environ soixante ouvriers, le 28 de juillet 1830 et m’a prié de lui délivrer ainsi qu’à ses camarades des armes provenant du 50e régiment de ligne, qui venait de les déposer en mes mains. Le susdit Féron me déclarant que son intention était de se rendre à Rambouillet. En foi de quoi, je lui ai délivré le présent certificat. Mairie de Ville-d’Avray le 6 décembre 1831, Lucot, maire. Le troisième, ainsi rédigé : « Nous soussignés, médecin et chirurgien de l’Hospice royal de Versailles, certifions que le nommé Féron, Théodore, François est atteint 1° d’une cicatrice à la face dorsale de la main droite, située entre le premier os métatarsien et le second, et de la même rangé. 2° d’une autre cicatrice, plus large et plus profonde que la première, située sur le trajet du tendon extenseur de l’indicateur de la même main et qui a compris toute l’épaisseur de ce tendon dans la division des parties, de telle sorte que de cette blessure, produite par une arme blanche et (selon le rapport du blessé) reçue à l’affaire du Louvre le 29 juillet 1830, il résulte une extension incomplète de ce doigt et un affaiblissement notable dans la force d’appréhension de toute la main. » Le 8 octobre 1831 Bataille. Le quatrième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Victor Fraix, peintre en bâtiment, domicilié rue Duplessis à Versailles, certifie à tous à ceux à qui il appartiendra que, travaillant de mon état à Paris, à l’époque des événements de juillet 1830, j’ai vu, dans la journée du 29 dudit mois et même année, le sieur Théodore, François Féron, également peintre en bâtiment, domicilié rue des Fripiers n° 8, combattre au Louvre d’une manière à se faire remarque et même qu’il y a été blessé d’un coup de sabre sur la main droite par un soldat de l’ex-garde royale, dont il cherchait à saisir le fusil. Fait à Versailles, le 10 octobre 1831. Le cinquième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Paul, serrurier, domicilié à Versailles, rue de Madame, certifie à tous à ceux à qui il appartiendra que, le 28 juillet 1830, je me suis rendu à Paris, accompagné du sieur Théodore, François Féron, ouvrier peintre en bâtiment, demeurant audit Versailles, rue des Fripiers n° 8, dans l’intention de nous réunir aux patriotes parisiens, que l’ayant perdu de vue au milieu des combattants, je l’ai retrouvé deux jours après à Versailles, porteur d’une blessure à la main droite, qu’il m’a dit avoir reçue à l’affaire du Louvre. » Signé, le 10 octobre 1831 : Paul. Le sixième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants patentés de cette ville, premièrement moi Schmidt, maître tailleur place Dauphine, aussi moi Genevet maître cordonnier, rue des Fripiers n° 8, certifions à tous ceux à qui il appartiendra que, nous trouvant tous deux au Point du Jour, nous avons vu sur le soir dans la journée du 28 juillet 1830, sur cette route le sieur Théodore, François Féron, ouvrier peintre en bâtiment, domicilié rue des Fripiers n° 8, cheminant accompagné d’un autre et que, leur ayant demandé où ils allaient, ils nous ont répondu lui le premier qu’ils allaient à Paris pour se battre conjointement avec les patriotes de la capitale, pour soutenir la cause de la liberté. » Signé, le 10 octobre 1831 : Genevée ; Schmit. Le septième, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Théodore, François Féron fait partie de ma compagnie depuis sa formation et a toujours fait son service comme caporal avec exactitude, n’ayant qu’à me louer de sa conduite. En foi de quoi, je lui ai délivré le présent pour lui servir en toute circonstance. » Signé, le 6 décembre 1831, Rémond, capitaine ; Michel, colonel de la légion. En juin 1831, lors du passage en revue par le roi de la garde nationale de Versailles, il remit un placet, auquel il avait joint un certificat du chirurgien en chef de l’hôpital de Versailles, qui l’avait soigné, sollicitant « soit la croix, soit la médaille de Juillet, soit enfin un emploi dans les domaines de la Couronne ». Le 4 septembre 1831, il renouvela sa demande par une lettre adressée au roi. Il joignait à sa demande le certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, médecin en chef adjoint de l’hospice, membre de la Société médico-philanthropique, atteste que le sieur Féron, Théodore, François, habitant de Versailles, porte à la face dorsale de la main droite trois cicatrices d’armes tranchantes dont la plus étendue traverse la direction et comprend toute l’épaisseur du tendon extendeur du doigt indicateur, de telle sorte que, par la division complète de ce tendon, le doigt reste dans une demi-flexion permanente et que, par l’adhérence de la portion inférieure de ce tendon à la cicatrice, la flexion complète est impossible ainsi que l’extension. Cette infirmité gêne évidemment les fonctions de la main dans les travaux propres au susnommé, qui m’a déclaré avoir reçu cette blessure à l’attaque du Louvre en juillet 1830. » Signé, le 3 septembre 1830, à Versailles : ...atta... Le colonel commandant la légion de la garde nationale Versailles apostillait ce certificat, certifiant qu’il y faisait « son service d’une manière honorable ». Le 8 octobre 1831, le médecin de l’hospice royal de Versailles lui délivra un certificat attestant « que le nommé Féron, Théodore, François est atteint premièrement d’une cicatrice à la face dorsale de la main droite, située entre le premier os métatarsien et le second os de la même rangée ; deuxièmement d’une autre cicatrice plus large et plus profonde que la première, située sur le trajet du tendon extenseur de l’indicateur de la même main et qui a compris toute l’épaisseur de ce tendon dans la division des parties, de telle sorte que, de cette blessure produite par arme blanche et selon le rapport du blessé reçue à l’affaire du Louvre le 29 juillet 1830 il résulte une extension incomplète de ce doigt et un affaiblissement notable dans la force d’appréhension de toute la main. » Il lui fut répondu par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’en conséquence, il ne pouvait pas être donné suite à sa demande. Il déposa, le 15 octobre 1831, un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il joignait quatre certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie, moi Charles, Paul, Louis (voir Paul, Charles), fils de maître serrurier à Versailles (sic), avoir sorti de Versailles le 28 juillet 1830 avec le nommé Théodore, François Féron, pour nous rendre à Paris. Nous nous sommes trouvés à l’attaque du Louvre mais je l’ai revu à Versailles le 30 blessé à la main droite. Il m’a dit que c’était d’une arme blanche. » Signé, le 14 octobre 1831 : Paul. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie, moi Victor Fray (voir ce nom), travaillant chez le sieur Despeux, rue d’Angoulême, avoir reconnu le sieur Théodore, François Féron, se battant à la prise du Louvre le 29 juillet 1830 et même il fut blessé par une arme blanche à la main droite. » Signé à Versailles le 12 octobre 1831 : Fray, Victor. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants patentés de cette ville, certifions à tous qu’il appartiendra avoir vu le 28 juillet 1830, accompagné d’un autre le sieur Théodore, François Féron, au Point-du-Jour, route de Paris, et que nous lui avons demandé où il allait ; ledit Féron nous a répondu qu’il allait à Paris. » Signé à Versailles, le 15 octobre 1831 : Johenetz illisible, tailleur, demeurant 8, place Dauphine ; Genes..., cordonnier, demeurant 8, rue des Fripiers ; Gene... illisible. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Chéron, Théodore, François (sic) fait partie de ma compagnie, comme caporal depuis son organisation, qu’il a toujours fait son service avec exactitude, n’ayant qu’à me louer de sa bonne conduite. » Signé, le 14 octobre 1831 : Rémond, capitaine de la 2e compagnie du 1er bataillon. Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant sur la Croix de Juillet que demandait Féron (sic) : « Les faits allégués par le sieur Féron se sont en grande partie passés à Paris, et les autres ne sont pas de nature à mériter une récompense nationale. » Il était caporal à la 1re compagnie du 1er bataillon de la garde nationale. Il demeurait 8, rue des Fripiers à Versailles en 1831. Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise (aussi sous l’identité de Féron, Théodore, François).