Fortin, Augustin, Télémaque

Biographie


Plumassier. Le docteur Brunet, Léonard (voir ce nom), dans le rapport qu’il fit au commissaire de police du quartier de la Banque de France, sur le fonctionnement de l’ambulance du 47, rue de Grenelle-Saint-Honoré, donnait son nom pour avoir été un de ceux qui avaient permis le bon fonctionnement de l’ambulance. On trouve la relation de la conduite de Fortin dans la lettre qu’adressèrent à la Commission des réclamants, en 1831, Gueste, Pierre, Mathieu, Henri (voir ce nom) et Fleury, Jean-Jacques (voir ce nom), afin de tenter de faire valoir leurs droits à une récompense honorifique. Cette lettre était ainsi rédigée : « Les sieurs Pierre, Mathieu, Henri Guesde, Jean-Jacques Fleury et Augustin, Télémaque Fortin, tous trois locataires au rez-de-chaussée de la maison sise rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 47, exposent que ce sont bien eux qui, le 29 juillet dernier dès 4 heures du matin, ont établi dans la cour de leur maison et jusque dans leur domicile une ambulance pour y recevoir les blessés, quels qu’ils fussent, des deux précédentes journées et ceux que les événements de la journée qui commençait sous des auspices si sanglants présageaient devoir amener nécessairement, entreprise dans laquelle ils ont été encouragés par les conseils et les lumières de M. le docteur Gendrin, aussi locataire de la même maison, qui lui-même a été assisté dans ses travaux par MM. Brunet, Dubois et Bernard, tous trois aussi médecins. Le nombre des blessés qui arriva dans cette ambulance devint si considérable que les sieurs Guesde, Fleury et Fortin ne virent d’autre moyen que de se servir de la salle de la Redoute, dit le Tivoli d’hiver, dépendant de la maison du n° 45 dans laquelle ils s’introduisirent en fracturant la porte anciennement condamnée qui communique de leur maison à celle n° 45, dont M. et Mme Michalet, qui ont été décorés, sont principaux locataires. Ne demeurant point dans cette maison ce n’est que vers les 3 à 4 heures de l’après-midi que Mme Michalet arriva. Elle fut d’abord surprise de voir que l’on s’était introduit dans son établissement au moyen d’effraction mais, appréciant le cas d’urgence, elle approuva la conduite des soussignés et elle-même s’adjoignit à leurs soins et à toute leur sollicitude pour les blessés. Ce qui concerne cette dame a été dit dans le rapport qu’a fait M. Setier sur l’ambulance du n° 29 mais comme il n’était point chargé d’en faire un sur celle du n° 47 (la nôtre), où il est entré près de deux cents blessés, la conduite des réclamants est restée inconnue et conséquemment ils n’ont point obtenu la même récompense, c’est-à-dire la décoration qu’ont reçue M. et Mme Michalet et beaucoup de personnes qui ont dirigé et administré l’ambulance du n° 29. Les soussignés ont eu tort sans doute de n’avoir pas réclamé en temps utile mais n’en ont pas moins le même mérite et de plus d’avoir eu la première idée qu’ils ont mise à exécution de former l’ambulance dont est question dès 4 heures du matin, d’y avoir apporté tous les soins dont ils étaient capables et d’avoir mis sans réserve leur maison et leur cave à la disposition des blessés, auxquels ils ont prodigué tous les soins que réclamait leur position. Ils ne se sont pas contentés d’écrire mais ils ont aussi, en toute hâte, fait imprimer des affiches à leurs frais qu’ils ont été eux-mêmes placarder dans tout le quartier et aux approches du Palais-Royal, sous les balles qui sifflaient de toute part, pour faire connaître l’ambulance qu’ils venaient d’établir. Ils ont en outre fait une collecte et une énorme quantité de ligne, sur l’autorisation de M. le préfet de la Seine a été dirigée dans les hôpitaux ; les objets alimentaires distribués aux malades et l’argent versé dans la caisse de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, ainsi qu’il appert de l’état ci-joint ; une quantité immense d’offrandes de toute espèce est arrivée les jours suivants mais les commissaires de l’ambulance du n° 29 étant resté en permanence et d’ailleurs croyant qu’il valait mieux centraliser ces dons sur un seul point, les soussignés ont scrupuleusement et soigneusement adressé les donateurs à l’ambulance n° 29. Voilà, messieurs, ce que les réclamants ont cru devoir vous mettre sous les yeux pour vous engager à les comprendre dans la liste supplémentaire des personnes qui ont droit à la décoration de Juillet et qu’ils croient, sous tous les rapports, avoir méritée tant pas leur conduite des trois mémorables journées que par les vœux qu’ils ont manifestés pour la belle cause qui a si glorieusement triomphé. » Il demeurait 47, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1830-1831. Archives de Paris VD6 277 in dossier Gendrin, Augustin, Nicolas ; Archives nationales F/1dIII/56 in dossier Gendrin ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Guesde, Pierre, Mathieu, Henri et Fleury, Jacques.

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