Feytaud, Urbain, Raymond

Biographie


Né le 3 juillet 1807 à Périgueux (Dordogne). Imprimeur-compositeur. Les journaux de l’époque relatèrent ainsi sa participation aux combats : « Dans la journée du 28, lorsque vers trois heures, les Suisses ont parcouru la rue Montorgueil, en faisant un feu continuel, quelques habitants, qui s’étaient à la hâte munis de pierres, en ont tué ou blessé un grand nombre. Le jeune Feytaud, compositeur d’imprimerie, et un autre ouvrier, placés au troisième du n° 76, n’ont cessé d’accabler l’ennemi sous une grêle de pierres, et, après avoir attiré sur la croisée où ils étaient la décharge de toute une compagnie, ils sont parvenus à tuer l’officier qui la commandait. » Il donna, quant à lui, le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet, auprès de la Commission des récompenses nationales : « […] Dans la journée du 28 juillet, un détachement de Suisses remontait la rue Montorgueil, en faisant un feu continuel. Prévoyant leur arrivée, je m’étais préparé à les recevoir en garnissant de pavés la chambre d’une dame chez laquelle je me trouvais. Malheureusement, malgré mes exhortations, mon exemple avait été peu suivi et j’étais presque le seul dans toute la rue qui se fût préparé à la résistance. Un homme que je ne connais point et qui se précipita dans la maison à l’arrivée des Suisses vint m’aider à utiliser la provision que j’avais faite. A peine les ennemis furent-ils arrivés sous la croisée que nous les assaillîmes à coups de pierres. Cette attaque attira sur nous les balles de toute la compagnie et peut-être les Suisses, qu’aucune résistance n’occupait, auraient-il cherché à tirer de nous une vengeance plus assurée, en entrant dans la maison dont la porte était à peine fermée, si la mort de leur capitaine, qui tomba écrasé par un de nos pavés, ne les eût déterminés à se retirer précipitamment par la rue Mandar. […] Dans les deux autres mémorables journées, je ne suis point resté inactif. Le 27, après avoir excité le peuple par la lecture du National, j’ai, avec quelques amis, formé, rue de Rohan et Saint-Honoré, la première barricade qui je crois ait été faite dans Paris et dont la construction a attiré sur nous plusieurs décharges consécutives. Le 29, après la prise du Palais-Royal, je me suis joint à ceux qui ont empêché le pillage. » Il joignait à sa lettre « l’opinion sur mon compte du général Pinoteau, commandant la subdivision de La Rochelle » mais qui est absente du dossier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il signa, le 31 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Delaroche, Dumas, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie que le sieur Delaroche, Dumas, François a contribué avec moi, rues de Rohan et Saint-Honoré, à la formation des deux premières barricades qui aient été faites, que ces barricades ont été construites à la vue de la garde royale et pour ainsi dire sous le sabre des gendarmes. Je certifie en outre que le lendemain 28 j’ai rencontré le sieur Dumas qui paraissait très disposé à combattre. » Sa médaille lui fut délivrée le 29 juin 1831, et son brevet le 30 juillet 1832. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 76, rue Montorgueil en 1830-1831 ; par erreur 27, rue Montorgueil en 1831 mais sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 3. La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 3 août 1830 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 294 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 105 ; Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 83 ; Révolution mémorable des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Cousin d’Avalon, Paris, Stahl, imprimeur-libraire, quai des Augustins, n° 9, p. 18 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Delaroche, Dumas, François.

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