Fouquet, François, Noël
Biographie
Né le 24 nivôse an IV à Paris. Peintre en bâtiment. Blessé à la jambe gauche, veuf et père de deux enfants, il reçut un secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un total de deux cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il adressa au général Fabvier, président de la Commission des récompenses nationales, la lettre suivante : « C’est d’après les conseils de M. le maire du (ancien) IIe arrondissement que je viens vous exposer le précis de ma conduite dans les journées des 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830.
»Le mardi 27, étant à travailler rue Neuve-du-Luxembourg, je voyais par-dessus les murs de la Chancellerie les gendarmes affûter leurs sabres et charger leurs armes. Aussitôt j’allais prévenir les jeunes gens des écoles, qui s’étaient réunis aux cris de Vive la liberté ! devant la maison de M. Casimir Perier, afin que personne ne soit victime de la fureur qu’ils paraissaient exhaler contre les élèves. A 2 heures, j’ai essuyé une charge de gendarmes parce que je criai Vive la liberté ! avec ces mêmes jeunes gens. De 6 à 8 heures du soir, j’étais à travers les lanciers, les gardes royaux et deux pièces de canon qui étaient arrivées à la porte de l’hôtel Polignac, décidé que j’étais de mourir pour la liberté et par mon exemple stimuler les jeunes gens au point de s’emparer des pièces.
»Le 28 à 9 heures du matin, nous arrivâmes, trois cents hommes armés de bâtons, à la place Vendôme ; un bataillon du 5e de ligne s’était joint à nous. Nous fûmes encore chargés et repoussés par les gendarmes jusque dans la rue Basse-du-Rempart ; le bataillon du 5e de ligne est resté prisonnier à la place Vendôme. Le même jour de 11 heures du matin à 4 heures du soir, je travaillais à barricader le boulevard des Italiens jusqu’à ce que des compagnies de la garde royale vinssent nous faire cesser par des feux de peloton, qui nous ont tué ou blessé plusieurs de nos camarades. Dès ce moment, je revins dans mon quartier, où je me suis procuré un fusil et des cartouches. J’ai réuni plusieurs braves et nous nous sommes emparé du poste de la place Cadet. Le jour 28, à 8 heures du soir, j’étais dans le clos Saint-Lazare, comme chef de patrouille. Nous étions en tirailleur contre les gardes royaux qui battaient en retraite de la porte Saint-Denis ; après ce, nous sommes retournés au poste de la place Cadet, où je continuai mon service jusqu’au lendemain matin.
»Le jeudi 29, je quittai le poste à 10 heures du matin, je me rendis sur le boulevard des Italiens, où avait campé la garde qui m’avait chassé la veille ; j’étais alors muni d’un bon fusil et de bonnes cartouches, qui, Dieu merci, ont été employés à propos car, au coin de la rue de la Paix, moi et quelques braves nous leur avons tué et blessé beaucoup de monde, ce qui ne m’a pas empêché d’être blessé, à mon tour, à la jambe gauche ; malgré ma blessure, j’ai continué mon service en tirailleur, sans perdre un instant. Nous avançâmes à la baïonnette et nous fîmes consentir à des compagnies de la garde qu’ils ne feraient plus feu sur nous. N’ajoutant pas foi à leurs promesses, nous fîmes le capitaine prisonnier et conduit en sauvegarde chez M. Simon, marchand de papiers peints aux Bains chinois. Un instant après, nous avons reçu de la place Vendôme un parlementaire qui demandait une suspension de deux heures, laquelle fut refusée. Le capitaine d’état-major, envoyé en parlementaire, menacé de toutes parts d’une mort certaine, ne dut son salut qu’à moi seul, lui ayant fait un rempart de mon corps, jusqu’à ce qu’il ait rejoint les autres officiers de la garde. Cet officier se nomme M. Leroux, chef de bataillon au corps royal d’état-major.
»Persuadé que nos officiers prisonniers étaient en sûreté, je continuais mon service de tirailleur sur le boulevard. Arrivé derrière le jardin Polignac, je priais un capitaine du 53e de ligne, qui y était embusqué avec sa compagnie, de se retirer ou que j’allais faire feu sur lui. Il se retira aussitôt avec sa troupe. Le nom de ce capitaine est M. Féart. Après cette affaire, une estafette de gendarmerie rentrant dans l’hôtel a été assailli par nous de plusieurs coups de fusil et nous entrâmes de suite dans l’hôtel où nous avons fait dix-huit gendarmes prisonniers. Nous leur fîmes mettre bas les armes et, d’après la prière de M. Casimir Perier, nous leur avons sauvé la vie et leurs chevaux. J’employais le reste de la journée à faire quelques patrouilles dans mon quartier.
»Le 30, m’étant porté à la barrière de l’Etoile, je fis une sortie comme chef de patrouille qui allait en découverte et je restais toute la journée en tirailleur contre les lanciers, qui n’ont évacué le bois de Boulogne que dans la nuit du 30 au 31. Là, j’ai été commandé par des jeunes gens de l’Ecole polytechnique de porter à l’Hôtel de ville des nouvelles de ce qui se passait à l’avancée. Arrivé à la Ville, après avoir attendu des ordres, on m’ordonna de retourner à mon poste au bois de Boulogne à 1 heure du matin.
»Le 31 au matin, arrivé à mon poste, j’appris que les lanciers avaient évacué le bois. Je me dirigeais sur Neuilly pour marcher ensuite sur Saint-Cloud. Comme on le disait, arrivé à Puteaux, la garde royale était encore dans le village. Il fallait échanger quelques coups de fusil. Au bout de quelques heures, ils battirent en retraite et plusieurs soldats se rendirent à nous en disant que nous étions des braves.
»Un seul camarade et moi avons ramené onze gardes royaux et sept conscrits à Paris, conduits à l’Hôtel de ville et de là à la Bourse.
»Voilà, monsieur le général, ma conduite pendant les affaires de Juillet. Le 3 août, je fus me joindre à mes camarades et nous partîmes pour Rambouillet. » Sa lettre était accompagnée de plusieurs certificats (absents du dossier) signés par : Allemin, marchand de vins au coin de la rue Neuve-du-Luxembourg ; Moyot, demeurant rue Neuve-du-Luxembourg ; Chatin, demeurant rue Neuve-Saint-Georges ; Chaif, demeurant passage Saulnier ; Barbier, propriétaire, demeurant 32, rue Rochechouart ; Monterrat, propriétaire ; Lefevre, marchand épicier, demeurant 30, rue Rochechouart ; Carterot, coiffeur, demeurant rue Rochechouart ; Dion, marchand tripier, demeurant rue Rochechouart ; Bayer, concierge de Casimir Perier ; Royal, concierge de Polignac ; Petitbon, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant 30, rue Basse-du-Rempart ; Ferran, demeurant barrière Rochechouart ; Benard, Ch., au bois de Boulogne ; Thibaut, marchand épicier, route de Neuilly ; Martin, marchand de vins, traiteur ; Hugot, marchant de vins à Neuilly ; Goubert femme, marchand de vins à Puteaux ; Gaarrese, chef d’escadron, adjudant à la place de Paris. Le docteur Boucher-Dugua, Nicolas (voir ce nom) attesta qu’il lui avait donné ses soins pour un coup de mitraille reçu à la jambe gauche, le 29 juillet. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il était veuf et père de deux enfants en 1830. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, et sans doute un secours de cinquante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851, en 1852 et en 1853, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 18, rue Rochechouart en 1830-1831 ; 3, rue de la Fontaine aux Ternes en 1849-1853. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 68 (sous le nom de Fouquet, Noël) ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Fouquet, Noël) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 83, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852, idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853.