Filleul de Fosse, Charles

Biographie


Chef d’escadron de gendarmerie depuis 1814, totalisant vingt-six ans de service et sept campagnes, à la résidence de Rennes en juillet 1830. Il continua son service à l’annonce des ordonnances et des premières oppositions des constitutionnels de la ville de Rennes. Il fut suspendu par le général Bigarré à l’arrivée de ce dernier dans cette ville. Il fit parvenir la demande suivante au ministère de la Guerre, afin de continuer son service : « Je suis chef d’escadron de gendarmerie depuis seize ans, je compte vingt-six ans de service et sept campagnes. Si je crois avoir rempli mes fonctions avec loyauté, j’ai maintenu la tranquillité dans ma compagnie dans les moments où les citoyens ne connaissaient que leur courage pour s’armer pour la défense de leur pays. Mon colonel étant absent, j’ai pris sur moi de consigner les quatre brigades de la résidence et les forces supplétives que le préfet avait requises. M. le lieutenant-général baron de Bigarré m’a suspendu de mes fonctions, le 4 août (déjà j’avais fait reconnaître l’autorité de S.A.R. le duc d’Orléans et arboré les couleurs nationales). Sans doute le général Bigarré a rendu compte de ses motifs à Votre Excellence, je ne les connais point. Je la prie de recevoir la nouvelle expression de ma soumission au nouveau gouvernement, avec l’intention bien prononcée de servir avec fidélité Sa Majesté Louis-Philippe Ier. Si vous daignez, Monseigneur, faire agréer mes services, je désire les continuer dans la gendarmerie, soit ici soit ailleurs. Ma parole est sacrée, on peut y compter. » On trouve dans son dossier, une lettre de recommandation, adressée à un général et ainsi rédigée par A. de Souze ou A. de Soure : « Mon cher général, je vous réponds moi des sentiments de fidélité et de loyauté de Charles Filleul de Fosse, mon neveu. C’est un homme d’honneur dans toute la force de ce mot et dès qu’il a prononcé son serment, le roi et le ministre de la Guerre peuvent y compter. J’ajouterais même que son exemple pourra servir à calmer bien des têtes. Dans ce département, il a fait arborer la cocarde tricolore à son escadron, quatre heures avant d’en avoir reçu l’ordre, il a maintenu la tranquillité à Rennes dans ce régiment de gendarmerie, quoique le colonel l’eût quitté dès les premières nouvelles des événements de Paris. Il désirerait être nommé chef d’escadron dans la résidence de Caen et sa conduite a toujours été si loyale qu’il me […] qu’il est sûr que la députation de ce département serait très satisfaite de sa nomination, étant déjà et depuis longtemps chef d’escadron. Etant mon neveu, il est proche parent de mon fils, qui serait comme moi bien reconnaissant si vous lui obteniez cette grâce, et M. Filleul est un homme sur la parole duquel on peut compter. […]. » Dans sa réunion du 9 décembre 1831, la commission décida, après délibération, qu’à Rennes « les constitutionnels, en très grand nombre tinrent une conduite également noble et honorable, qu’ils organisèrent une subite résistance, qu’ils étaient prêts à combattre pour la soutenir mais que les circonstances n’ont pas exigé ce combat de leur résolution, que signaler honorablement quelques citoyens en particulier ne paraît pas chose convenable lorsqu’en si grand nombre ils ont rivalisé de dévouement et de courage » et qu’il n’y avait pas lieu de décerner de récompense nationale dans le département d’Ille-et-Vilaine. Archives nationales F/1dIII/79, dossier Ille-et-Vilaine.

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