Fleury, Balthazard, François
Biographie
Né le 17 octobre 1769 à Ajaccio, (Corse). Entré au service comme élève en pharmacie le 22 avril 1785, passé dans la garde du roi le 29 mars 1792, passé lieutenant dans la garde nationale active le 17 septembre 1792, passé commissaires des guerres le 6 juin 1795, réformé le 18 avril 1798, inspecteur des équipages militaires le 27 mai 1804, adjudant major lieutenant au 11e bataillon du train des équipages le 17 mai 1808, lieutenant au dépôt d’Angers le 9 février 1811, passé au 65e régiment le 24 novembre 1811, capitaine le 2 juillet 1813, capitaine d’état-major le 6 mai 1815, licencié avec l’Armée de la Loire, il avait participé de 1793 à 1796 à l’armée d’Italie, aux campagnes du Portugal, de Hollande, d’Allemagne et d’Espagne et reçu quatre blessures (un coup de feu à la jambe droite le 10 août 1792 en défendant les Tuileries ; un coup de feu à la jambe droite à Hernani en Espagne le 19 novembre 1812 en escortant un convoi de poudre ; un coup de feu à la cuisse gauche à Vittoria le 18 juin 1813 ; un coup de feu à la jambe droite à la bataille de Waterloo où il eut un cheval tué sous lui), retraité depuis 1815, pensionné de six cents francs. Il combattit et fut blessé en juillet 1830. Un certificat de notoriété ainsi rédigé lui fut délivré : « Nous soussignons, habitants et propriétaires de Chaillot, attestons en faveur de la vérité que M. Fleury, Balthazar, capitaine d’état-major retraité a été l’un des premiers parmi nous à provoquer les barricades et que dans les mémorables journées, du 29 juillet surtout, il s’est joint aux citoyens Leguay, Pierre Madelaine et Masselin pour faire feu sur les colonnes qui se présentaient pour prendre position ; nous affirmons en outre que son expérience et ses conseils ne nous ont pas été moins utiles que son exemple […]. » Signé le 8 septembre 1830 : Beaumont, propriétaire ; Cail ; Clerjon ; Leguay ; Corneille, maître charron ; Douelle, propriétaire n° 35 ; Sivergnat, marchand mercier ; Leguay, Etienne, marchand de meubles ; Masselin ; Guiot ; Cavet, épicier ; Jouanne ; Guilloteau, marchand de bois, 44, quai de Billy ; Baron, serrurier, demeurant 14, rue de Chaillot ; Bertaux, propriétaire. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il sollicita de reprendre du service « soit dans les états-majors de l’armée soit dans une compagnie de sous-officiers ou de fusiliers sédentaires ». Il reçut la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il proposé pour un emploi. En janvier 1831, il n’avait toujours pas obtenu l’emploi qu’il désirait et se plaignait de « la pénible et douloureuse situation » dans laquelle il se trouvait, père de deux enfants en bas âge, ayant eu sa femme malade des suites d’une fausse couche produite par les événements de Juillet et dans l’impossibilité de pourvoir à sa subsistance et à celle de sa famille. En 1831, souffrant d’une hématite, il fut plusieurs fois hospitalisé à l’Hôtel-Dieu et, se plaignant de n’avoir jamais obtenu l’emploi pour lequel la Commission des récompenses nationales l’avait proposé, sollicita des secours. Il était sans travail et ne put « faire autrement que de contracter des dettes pour lesquelles il est poursuivi en ce moment même, le Bureau des nourrices lui réclamant une somme de quarante-trois francs qu’il n’a pu acquitter ; il doit aussi à son boulanger et à son épicier sans avoir aucun moyen de les satisfaire ». En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1833, marié, sa femme couturière, infirme à la suite d’un accouchement prématuré, père de deux enfants âgés d’environ sept et cinq ans, il obtint cent cinquante francs de secours. Il mourut le 16 avril 1834 à l’Hôtel-Dieu. Le 20 juin 1834, l’attestation médicale suivante constatait les circonstances et les causes de sa mort : « Je, soussigné, chevalier de la Légion d’honneur, chirurgien de l’Hôtel-Dieu et consultant du roi, docteur en chirurgien et agrégé de la faculté de médecine de Paris, membre titulaire de l’Académie royale de médecine, certifie premièrement que M. Fleury, Balthazard, capitaine d’état-major en retraite, a été pris, pour la première fois immédiatement après les journées de Juillet et probablement par suite des fatigues qu’il a éprouvées pendant ces journées, d’un pissement de sang très grave, pour lequel je lui ai donné des soins. Deuxièmement qu’après plusieurs récidives du mal, M. Fleury a fini par y succomber dernièrement à l’Hôtel-Dieu, dans l’une des salles dont la direction m’est confiée. Troisièmement que madame Fleury, par suite des inquiétudes qu’elle a éprouvées pour son mari pendant les journées de Juillet, est tombée malade et est accouchée prématurément et qu’elle conserve une maladie de matrice, qui la met hors d’état de travailler suffisamment pour soutenir sa famille, consistant en deux enfants en bas âge. Quatrièmement que de plus elle est en ce moment atteinte d’une affection de poitrine grave, qui augmente encore ses embarras. En conséquence, j’estime que, comme veuve d’un brave, mort par suite des efforts qu’il a faits pour la cause de la liberté, comme mère et enfin comme malade, elle est digne du plus grand intérêt et qu’elle a des droits incontestables à des secours, dont elle a le plus grand besoin. » La police donna sur la veuve, née Barin, à l’occasion d’une demande de secours, les renseignements suivants : « La dame Fleury est âgée de 42 ans ; son mari, mort depuis trois mois, était un ancien capitaine au 65e régiment de ligne. Il jouissait d’une pension de six cents francs, qui était l’unique ressource de cette famille ; il a laissé la pétitionnaire avec deux enfants en bas âge ; elle se procure des moyens d’existence, bien insuffisants, à l’aide de son travail comme couturière ; mais la longue maladie de son mari l’a mise dans la nécessité de contracter quelques dettes et sa position est extrêmement gênée. On dit beaucoup de bien de cette femme, qui inspire l’intérêt par sa bonne conduite et par ses malheurs. » Le préfet de la Seine la jugeait, quant à lui, « digne de toute la bienveillance de l’administration ». Elle reçut, en 1835, un secours de cinquante francs. Fleury demeurait à Chaillot en 1830 ; 17, Grande-Rue à Chaillot (Seine) en 1831-1834 ; sa veuve, même adresse en 1835. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD3 8, révolution de 1830, secours, pensions, orphelins de Juillet 1830-1835 ; Archives de Paris VK3 44 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement (cité deux fois) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/46 in dossier Bourjard ; Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Jubin ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Mortreux ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1155.