Flotte, César

Biographie


Il adressa, dans les premiers jours d’août 1830, une première demande de décoration auprès de la Commission des récompenses nationales, qui resta infructueuse. Le 6 août 1831, il adressa la lettre suivante à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac : « Je suis un des combattants de Juillet qui ai donné des preuves de mon dévouement dans ces mémorables journées. J’ai produit les pièces qui pouvaient établir mes droits et j’ai vu avec les plus vifs regrets qu’un des fidèles serviteurs de sa patrie, qui s’était distingué et avait été blessé, n’eût point été porté pour la décoration de Juillet, seule récompense qu’il demandait par suite de sa bravoure et des sacrifices énormes qu’il avait fait pour obtenir sa guérison. Enhardi par la recommandation des citoyens les plus recommandables, témoins oculaires des faits qui pouvaient me donner des droits à votre justice et à votre protection, pénétré que je suis que votre conscience se plaira toujours à faire droit aux réclamations des fidèles défenseurs de la patrie, je les expose de nouveau à votre commission, dans la juste espérance que vous daignerez y faire droit. Le 27 juillet, je travaillais aux barricades de la rue Saint-Honoré, entre la rue de Valois et celle des Bons-Enfants, lorsque vers les 4 heures de l’après-midi, sortent de la place du Palais-Royal, environ deux cents gendarmes, tant à cheval qu’à pied qui arrivent en masse sur nous et veulent s’opposer à ce que nous continuions les barricades ; les mauvais traitements qu’ils font éprouver aux masses indignent la population, qui riposte par une grêle de pierres ; le combat s’engage de part et d’autre, et dans cette affaire, je reçois d’un gendarme un coup de sabre sur la tête, qui partage mon chapeau et me blesse grièvement. Je baigne dans mon sang et il me reste à peine la force de prononcer le nom de la rue de Louvois, n° 4, ma demeure, où je suis transporté et pansé. Ma blessure était si grave que malgré mon dévouement à une cause aussi sacrée, je ne pus sortir le 28 juillet. Mais, le 29, ne pouvant me retenir au lit par le danger que courait ma patrie, ma blessure pansée et la tête enveloppée, je me rends vers les midi sur la place de la Bourse où était le lieu du rendez-vous général. Nous prîmes alors la rue des Filles-Saint-Thomas, rue Richelieu, rue Louvois, rue Sainte-Anne, Petits-Champs, nous reprîmes la rue Richelieu et nous arrivâmes en face le Théâtre-Français, où commença le feu des combattants échangé contre ceux des Suisses. Dans cette affaire, après m’être battu avec autant de courage que d’intrépidité, mon fusil criblé de balles, blessé très légèrement au pouce de la main gauche, j’ai fait prisonniers plusieurs Suisses, que j’ai désarmés et que des citoyens conduisirent à la Bourse. Nous nous portâmes sur divers points du Palais-Royal, où nous nous battîmes et finirent par le prendre et terminer le combat vers les 4 heures et demie du soir, où je fus désigné pour retourner à la Bourse, où nous attendions des ordres et c’est après avoir passé la nuit à monter la garde que le lendemain, 30, fatigué, épuisé par ma blessure, je retournai chez moi reprendre le repos qui m’était si nécessaire. Tels sont, Messieurs, les faits dont j’ai donné connaissance à la Commission par les certificats les plus notables pour obtenir de la justice le seul titre de décoré de Juillet, auquel je pensais avoir droit. Je n’ai point eu cet honneur, mais, persuadé que vous daignerez accueillir ma nouvelle demande, je n’hésite point à vous la renouveler, appuyée des mêmes attestations, et à attendre de votre justice la récompense qu’ont méritée les défenseurs de nos libertés. » Cette nouvelle demande était apostillée par : Pechiné, grenadier de la garde nationale, demeurant 4, rue de Louvois ; Kohlen ou Kohler, garde national, demeurant 81, rue de Richelieu ; Bouchard, A., garde national et décoré de Juillet, demeurant 11, rue Rameau ; Leroy, N. ; Sana illisible ; Delbès, sapeur de la garde nationale, demeurant 1, rue Rameau ; Dubois aîné ; Clastron, demeurant 25, rue de Clichy, qui précisait : « […] J’atteste que le sieur Flotte a été blessé le 27 juillet par un gendarme à pied et que c’est moi qui l’ai reconduit à sa demeure, rue de Louvois, n° 4, avec une autre personne qui m’est restée inconnue ». Devilliers, garde national, demeurant 4, rue de Louvois, qui ajoutait : « J’ai certifié et certifie avec les voisins soussignés que le pétitionnaire a été blessé le 27 juillet 1830, par suite d’un coup de sabre qu’il a reçu à la tête et qu’il a été pansé par ma femme de confiance, que dans la journée du 29 juillet, malgré l’opposition que j’ai apportée à le voir sortir de sa demeure à cause de sa blessure, le pétitionnaire n’en a pas moins persisté et nous l’avons vu tous, à la tête des combattants, se rendre aux lieux par lui désignés, où il reçut une légère blessure, rapportant avec lui les armes et le fourniment d’un Suisse par lui fait prisonnier. » Il demeurait 4, rue de Louvois en 1830. Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 3 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/88. Sans doute s’agit-il de Flotte, César, Pierre, Hippolyte, détenu par la cour des pairs. A consulter.

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