Filippi, Thomas

Biographie


Né le 30 octobre 1796 à Calvi (Corse). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il est inscrit sur les listes de sa mairie comme n’ayant reçu aucun secours de la part de cette même mairie. En 1831, il était sous-lieutenant au 50e de ligne. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 14 avril 1844 ; il était alors capitaine au 50e de ligne. Sous-lieutenant, il prit le parti des insurgés, selon une note établi par la Commission des récompenses nationales qui suivit la révolution de Février et qui contient le passage suivant : « […] Sous-lieutenant en 1830, lorsqu’éclata la révolution. Attaché aux principes républicains, son parti ne fut pas douteux entre le peuple et le roi. Il commande, le 28 juillet, un poste de cent cinquante hommes à l’Abbaye ; le premier, il exhorte ses hommes à porter leurs armes aux insurgés. De retour à la caserne de l’Ave Maria, il livre encore cinq cents fusils aux hommes du peuple. Ces services furent constatés par la Commission des récompenses instituées en 1830 […]. » Il était capitaine d’infanterie légère, retraité en 1848. Le 4 mars 1848, il adressait la lettre suivante à la nouvelle Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février : « Nourri dans l’enfance par mon père dans la haine du despotisme, j’ai haï tous les maîtres qui ont pesé sur la France ; le dernier, je le méprisais. Militaire, j’ai profité de quelques blessures que j’ai reçues en Afrique pour m’affranchir du joug que je ne pouvais plus supporter et, à l’âge de quarante ans, je me suis fait mettre à la retraite. Depuis quatre ans, j’attendais le moment de la vengeance et sitôt qu’il a sonné, sans songer que je suis père de quatre enfants, sans songer aux suites qui pouvaient être terribles pour moi en cas de non-réussite, j’ai endossé mon uniforme de capitaine du 17e léger et j’ai marché au combat, à la tête des citoyens. J’ai conduit au feu des colonnes populaires dans la rue Saint-Martin, à l’attaque des Petits-Pères, des Tuileries. Mon pompon a servi de point de ralliement et de guide au milieu du feu le plus vif aux valeureux citoyens. J’ai marché après sur Vincennes à la tête peut-être de dix mille combattants. Je 25, avant le jour j’étais à l’Hôtel de ville ; le premier papier qui vous est parvenu était un billet au crayon par lequel j’informais le gouvernement provisoire que je me mettais à sa disposition et que je ne quitterai pas l’Hôtel de ville. J’y suis donc depuis le 25. Ici, je n’ai eu qu’une occupation, c’est le maintien de l’ordre. Le même jour au matin, les flots du peuple qui étaient au-dehors avaient forcé l’entrée et arrivaient en masse compacte par l’escalier. La foule qui était dedans tentait en vain de les refouler. Une collusion s’ensuivit et allait devenir funeste. Jugeant qu’une partie des masses du dehors qui m’avaient vu à leur tête devaient avoir quelque respect pour moi, je me portai avec effort au-devant d’elles. Je les haranguai et tout rentra dans l’ordre. Ce que j’écris est public et peut être vérifié par tous les habitants et tous les combattants de la rue Saint-Martin, par tous les habitants et tous les combattants de la rue et du faubourg Saint-Antoine et par tous les combattants qui étaient avec moi à l’attaque des Petits-Pères et des Tuileries, qui m’obéissaient. J’ai échangé ma carte avec quelques-uns de ces citoyens qui sont venus me complimenter. Voici leurs noms : Henry, rédacteur du Journal des écoles, l’avant-garde était avec moi à l’attaque des Tuileries et à l’Hôtel de ville ; Caiat, graveur sur bois, rue de Cléry, était avec moi rue Saint-Antoine et à Vincennes ; Alphonse Lecomte, propriétaire, rue Sainte-Opportune n° 22, était avec moi rue Saint-Antoine ; Emile Gahier, architecte rue de la Victoire, 34, était avec moi à l’attaque des Tuileries ; Waquer, garde national, quai Bourbon, 15, était avec moi à l’attaque des Tuileries ; Ernest Simon, filateur de coton, Saint-Honoré illisible, était avec moi à la Bastille ; Grand, Louis, homme de lettres, était avec moi à l’attaque des Tuileries ; Vauchelle, marchand de vin, cours de Vincennes, 39, était avec moi rue Saint-Antoine et à Vincennes ; Voquet, rue Montmartre, 277, était avec moi à l’attaque des Tuileries ; Harant, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 321, était avec moi faubourg Saint-Antoine et à Vincennes ; Groullon, rue Saint-Jacques, 244, coutelier, était avec moi à l’attaque des Tuileries ; Hubert, capitaine de la Ve légion, était près de moi quand j’haranguais le peuple à l’Hôtel de ville ; Brice sergent dans la garde nationale, compagnie Jouan IIIe légion, m’a vu combattre à la tête du peuple dans la rue Saint-Martin et aux Petits-Pères et a été effrayé des dangers que j’ai courus ; Boquin, garde national rue des Prouvaires, n° 6, serrurier, attaque des Petits-Pères ; Nolet, rue des Acacias à Montmartre, n° 24, il a combattu sous mes ordres aux Tuileries, rue Saint-Martin, et était à mes côtés quand je haranguai le peuple à l’Hôtel de ville, ce valeureux citoyen ne m’a pas quitté un moment ni jour ni nuit ; Mer, rue de Charenton, 22, sergent-major à la VIIIe légion, combattant à mes côtés rue Saint-Martin ; Baye, aîné, 41, rue Saint-Denis, combattant près de moi aux Tuileries ; Grosset, rue Jean-de-Lépine, 13, relieur, était avec moi à l’attaque des Tuileries et au combat de la rue Saint-Martin ; Bartholomé, bijoutier, rue Saint-Jacques, n° 28, était avec moi à l’attaque des Tuileries et au combat de la rue Saint-Martin ; Tircot, rue Grégoire-de-Tours, 11, était avec moi à l’attaque des Tuileries et au combat de la rue Saint-Martin ; Etienne Avard, passage de l’Opéra, 22, était avec moi au combat de la rue Saint-Martin et à Vincennes. Si je voulais citer tous les hommes du peuple qui ont marché pour combattre avec moi ou qui m’ont vu combattre, il faudrait citer une grande partie de la population, qui, presque toute, m’a remarqué dans les mémorables journées des 22, 23 et 24 février. Depuis le 25 février au matin que je suis installé à l’Hôtel de ville, je n’ai reçu aucune mission, aucun emploi. Je demande, si l’on croit que ma conduite ai mérité une récompense de la Nation, à être nommé colonel d’un régiment, la république peut compter sur moi. » On trouve, dans son dossier, la note suivante récapitulative de ses services : « Le citoyen Filippi était sous-lieutenant en 1830, lorsqu’éclata la révolution. Attaché aux principes républicains, son parti ne fut pas douteux entre le peuple et le roi. Il commande, le 28 juillet, un poste de cent cinquante hommes à l’Abbaye ; le premier, il exhorte ses hommes à porter leurs armes aux insurgés. De retour à la caserne de l’Ave Maria, il livre encore cinq cents fusils aux hommes du peuple. Ces services furent constatés par la Commission des récompenses instituées en 1830. Les principes du citoyen Filippi le maintinrent en lutte continuelle avec le gouvernement né en 1830 et tandis que ses notes comme officier étaient excellentes, il n’arrivait que difficilement à ses grades. Il obtint cependant celui de capitaine et l’honorable et difficile mission de commander des compagnies de discipline, qui ne se confie qu’aux officiers les plus capables. Il mit le comble aux mauvaises dispositions des hommes du gouvernement à son égard en appelant devant les tribunaux civils, comme diffamateurs, ses chefs militaires. Il était dégoûté du service ; on le reconnut malade, il prit sa retraite en 1844. Les événements de Février éclatent, le capitaine Filippi, assurément guéri, car non seulement les médecins le constatent mais ses actions n’en laissent aucun doute, endosse l’uniforme du 17e d’infanterie de ligne, celui du régiment qu’il avait quitté, se met à la tête du peuple, combat avec lui rue Saint-Avoye, Rambuteau, Beaubourg, Transnonnain, Cimetière-Saint-Nicolas, Saint-Merri, Saint-Denis, aux Tuileries, Palais-Royal puis à l’Hôtel de ville, y jette quatre cents hommes dont deux cents y sont encore, fait proclamer le gouvernement provisoire par les masses et lorsque ces mêmes masses poussées par la malveillance, criaient A bas le gouvernement provisoire ! se porte au-devant d’elles et, usant de son influence sur elles, fait taire ces cris hostiles. Il marche ensuite à la tête de peut-être vingt-cinq mille hommes sur Vincennes. Du 24 février jusqu’à ce jour il n’a pas quitté l’Hôtel de ville pour veiller sur l’ouvrage du peuple, qu’il entretient constamment dans les principes républicains. La conduite exceptionnelle du capitaine Filippi mérite une récompense exceptionnelle. Son armée l’avait proclamé général des barricades : il sollicite le grade de colonel. Les hommes témoins de ce qu’il a fait, et ils sont nombreux, s’étonnent que rien n’ait été fait pour lui, si ce n’est cette nomination de gouverneur du château d’Amboise, qui est le produit d’une erreur [le château d’Amboise ne comprenait comme personnel qu’un concierge, N.D.A.]. Il refuse les places les plus avantageuses, qui lui commanderaient de quitter son épée au moment où il peut être utile de la tirer contre les ennemis de la république. Nous concluons à ce que le gouvernement provisoire rende un décret qui nomme le citoyen Filippi au grade de colonel, comme récompense nationale. » Il fut proposé par la Commission des récompenses nationales pour l’emploi d’inspecteur général des haras. Il sollicitait l’admission de son fils, Pascal, Thomas, Aristide, Scipion, né le 17 octobre 1835 à Alger, dans un lycée. Il signa un certificat en faveur de Fourgon, Etienne, pour attester que ce dernier ne l’avait pas quitté tout le temps qu’il avait commandé « une colonne populaire aux combats de la rue Sainte-Avoye, Beaubourg, Saint-Martin, aux Tuileries » et qu’il était venu avec lui à Vincennes. Il était décoré de la Légion d’honneur, marié et père de quatre enfants en 1848. Il demeurait 18, rue de l’Arbre-Sec en 1848. Il mourut le 20 mars 1887. Il demeurait rue des Barres à la caserne en 1830 ; à Cherbourg en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Philippi) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le seul nom de Philippi) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/88 ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Fourgon, Etienne ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/973/32.

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