Finot, Adrien, Messidor
Biographie
Né en 1794 à Paris. Ancien maréchal des logis des lanciers de la garde impériale. Il écrivit d’abord au roi, au sous-préfet et à la Commission des récompenses nationales, en 1831, afin d’obtenir la décoration de Juillet, « étant un des hommes qui a le plus contribué à la journée du 29 juillet ». N’habitant pas Paris, il n’avait su qu’il y avait une Commission des récompenses nationales que quand celle-ci n’existait plus. Il avait fait parvenir au sous-préfet de Pontoise des pièces justificatives sur sa conduite en juillet 1830. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, Louis, Dominique Lecomte, maire de la commune de Viarmes, certifiant que, nous trouvant à Paris, le 28 juillet 1830, époque de la révolution, pour nos affaires particulières, depuis 6 heures du matin jusqu’à 5 heures du soir, ayant parcouru différents quartiers de Paris tels que les rues Saint-Denis, de Bourbon Villeneuve, de rue Neuve-Saint Eustache, place des Victoires, rue Saint-Honoré, place du Palais-Royal, rue des Frondeurs-Saint-Honoré, et les boulevards depuis la Madeleine jusqu’à la porte Saint-Denis et le faubourg Saint-Denis, que nous avons quitté à 5 heures et demie du soir, ayant été toute la journée exposé à la fusillade et au canon, sans pouvoir nous défendre, faute de ne pas avoir pu nous procurer un fusil ni autre arme, malgré la bonne intention que nous avions de nous battre pour la cause de la liberté. Nous nous sommes acheminés pour nous rendre dans notre commune, où, étant arrivé vers les 9 heures du soir, nous avons fait part de tous les événements qui étaient à notre connaissance aux habitants de Viarmes. Sur notre rapport, le sieur Finot, Adrien, Messidor, né à Paris en 1794, ancien maréchal des logis des lanciers de l’ex garde impériale et actuellement sergent major de la garde nationale du bataillon de Viarmes, 1re compagnie, se trouvant électrisé de courage et d’enthousiasme pour la cause de la liberté, quitte sa maison, sa femme et ses enfants, part et vole au secours de ses frères d’armes de Paris et nous dit en partant qu’il avait bien su se battre sous Napoléon et qu’il voulait encore défendre et soutenir la cause de sa patrie. Ce qui nous a donné preuve de son courage et de son dévouement c’est qu’il n’est rentré dans la commune de Viarmes que dans la nuit du 30 au 31 juillet, muni d’un drapeau tricolore, en criant Vive la charte ! Vive la liberté ! Il était couvert de poussière et noir de poudre, fatigué, harassé, ayant perdu presque tous les ongles de ses pieds par la fatigue des jours précédents. Le matin du 31 juillet, il nous a fait le rapport des événements de la journée du 29 et nous a certifié avoir assisté à l’attaque et prise du Louvre et des Tuileries par les patriotes défendus par les Suisses ; ensuite il s’est trouvé au Palais-Royal, où il s’est battu corps à corps avec un soldat du 3e régiment de l’ex-garde royale, qu’il a fait son prisonnier et sauvé de la fureur de la populace qui le voulait massacrer. Ledit sieur Finot s’en revenant de Paris après les événements, a été arrêté à La Chapelle et conduit au corps-de-garde, où il a été sommé de donner ses noms et prénoms et son domicile et son signalement ; et aussitôt a été mis en liberté. Chemin faisant, il fut arrêté de nouveau à Saint-Denis, où l’on voulait le faire conduire à la caserne du 3e régiment, où il courut de grands dangers. De tout ce que dessus il nous a déclaré être sincère et véritable. En foi de quoi nous lui avons délivré acte et avons signé. » Signé : Lecomte, maire. Le certificat suivant était joint à son dossier : « Depuis que ce sergent-major fait partie du bataillon de Viarmes, il s’est fait remarquer par son zèle et son dévouement et n’ai qu’à me louer du service et de son activité pour la garde nationale. » Signé : Magnin, chef de bataillon, commandant la garde nationale ; Harte, capitaine commandant la garde nationale de Viarmes, qui ajoutait : « Je certifie que les faits énoncés ci-contre sont entièrement à ma connaissance. » Mazilles, sous-lieutenant ; Copenard illisible, lieutenant ; Maucomble, de Paris ; Jouy, membre de l’Institut qui ajoutait : « J’atteste dans tout son contenu la vérité des faits contenus dans cette pétition et je me joins aux fonctionnaires publics qui l’ont signée, pour exprimer le même vœu en faveur du sergent Finot. » Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant sur la Croix de Juillet que demandait Finot : « Les faits allégués par le sieur Finot se sont passés à Paris et ne peuvent être appréciés par la Commission. » Il était sergent-major à la 1re compagnie du bataillon de la garde nationale de Viarmes. Il avait demeuré vingt ans à Troyes (Aube) et demeurait à Viarmes (Aube) depuis 1822. Archives nationales F/1dIII/55. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise.