Fougerolle, Amable

Biographie


Né le 20 septembre 1798 à Bellegarde (Creuse). Entrepreneur de maçonnerie. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février : « Dans une circulation (sic) que vous avez fait publier et dans laquelle vous dites que tous les républicains qui ont travaillé depuis 1830 pour la cause de la république veuillent bien se faire connaître (sic). Je viens donc, Citoyens, vous tracer ma conduite à cet égard depuis 1830. Pour savoir si je suis digne de cette reconnaissance, si j’étais décoré de Juillet, ma demande aurait peut-être plus d’influence auprès de vous ; cependant vous savez que celui qui avait un cœur républicain ne pouvait pas demander de récompense à un roi. Aussi je me suis tu, ne me disant que la cause pour laquelle j’ai combattu pendant trois jours était vaincue mais je me suis dit Elle est vaincue pour le moment mais plus tard elle triomphera, il faut se mettre en ouvrage pour ne plus en quitter que quand nos travaux seront achevés. C’est ce que j’ai fait. Depuis 1830, je n’ai cessé de prêcher pour la cause que nous venons d’obtenir par la force des armes. Je n’ai jamais fait défaut pour cette cause mais je n’ai jamais craint de sacrifier ma vie pour la république. En 1830-1831, je ne connaissais [pas] d’ouvriers maçons qui fussent républicains. Je me voyais seul parmi cette classe d’ouvriers maçons. Aussi, bien des fois les ouvriers et les maîtres montaient des complots ensemble, en se disant qu’il fallait me pendre, mais toutes ces menaces ne m’ont jamais fait fléchir d’une minute. Cependant je fus très longtemps sans pouvoir trouver d’ouvrage car j’ai été traqué de tout côté par les ouvriers et les maîtres. A l’affaire de la rue des Prouvaires [le complot de la rue des Prouvaires qui devait attaquer les Tuileries et chasser Louis-Philippe du pouvoir, N.D.A.], je fus arrêté par quarante municipaux, qui vinrent me chercher au chantier où je travaillais. Je fus conduit au poste du Palais-Royal. En traversant le Carrousel, plus de cent gardes nationaux vinrent au galop, sabres nus, en criant C’est un républicain, il faut le couper en morceaux ! C’est un voleur, faut le tuer ! Heureusement pour moi que les gardes municipaux formaient deux rangs pour empêcher d’approcher la garde nationale car sans cela ma vie était en danger. M. Joly, avocat, me traitait de niais dans une plaidoirie, en disant que je me trouvais toujours dans toutes les émeutes. J’étais un niais parce que nous ne réussissions pas. Je demande aujourd’hui à M. Joly si je suis un niais. Il dira que non parce que cette fois nous avons réussi. Le journal Le Courrier français a eu l’occasion plusieurs fois de prendre ma défense et de publier ma conduite. Le citoyen Sobrier, qui fait partie de la Commission, me connaît depuis 1830. Je ne vous dirai pas que j’ai été blessé plusieurs fois dans les émeutes. Je ne vous parlerai pas non plus quand La Tribune et La Réforme ont fait un appel aux patriotes ; je n’ai jamais été en retard. Je vous dirai, Citoyens, que je vois avec peine que des ennemis de la république sont appelés par le gouvernement provisoire comme inspecteurs des travaux nationaux. Je reviendrai là-dessus. C’était leur tour, aujourd’hui c’est le mien. » Fougerolle était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 20, rue Coquillère en 1848. Archives nationales F/1dIII/88.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.