Fontaine, Claude, Frédéric, Wulphly

Biographie


Médecin. Les journaux de l’époque relatèrent ainsi sa participation aux combats de Juillet : « M. Fontaine, médecin, rue Saint-Martin, n° 345 (sic), ancien chirurgien major des tirailleurs de l’ex-garde, ayant été à l’île d’Elbe, avait établi une ambulance dans sa maison où, aidé de quelques dames qui lui faisaient de la charpie, il donna des secours à plus de 60 blessés de ces mémorables journées. L’un d’eux, blessé au bras, l’examinait attentivement ; il lui dit : “Vous avez été attaché à l’armée ? – Oui, répond le docteur. – Alors, faisant relever son pantalon, il s’écria : vous m’avez déjà taillé cette jambe à Wagram ! – Je me le rappelle, dit le docteur : ceci vous prouve que les braves se retrouvent partout, et que nous, qui avons voué notre vie à l’humanité souffrante, vous nous retrouvez également partout pour vous secourir, je suis fier d’être encore en état de vous offrir mes services.” Alors ces deux braves s’embrassèrent et mêlèrent leurs larmes ensemble. Ce trait mérite d’autant d’être connu, que le docteur Fontaine, repoussé de l’ancienne administration, parce qu’il avait été à l’île d’Elbe, végète à Paris dans une honnête indigence. Ce fait nous a été communiqué par M. Leblanc de Marconnoy, jurisconsulte, ancien lieutenant de la garde nationale, qui se distingua tant par sa bravoure que par son activité, à l’affaire du 30 mars 1814, et qui, pendant huit jours et huit nuits, a pris une part très active à nos glorieux succès. » Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; Le Constitutionnel du 12 août 1830 (cité deux fois dans le même numéro) devait publier l’avis suivant : « Un nombre considérable de médecins nous ont écrit pour nous prier de mentionner le dévouement dont ils ont fait preuve dans les belles journées des 28 et 29 juillet. Nous regrettons que l’espace ne nous permette pas de consacrer un article à chacun de ces citoyens honorables qui n’ont manqué à aucun des devoirs de leur profession, et qui ont su y joindre l’accomplissement des devoirs du citoyen. Obligés de nous borner à citer quelques noms, nous ajouterons à ceux que nous avons déjà publiés, [celui de M. le docteur] Fontaine […]. » Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, attestons et certifions à tous ceux qu’il appartiendra que M. Fontaine, ancien chirurgien major de l’ex-garde impériale, demeurant à Paris, rue Saint-Martin n° 245, a, dès le commencement des affaires de Juillet, établi une ambulance dans la maison qu’il habite, qu’il a donné ses soins à un grand nombre de blessés de ces glorieuses journées, qu’il en a sauvé beaucoup par suite de prompts pansements qu’il a faits, qu’enfin il est impossible d’avoir rendu plus de services à la cause publique et à l’humanité que ce docteur, dont le caractère vraiment français et l’esprit patriotique sont avantageusement connus. » Signé, le 15 août 1830 : Danjou ; Plumet ; Michaud illisible, marchand épicier et électeur ; Bonnaire ; Tardif ; Chardin, Doistau ; Petit, pharmacien ; Chevalier ; et plusieurs autres signatures illisibles. Le maire du (ancien) VIe arrondissement ajoutait qu’il certifiait « que le zèle dont le sieur Fontaine a fait preuve pendant les glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet et les services importants qu’il a rendus aux blessés et qui sont certifiés par les signatures d’autre part nous ont été confirmés par des témoignages particuliers et très dignes de foi. » Le linge et la charpie qu’il avait recueillis pour panser les blessés fut, dans les premiers jours d’août, remis au bureau de charité du (ancien) VIe arrondissement, selon un récépissé qui fut délivré par le bureau au docteur Fontaine. Il déposa un dossier devant la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il signa, le 3 août 1830, le certificat suivant en faveur de Salomon, Louis, Joseph : « Je, soussigné, ex-chirurgien major de l’ancienne armée, médecin chargé de l’ambulance de la rue Saint-Martin n° 245, certifie avoir opéré et donné mes soins au nommé Salomon, Louis, Joseph, peintre sur tôles, rue du Grand-Hurleur n° 4, atteint dans la journée du 28 d’une balle qui lui traversa le deltoïde du côté droit, en produisant une tuméfaction de tout le muscle. J’estime que de quelque temps le susnommé ne peut vaquer à ses travaux. » Il demeurait 245, rue Saint-Martin en 1830 (parfois mais par erreur 265, rue Saint-Martin in Archives nationales F/1dIII/88). Autres références : Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 70-71, 105, 117 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 338 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 236 ; La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 4 août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/75 in dossier Salomon, Louis, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/88.

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