Fleury, D
Biographie
Marchand de draps en gros. Le 2 juillet 1831, il adressa la lettre suivante à la Commission des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac : « Comme vous, enfant des barricades, combattant de Juillet, invariable dans mon opinion qui n’a pour but que le bonheur et la gloire de notre patrie, j’ai gémi et je gémis encore des injustices qui ont été faites pour récompenser les braves qui ont pris les armes contre la tyrannie la plus odieuse. Ayant vu de près et ayant étudié la marche des affaires depuis notre mémorable révolution, j’ai vu que l’arbitraire, plus que jamais, était en faveur et que le patriotisme était tout à fait soumis à la censure la plus dégoûtante. Toutes ces considérations m’ont décidé à ne jamais solliciter de la première Commission des récompenses nationales. Cependant, j’y avais des droits acquis, j’avais des témoins, tous chefs de maisons honorables. Ils m’ont tous vu combattre et braver le feu des oppresseurs. J’ai assisté à toutes les réunions que vous avez convoquées et hier j’ai vu que vous avez saisi le vrai moyen si ce n’est de pouvoir réussir à obtenir ce que nous méritons mais bien de connaître les vrais patriotes de Juillet et cela en faisant faire des enquêtes auprès des hommes dignes de confiance dans chaque arrondissement pour savoir ceux qui réellement ont été sur la brèche. Homme simple, et tenant peu à un hochet, je tiens beaucoup à être du moins compté au nombre des sincères amis de la liberté et de mon pays, aussi n’hésité-je pas à donner à l’honorable membre de votre commission désigné pour mon arrondissement les noms des citoyens qui assureront non seulement que je me suis battu mais qu’encore je suis ami de cœur et d’âme de tous ceux qui ont fait la révolution de Juillet et qui en veulent les conséquences. On peut donc s’enquérir : 1°) chez M. Outin (voir Outin, Jean-Pierre), marchand de nouveautés en gros, 10, rue des Bourdonnais (décoré de Juillet mais qui n’a pas voulu prêter serment). 2°) Morisot, marchand de draps, rue de la Poterie aux halles ; ce dernier m’a vu au feu. 3°) Durauchel illisible, illisible, dans la maison Vincent, 3, rue Bertin-Poirée, combattant de Juillet. 4°) Pinel, marchand de draps en gros, 11, rue Bethisy (combattant de Juillet, porté pour la médaille). 5°) Tarin (voir Tarin, Léon, Joseph), premier commis chez M. Lemor, rue des Bourdonnais, n° 10 (combattant de Juillet, blessé à mes côtés au combat de la rue des Prouvaires, porté pour la décoration). 6°) James (coir James, Adolphe, Hippolyte), chez M. Lecerf-Duval, rue Bertin-Poirée, n° 4, blessé de Juillet. 7°) Deshayes, marchand de toiles en gros, demeurant 19, rue des Bourdonnais. 8°) Drin, limonadier, demeurant 10, rue Bethisy. 9°) M. Louis, coiffeur, demeurant 6, rue Bethisy. 10°) M. Vigreux, limonadier, au coin de la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois et de la rue de l’Arbre-Sec. 10°) (lire 10° bis, N.D.A.) M. Scellier (voir Scellier, Antoine, Alexandre), ex-principal commis de M. Pique, rue de Behtisy n° 4, le susdit M. Scellier combattait à mes côtés, il a été porté pour la décoration nationale, dans ce moment, il est sous-lieutenant dans un régiment en garnison à Ajaccio. 11°) M. Legry, marchand de draps en gros, rue des Lavandières-Saint-Opportune n° 16. Je ne vous désigne pas un plus grand nombre de citoyens, qui proclameraient la vérité à mon égard. Tout ce qu’il y a de dévoué dans mon quartier m’a vu alors remplir mon devoir. J’ajoute que j’ai fait la campagne de Rambouillet avec M. Outin, énoncé plus haut et avec M. Goubert (voir ce nom), commissionnaire en draperies rue Bertin-Poirée n° 11, électeur du (ancien) IVe arrondissement et capitaine en premier des grenadiers dans la IVe légion. Maintenant, Messieurs, j’attendrai le résultat de vos travaux. D’avance je vous adresse mes remerciements et de vos peines et de votre vif intérêt pour nous tous. Si vos efforts ne sont pas couronnés de succès, au moins nous aurons eu l’avantage de nous être vu réunis pour une si juste cause et ce souvenir, joint à celui des barricades sera des plus honorables pour nous tous. » Il demeurait 9, rue des Bourdonnais en 1830. Archives nationales F/1dIII/88.