Foulquier, Estève
Biographie
Il reçut la médaille de Juillet. Dans le récit que faisait Vandenbulcke, Pierre, Désiré, Joseph de sa propre participation aux combats, il faisait mention de Foulquet (sic) ; ce récit était ainsi rédigé : « En août 1830, j’ai remis à l’Hôtel de ville un détail de ce que j’ai fait dans les trois journées mémorables ; ce détail était signé par quatre camarades présents comme moi aux affaires et leurs attestations, qu’ils sont prêts à renouveler, étaient et sont encore dignes de fois puisque eux-mêmes sont décorés de la récompense nationale, moi seul j’en suis privé. Présumant que ce ne peut être qu’un oubli ou une inattention, je viens, messieurs, à l’invitation de ces mêmes camarades décorés, qui savent également que je mérite cette décoration, je viens, dis-je, établir ma réclamation, ajoutant à mon premier rapport que j’ai présenté à la Commission quelques nouveaux détails que je puis prouver. Première journée. Mardi soir, j’ai aidé à former la première barricade au coin de la rue Saint-Honoré et celle Richelieu, de là M. Lepage pourrait aussi me reconnaître pour m’avoir menacé de son sabre puis après de ses pistolets. Je rentrai chez moi à 9 heures du soir après avoir passé chez différents amis et connaissances pour les engager à s’armer. Seconde journée. Mercredi matin de bonne heure, j’étais en uniforme de garde national complet et, après avoir animé les personnes de la maison où je demeure et leur avoir délivré trois fusils, deux sabres et deux vieilles gibernes (mon fils aîné fit des balles), je me rendis avec l’un d’eux au poste du Temple, étant en uniforme je me plaçai devant les armes avec une autre personne, que j’ai même reconnue au conseil devant lequel j’ai été appelé (mes voisins peuvent aussi attester que je suis un des premiers qui ait le mercredi sorti en uniforme de garde national). Je restai donc le dernier devant le poste et n’en quittai que lorsque mes voisins m’y engagèrent. C’est alors que j’allai avec l’un d’eux, M. Foulquet sur la place de Grève. Nous arrivâmes avant la garde qui descendit le pont aujourd’hui appelé pont d’Arcole. Je fus du nombre de ceux qui firent feu dessus. De là, nous nous dispersâmes. Je restai cependant jusqu’à 5 heures, tirant tantôt d’un côté et tantôt d’un autre ; fatigué et heureux de ne pas être blessé je rentrai chez moi. Troisième journée. Je me rendis à ma mairie (ancien VIIe arrondissement) comptant y rencontrer quelques officier pour me diriger sur un point, l’on peut aussi s’assurer que je fus un des premiers inscrits à la mairie comme garde national (uniforme et armes complets), de là envoyé au poste du Marché-Saint-Jean. Je puis encore faire attester par M. Maréchal qui le quatrième jour fut nommé gouverneur de Saint-Cloud, que je fus par lui chargé d’une mission importante auprès du général Lafayette et que je contribuai fortement à rétablir l’ordre dans le château de Saint-Cloud. Le cinquième jour, j’eus l’honneur d’être passé en revue par notre bon aimé roi et le général Lafayette. Je me serais ensuite rendu à Rambouillet si M. Foulquet, qui ne m’avait pas quitté dans toutes ces circonstances, n’eût pas eu les pieds tellement fatigués et dans un tel état qu’il ne pouvait pus marcher. Alors je restai avec lui ; depuis ma conduite, ma réputation et ma manière de voir ne peuvent, je le pense, m’empêcher d’avoir la décoration que le sieur Foulquet et autres signataires de ma première demande. » Le même Foulquer signa (du nom de Foulquer, Estève, caporal dans la 1re compagnie du 3e bataillon de la VIIe légion), le certificat suivant en faveur de Vandenbulcke, Pierre, Désiré, Joseph, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : arrondissement, certifions à qui il appartiendra que le sieur Vandenbulcke, Pierre, Désiré, Joseph, natif de Lille, département du Nord, demeurant maintenant à Paris, rue de la Corderie-du-Temple n° 1, actuellement voltigeur dans la VIIe légion, s’est conduit sous nos yeux avec une bravoure et une intrépidité très grandes dans les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet 1830 et surtout dans celle du 28 en ne quittant pas la place de Grève et principalement au moment où les gardes royaux arrivèrent sur la place par le pont de la Grève, susnommé depuis cette mémorable journée le pont d’Arcole. Voici les faits. A peine lesdits gardes royaux avaient-ils descendus les marches du pont qu’ils firent feu sur la multitude ; alors les sieurs Vandenbulcke s’écria Marchons en avant ! ce qu’il fit conjointement avec d’autres camarades et un tambour qui battit la charge. A la première décharge qu’il fit avec ses camarades, il eut la satisfaction de voir tomber l’officier des gardes royaux qui avait commandé de tirer sur le peuple dont la majeure partie était sans arme. Ce fut alors que l’action s’engagea et devint meurtrière par l’arrivée des deux pièces de canon qui firent sur nous plusieurs décharges à mitraille. Malgré le mal que nous éprouvâmes, nous nous battîmes à diverses reprises avec acharnement et jusqu’à ce que les deux pièces d’artillerie fussent tombées en notre pouvoir et après nous être exposés aux plus grands dangers. En foi de quoi, nous camarades et compagnons d’armes, avons signé le présent, reconnaissant l’exactitude de ce que ledit sieur Vanderbulcke rapporte ci-dessus. » Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Foulquier, Estève) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le nom de Foulquier, Estève) ; Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Vandenbulcke, Pierre, Désiré, Joseph. Il y a sans doute identité entre Foulquier, Estève et Foulquier, Jean, Marie, Maurice, puisque Foulquier, Estève est dans les journaux mais n’est pas dans Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, et que Foulquier, Jean, Marie, Maurice n’est pas dans les journaux et est dans Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales.