Forgeron, Jean, Charles

Biographie


Né vers 1786 à Villecren (Seine-et-Marne). Charretier (mais charron in Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland). Il fut grièvement blessé, le 28 juillet, d’une balle reçue dans les parties génitales, alors qu’il combattait sur la place de Grève. Transporté à l’Hôtel-Dieu, il y mourut sitôt après son arrivée. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 19 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Cassaet, François, Victor, né vers 1794, tailleur d’habits, demeurant 45, rue Copeau ; Gorion, Louis, François, né vers 1793, journalier, demeurant 15, rue du Petit-Maine ; Benard, Charles, Joseph, né vers 1788, tenant pension bourgeoise au 21, rue Vieille-Notre-Dame ; Mourgaud, Dominique, né vers 1797, dérouleur de vin sur les ports, demeurant 17, rue de la Clef. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Forgeron, Jean, Charles et « savoir qu’il a combattu dans la journée du 28 juillet dernier, qu’il y a été blessé à l’Hôtel de ville d’un coup de feu aux parties, qu’il a été transporté à l’Hôtel-Dieu, où il est décédé des suites de sa blessure une heure après son arrivée ». De la même manière, le 22 avril 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Guérard, Nicolas, propriétaire, demeurant 16, rue Gracieuse ; Hize, Charles ou Bize, Charles, marbrier, demeurant 22, rue Gracieuse ; Janvier, Jean-Baptiste, entrepreneur de maçonnerie, demeurant 29, rue Copeau. Ils attestèrent que « Forgeron, Jean, Charles, mort à l’Hôtel-Dieu le 28 juillet à midi, par suite de blessures reçues le même jour à la place de Grève, a laissé sa veuve, née Helye, Julienne, Antoinette, avec trois enfants […], que ladite veuve Forgeron, journalière de son état, est dans une position très gênée et pour laquelle elle a requis le présent certificat pour être par elle présenté à messieurs les membres de la Commission des récompenses nationales ». Forgeron laissait une veuve, Helye, Julienne, Antoinette, née le 15 novembre 1784 (mais a priori le 15 novembre 1811 in Archives de Paris VK3 36) à Paris, marchande de linge, qui reçut cent trente francs sur les listes du Constitutionnel, un secours de quinze francs, le 4 mars 1831, un secours de trente francs, le 23 mars 1831, un secours de trente francs, le 13 avril 1831, un secours de cent francs, le 14 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, qui fut pensionnée de cinq cents francs, et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Forgeron laissait aussi trois enfants, tous trois nés à Paris, Joséphine, Honorine, née le 1er mai 1810, Catherine, Denise, née le 15 janvier 1815, qui fut pensionnée, et Jean, Antoine, né le 26 août 1817, qui fut aussi pensionné ; ces deux derniers reçurent aussi de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Lemonnier, Jean, journalier, subrogé-tuteur, demeurant 3, rue Neuve-du-Colombier en 1831. En 1831, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Catherine, Denise qu’elle allait atteindre ses dix-huit ans, qu’elle vivait avec sa mère mais travaillait à part de son métier de découpeuse de gaze, métier qu’elle avait choisi en abandonnant celui de blanchisseuse, qui nuisait à sa santé ; la commission ajoutait qu’elle était « d’une bonne conduite » et qu’on verrait avec plaisir qu’un trousseau lui fût accordé, n’étant elle-même vêtue que de hardes. La même Commission rapportait au sujet de Jean, Antoine, qu’elle n’avait encore pris aucune décision à son égard, étant « un très mauvais sujet, ne veut rien faire, ne sait ni lire ni écrire », qu’il demeurait chez sa mère mais découchait souvent, qu’il avait appris plusieurs états sans en embrasser aucun, et qu’il avait été à l’Ecole de cavalerie de Saumur pour devenir trompette mais s’y était si mal comporté qu’il en avait été renvoyé. Par un testament en date du 1er mai 1832, le baron Chambon, Claude, Gaudérique, Joseph, Hiérome, ancien commissaire ordonnateur des armées sous l’Empire, demeurant 11, rue du Petit-Vaugirard, « applaudissant aux principes qui ont dirigé la révolution de Juillet et voulant lui rendre un hommage durable » fit un legs en faveur de vingt orphelins ou orphelines du (ancien) Xe arrondissement, de quatre du (ancien) XIe arrondissement et de trente du (ancien) XIIe arrondissement, laissant, pour chacun d’entre eux, une somme de six mille francs (sans qu’on connaisse les critères de sélection choisis à l’établissement de la liste). Quand le baron Chambon mourut, le 26 septembre 1833, le testament fut attaqué par ses neveux, sous le prétexte que « le défunt aurait eu en les dépouillant de son héritage, cédé à des sentiments d’inimitié et de colère ». Puis, finalement, ces neveux se désistèrent, ouvrant alors les droits des orphelins. Catherine, Denise et furent deux d’entre eux. Pour chacun des orphelins la somme fut convertie en deux cent cinquante-six francs de rente à 5 %. Forgeron demeurait 24, rue Gracieuse ; sa veuve, même adresse en 1831 ; 45, rue Copeau en 1832. Le nom de Forgeron (J.-C. Forgeron) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 23 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 25 ; Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 305 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 56 pour les enfants, p. 71 pour la veuve (sous le nom de Heyle, Julienne, Antoinette) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 110-111 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, état des blessés reçus dans les établissements de la 1re division des hôpitaux et hospices civils de Paris, domiciliés dans le (ancien) VIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées (sous le nom de Forgeron, Jean, Nicolas) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 (veuves) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 40-41 ; Archives de Paris VD6 560 n° 7 : exécution des legs du baron Chambon en faveur des orphelins de juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Forgeron veuve) ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (veuves), idem (deux listes de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) XIIe arrondissement et orphelins du (ancien) XIIe arrondissement et Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, XIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés) ; Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, veuves ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien) XIIe arrondissement et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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