Fontemoing, Regulus, Jacques, Antoine

Biographie


Né le 20 décembre 1793 à Lorient (Morbihan). Sergent-major dans la compagnie de sous-officiers sédentaires, en garnison à Alençon en juillet 1830. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, afin d’obtenir la décoration de Juillet : « Messieurs. J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, pour être fournies à votre examen, trois copies des certificats qui m’ont été délivrés et qui constatent la conduite que je me félicite d’avoir tenue lors de nos glorieuses journées de Juillet ! A peine le premier cri de liberté s’était-il fait entendre à Alençon que, n’écoutant que celui de l’honneur, j’ai décidé la compagnie de sous-officiers à laquelle j’étais attaché comme sergent-major à arborer les couleurs nationales et à voler immédiatement à la défense des braves Parisiens. Cet exemple patriotique fut bientôt suivi par une foule de volontaires nationaux accourus de toutes parts et le 2 août, chef de bataillon improvisé, j’étais sous Paris avec 800 hommes armés. Ayant rejoint dans la ville de Dreux, avec cette colonne, la famille royale déchue, j’ai reçu l’ordre de marcher jusqu’à Cherbourg avec cette arrière-garde, pour protéger et accélérer sa fuite, mission que j’ai effectuée non sans peine. Le 11 septembre 1830, le roi des Français, récompensant ma conduite, à daigné me nommer sous-lieutenant de gendarmerie. Si vous pensez, Messieurs, qu’un soldat citoyen qui compte vingt-sept années de services puisse mériter le signe honorable décerné aux citoyens soldats, je vous prie de croire que je recevrai comme une faveur insigne la décoration de Juillet que j’ai l’honneur de vous demander. Veuillez agréer etc. » Sa demande était ainsi apostillée : « Le maître des requêtes, préfet de Maine-et-Loire, a appris la belle conduite que le sieur Fontemoing a tenue à l’époque de notre glorieuse révolution. Depuis, il s’est fait remarquer par la sagesse de ses opinions et il confond la cause de la patrie avec celle du roi, qui en est le soutien et le premier défenseur. C’est un acte de justice d’appuyer la demande du sieur Fontemoing. Les témoignages honorables qui l’accompagnent établissent suffisamment les droits qu’a ce brave officier à la faveur qu’il sollicite. En le décorant de la Croix de Juillet, le gouvernement lui accordera une digne récompense pour les services qu’il a rendus. » Signé : Barthelemy. Sa demande était accompagnée de plusieurs certificats. Le premier : « Je, soussigné, lieutenant-colonel du 41e régiment de ligne, certifie que M. Fontemoing, Regulus, Jacques, Antoine, sous-lieutenant trésorier du 1er bataillon mobile de gendarmerie servait sous mes ordres dans la 10e compagnie de sous-officiers sédentaires, que je commandais en qualité de sergent-major trésorier, lors de nos glorieux événements de Juillet ; qu’il m’a secondé puissamment tant pour maintenir l’ordre et la discipline que pour forcer M. de Kersaint, alors préfet de l’Orne (Alençon), créature de Polignac, à quitter, le 29 juillet, sa préfecture ; à faire arborer le même jour les couleurs nationales à Alençon, six heures avant l’arrivée du courrier qui les portait ; que, parti le même jour avec ma compagnie pour voler à la défense des héroïques Parisiens, M. Fontemoing n’a cessé, pendant toute la route, de montrer le plus grand enthousiasme pour le triomphe de la liberté, en marchant à la tête de mon avant-garde ! qu’arrivés le 2 août près de la capitale et ayant reçu du ministre de la Guerre l’ordre de rétrograder avec ma compagnie pour, conjointement avec les gardes nationaux de l’Orne, protéger et accélérer le voyage de la famille déchue jusqu’à Cherbourg, il a déployé une prudence et une énergie dignes des plus grands éloges, en empêchant que, par un zèle mal entendu, les volontaires accourus de toutes parts et marchant avec nous, ne se méprissent sur l’objet de leur mission. Je déclare qu’en raison de la belle conduite dont il a fait preuve sous mes yeux, cet ancien et brave militaire est digne d’obtenir la décoration de Juillet. » Signé, le 25 mai 1831 : Laborde, Ch., lieutenant-colonel. Le deuxième : « Le préfet de l’Orne atteste que le sieur Fontemoing, sous-lieutenant trésorier du 1er bataillon mobile de gendarmerie, a été domicilié dans cette ville pendant trois ans, avant sa nomination au grade qui l’occupe ; qu’alors il était sergent-major trésorier de la 10e compagnie des sous-officiers sédentaires ; qu’il s’était fait remarquer par son amour de l’ordre et de la discipline ; que, pendant les journées de Juillet, il donna les plus grandes preuves d’énergie, en déterminant la compagnie à laquelle il était attaché à marcher sur Paris, avant d’avoir reçu aucune nouvelle certaine de l’issue de notre glorieuse révolution ; qu’arrivé près de la capitale, il fut dirigé sur Rambouillet ; que, comme militaire, les dangers qu’il courait de la perte de son emploi et même de sa vie en cas de non-succès étaient plus considérables que pour tout autre ; que le caractère de cet officier est un heureux mélange de prudence et d’énergie ; qu’enfin nous estimons que le sieur Fontemoing qui, quoique jeune encore, compte déjà de longues années de service, mérite toute la bienveillance du gouvernement. » Signé à Alençon le 1er novembre 1830 : Clogenson (voir Clogenson, Jean). Le troisième : « Nous, soussignés, officiers de la garde nationale d’Alençon, certifions que le sieur Fontemoing, Regulus, Jacques, Antoine, ancien adjudant sous-officier, actuellement sergent-major trésorier de la 10e compagnie de sous-officiers sédentaires, demeure depuis trois ans à Alençon ; que, depuis ce temps, son caractère, heureux mélange de douceur dans ses mœurs privées et de loyauté et d’énergie dans ses fonctions militaires, lui a mérité et acquis l’estime et l’amitié des habitants de cette ville ; que ses opinions constitutionnelles n’ont jamais varié ; qu’au moment où apparurent les fatales ordonnances, il protesta hautement qu’il n’emploierait jamais contre ses concitoyens des armes qui lui avaient été remises pour la défense de la patrie ! qu’enfin, en apprenant le danger de la capitale, il contribua avec le lieutenant-colonel Laborde à décider la masse de la compagnie de sous-officiers, dont il fait partie, à le suivre à Paris pour voler au secours de son héroïque population. » A Alençon, le 18 août 1830 : Davoust, chef de bataillon ; Garby, capitaine des grenadiers ; Gouaux, lieutenant ; Schmitd, sous-lieutenant ; Gouais-Lanos, sergent ; Blanchet, sergent-major ; Hamel, lieutenant ; Baumont, lieutenant ; Gassouin, garde national. Dans une lettre du 5 décembre 1831, qu’il adressait au président du Conseil, sur la constitution à Alençon d’une Commission chargée d’attribuer des récompenses nationales à raison de la participation de chacun à la résistance aux ordonnances du 25 juillet, Clogenson (voir Clogenson, Jean), préfet de l’Orne, jugeait que Fontemoing pourrait demander une décoration « sous quelques rapports ». Le 11 septembre 1831, il fut nommé sous-lieutenant trésorier au 1er bataillon mobile de gendarmerie. Le 14 décembre 1831, la Commission choisie pour juger des droits de différents citoyens à la décoration de Juillet, se réunit à Alençon et prit à son sujet, comme à celui de Lorrin et Hamel, la décision suivante : « La Commission se plaît à rendre hommage au dévouement et au zèle qu’ils ont montrés dans les journées de Juillet. Ils ont été assurément des premiers à exprimer hautement leur opinion et à concourir à l’organisation du nouvel ordre de choses. Leur zèle infatigable les portait partout où ils se croyaient utiles ; mais la Commission pense que leur conduite n’a été que celle d’un très grand nombre de citoyens de la ville d’Alençon, dont le caractère ferme et la conduite active et généreuse ont puissamment concouru au maintien du bon ordre. » Le 9 décembre 1831, le préfet de Maine-et-Loire écrivait au président du Conseil et ministre de l’Intérieur pour lui faire savoir que Fontémoing avait déposé une demande de décoration pour la conduite qu’il avait tenue en juillet 1830. La Commission des récompenses nationales ayant été dissoute à cette époque, le préfet demandait quelle suite avait été donnée à la demande. Cette demande et les pièces à l’appui sont absentes du dossier. Le 21 février 1847, lieutenant-trésorier, il fut nommé capitaine de la compagnie du Finistère. En juin 1849, il fut admis à la retraite ; il comptait quarante et une années de service. Archives nationales F/1dIII/80, Maine-et-Loire ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Orne ; Annuaire de l’état militaire de France pour l’année 1831, Levrault, Paris, 1831, p. 159 ; Journal militaire officiel, 1831, premier semestre, Paris, chez Anselin, 1831, p. 378 ; Journal militaire officiel, 1847, Bulletin des nominations et promotions, année 1847, n° 5, p. 53 ; Bulletin des lois de la république française, partie supplémentaire, n° 69, décret n° 1848 du 26 juin 1849, p. 972.

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