Fontan, Jules

Biographie


Né le 21 pluviôse an XI à Mayence. Professeur (mais employé sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 288 n° 7). Il était porteur du certificat suivant : « Le 27 juillet 1830, le sieur Jules Fontan se trouva vers le soir sur la place du Palais-Royal et, indigné des attentats du roi Charles X contre les libertés publiques, il émit hautement son opinion constitutionnelle. L’énergie de ses discours échauffait le patriotisme de ses auditeurs. Le 28, il était vers 3 heures dans la rue Mandar. Il se battit pendant trois quarts d’heure, armé d’un fusil à deux coups contre les Suisses. Il soutint le feu avec beaucoup de vigueur et un homme tomba mort à ses côtés. Il courut ensuite à la porte Saint-Denis, où il combattit pendant une heure et demie contre la garde royale ; il y fit preuve de courage et passa toute la nuit sous les armes. Le 29, après avoir fait patrouille, rue des Fossés-Montmartre, rue Saint-Eustache et rue de Bourbon-Villeneuve, pendant six heures consécutives, il arriva rue Saint-Honoré vers les 7 heures du matin. Il tirailla constamment contre les gardes royaux pendant quatre heures et fit partie des généreuses cohortes de Parisiens qui emportèrent les postes importants du Louvre et des Tuileries. Il est entré un des premiers au Palais-Royal et, ayant pénétré dans les salons, il y vit un inspecteur du palais, mais habillé en bourgeois. Comme il avait cependant conservé son chapeau galonné, le sieur Fontan le prit pour un gendarme et allait l’abattre d’un coup de fusil quand un de ses amis lui cria : “Arrête Fontan, c’est un inspecteur du duc d’Orléans.” Aussitôt, il abaissa son arme et une déplorable erreur ne coûta pas la vie à un père de famille. » Signé, le 26 août 1830 : Le Collon, ex-employé à l’armée près le ministre Daru ; Dusang, demeurant 27, rue des Bons-Enfants ; Jacotin, licencié en droit, demeurant 8, rue de Valois au Palais-Royal ; Sigfeld, demeurant chez le duc d’Orléans. Ses faits et actions honorables furent ainsi consignés par la mairie du (ancien) IVe arrondissement « Le 27 juillet, a harangué le peuple sur la place du Palais-Royal ; le 28 vers 3 heures et demie, se battit pendant trois quarts d’heures, armé d’un fusil à deux coups, contre les Suisses ; courut de là à la porte Saint-Denis, où il combattit pendant une heure et demie contre la garde royale et y passa toute la nuit sous les armes ; le 29, après avoir fait des patrouilles rue des Fossés-Montmartre, rue Neuve-Saint-Eustache et rue Bourbon-Villeneuve pendant six heures, arriva rue Saint-Honoré vers 7 heures du matin, y travailla constamment pendant quatre heures contre la garde royale et fit partie des troupes parisiennes qui s’emparèrent du Louvre et des Tuileries ; étant entré un des premiers dans les appartements du Palais-Royal il y rencontra un inspecteur du Palais, qu’il prit pour un gendarme ; il était sur le point de le tuer d’un coup de fusil, lorsqu’on lui fit heureusement apercevoir sa méprise ; il abattit son arme et une fatale erreur ne coûta pas la vie à un père de famille. » Les observations suivantes sont annotées à son dossier : « M. Fontan a produit un certificat revêtu de quatre signatures et de celle du sieur Sigfeldt, inspecteur du Palais-Royal, le même qui faillit être tué par M. Fontan. » Très malade suite à sa participation à la révolution, il reçut un secours de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut, comme combattant, un total de cent vingt-cinq francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il déposa un dossier devant la Commission des Réclamants ([ancien] IIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il signa, le 26 novembre 1830, en faveur de Mauger, Joseph le certificat suivant : « Nous, soussignés, toutes personnes étant domiciliées à Paris, certifions qu’après avoir pris connaissance par une lecture attentive des faits énoncés en la pétition ci-contre […] que M. Mauger, Joseph exerçant la profession de boucher à Paris, y demeurant rue Saint-Honoré n° 215, s’est conduit avec la plus rare intrépidité, que nous l’avons vu un des premiers à la tête du mouvement et toujours les armes à la main pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, aidant et secourant les blessés jusque sous les balles et les transportant avec le dernier dévouement. Qu’il est en outre à notre particulière connaissance que le 28 juillet à 11 heures du soir, le nommé Mauger, Joseph a été vu enlevant du milieu de la rue Saint-Honoré un malheureux jeune homme qui avait essayé de traverser cette rue, vis-à-vis la rue des Bons-Enfants et qui était tombé au milieu du ruisseau, blessé de trois coups de feu, dont il mourut le lendemain. Les cris déchirants de ce malheureux au milieu de la rue déserte excitaient la compassion de tout le voisinage, qui implorait de la troupe placée à l’entrée de la rue Saint-Honoré la permission d’enlever le blessé, dont les cris plaintifs au milieu de la nuit déchiraient l’âme. La garde, restant sourde aux prières de tout le voisinage et même des femmes qui la suppliaient, et menaçant de faire feu sur quiconque descendrait dans la rue, le nommé Joseph Mauger, n’écoutant que son courage et son humanité, essaya de lui porter secours malgré une mort presque certaine. Parvenant en rampant jusqu’auprès du malheureux blessé, gisant au milieu de la rue et l’attirant doucement à lui, Mauger parvint à lui faire franchir le terrible intervalle qui existait entre le milieu de la rue et sa demeure, où il lui procura les plus généreux secours. Ces secours furent malheureusement inutiles car cet infortuné jeune homme mourut le lendemain chez lui de ses blessures. Tels sont les faits dont nous nous plaisons à lui rendre le témoignage, comme étant particulièrement au vu et au su de notre voisinage. En conséquence de quoi nous estimons que Mauger, Joseph a les plus légitimes droits à la justice de la Commission des récompenses nationales soit pour une place soit pour la croix. » De la même manière, il apostilla la demande présentée par Mauger, Joseph devant la Commission des Réclamants. Il était célibataire en 1830. Il demeurait 17, rue Pierre-Lescot en 1830 ; 81, rue Saint-Germain-l’Auxerrois et 65, rue des Vieux-Augustins par la suite et vers 1830-1831 dans son dossier in Archives nationales F/1dIII/88. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, Rapport sur les faits et actions honorables et les accidents éprouvés, et sur les autres renseignements recueillis et relatifs aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 dans les rues […] faisant partie du IVe arrondissement municipal de la Ville de Paris ; Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/88 ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mauger, Joseph.

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