Fix. La première lettre est illisible
Biographie
Le 23 août 1830, il adressait la lettre suivante au général Lafayette : « Il y a quelque temps que j’ai eu l’honneur de vous écrire pour vous prier de m’obtenir une nomination d’officier d’état-major. Je ne sais, Monsieur, si vos nombreuses et importantes occupations ne vous ont pas permis de songer à moi ou si vous avez trouvé ma demande intempestive et déplacée… Dans tous les cas, je prends la liberté de vous la rappeler de nouveau, en la motivant. Je joins à ma lettre une pétition pour M. le ministre de la Guerre, que je vous prie de bien vouloir appuyer de votre crédit et de la lui faire parvenir. Vous savez, Monsieur, qu’elle était ma manière de voir et de penser avant la révolution de Juillet ; elle est toujours la même et ne variera jamais. Le 28 juillet, j’ai assisté à la prise de l’Hôtel de ville. A 2 heures, je faisais partie d’un corps qui, a pris les postes de l’Odéon et de la place Saint-Michel. A 3 heures, je me suis fait inscrire un des premiers comme garde national à la mairie de mon arrondissement et, quelques instants après, j’ai contribué à prendre le poste de l’Abbaye. Depuis 4 heures jusqu’à 8 heures et demie, j’ai fait un feu continuel sur les troupes royales sur la place de Grève, étant successivement placé sur les ponts d’Arcole, de Saint-Michel et du Change et j’ai contribué à repousser les Suisses et les cuirassiers sur la place du Châtelet. J’ai eu, ce jour-là, cinq ou six personnes tuées à mes côtés et entre autres un homme qu’une balle a frappé à l’œil gauche et dont la tête n’était qu’à quelques pouces de la mienne. Le lendemain 29 juillet, dès 5 heures et demie, je suis sorti, les armes à la main ; j’ai installé dix ou douze hommes à l’Institut, qui étaient trop exposés dans la rue pour tirer sur le Louvre. De là, j’ai traversé, sous le feu des Suisses, la place Saint-Germain-l’Auxerrois, pour m’acquitter d’une commission pour M. Odilon-Barrot, que je n’ai pu trouvé chez lui. Quelques instants après, j’ai assisté à la prise de la caserne de gendarmerie de la rue de Tournon et, enfin, j’ai fait partie du corps qui a pris la caserne de la rue de Babylone. En faisant tout cela et en me montrant partout où il y avait du danger, je n’ai fait que mon devoir de citoyen et j’ai mis toute considération personnelle de côté. Je ne songeai guère alors que j’étais père de famille. Aujourd’hui, Monsieur, je demande le grade de lieutenant d’état-major. Je crois être en droit de demander et d’obtenir une pareille place, parce que mes antécédents sont honorables, que j’ai contribué au succès des journées de Juillet et qu’enfin j’ai les connaissances nécessaires pour remplir cet emploi. Je m’adresse à vous, Monsieur, parce que vous avez eu la bonté de me témoigner de la bienveillance et de l’intérêt et parce que vous pouvez me faire accorder ma demande, qui est juste, modérée et raisonnable. Je sais que je demande une chose faisable et possible, qui a été accordée à des jeunes gens qui, je crois, n’ont pas vu le feu d’aussi près que moi. Toutes mes démarches finissent avec cette lettre. Lorsqu’on a combattu pour la liberté, le rôle de solliciteur sied mal et il ne convient qu’à ceux qui, aux jours du danger, étaient à l’abri de coups. » Il demeurait 29, rue Sainte-Marguerite dans le faubourg Saint Germain en 1830. Archives nationales MI 217 23. Il y a un Fix dans Politiques de l’ombre, Sébastien Laurent, Fayard, 2009 ; Il y a un Fix cité au procès Bazaine ; il y a un Fix, officier d’état-major demeurant place Bellecour à Lyon en 1880.