Fourmaux, Louis, Joseph
Biographie
Né le 5 germinal an XI (15 avril 1803) (mais le 5 germinal an V in Tableau général et alphabétique des pensions) à Paris. Sapeur-pompier de la Ville de Paris réformé en 1826 pour cause de blessures reçues pendant son service, machiniste en 1829, commis marchand en 1830. Il fut blessé, le 29 juillet vers 14 heures, rue de Rohan, pendant l’attaque des Tuileries, d’un coup de feu qui lui traversa l’épaule gauche. Il fut d’abord soigné à la pharmacie Colbert, 6, rue Neuve-des-Petits-Champs, puis par le docteur BO ??? demeurant 13, rue du Faubourg-Montmartre, qui s’était transporté dans la pharmacie ; le médecin incisa la plaie pour extraire la balle, qu’il suspendit, en guise de trophée et de décoration, enveloppé d’une toile, au cou de Fourmaux : « Ce brave, à peine pansé, avait repris ses armes et voulait retourner au combat. Mais exténué par la perte de son sang et la fatigue, nous l’avons supplié de se rendre au dépôt de la Bourse ou chez lui », ajouta le médecin dans un certificat qu’il lui délivra. Le commissaire de police du quartier Feydeau, Derorte, fournit le témoignage suivant au maire du (ancien) IIe arrondissement : « Le 29, vers quatre heures et demie du soir, je traversai la rue Feydeau, lorsqu’un marchand de vin dit à haute voix : Voilà le commissaire de police. Aussitôt un homme ivre, que je ne connais pas et que ne veux pas connaître, armant un pistolet, courut vers moi, m’aborda en me demandant si je venais pour l’arrêter. Le danger étant imminent, je conservai mon sang-froid ; je lui répondis mais M. Fourmaux, s’étant avancé quoique blessé, déclara qu’il me connaissait pour un honnête homme, me prit sous sa protection et m’accompagna ensuite afin de me préserver de toute insulte et de tous dangers. Je dois dire enfin que je lui offris à l’instant un secours, sous le titre d’avance ou de prêt afin de ne pas l’humilier, et qu’il ne voulut rien recevoir. Vous apprécierez, Monsieur le maire, la conduite de ce brave, que je connaissais d’ailleurs depuis longtemps puisqu’il avait été blessé à l’incendie du bazar Bouffer. » Des militaires du 53e de ligne témoignèrent : « Nous soussignés grenadiers au 53e régiment de ligne certifions que le 28 juillet 1830, le sieur Fourmaux s’est présenté au poste des diligences royales rue Notre-Dame-des-Victoires que nous occupions à cette époque, pour nous sommer au nom de la Charte et de la liberté, de rendre nos armes. D’abord nous hésitâmes, croyant bien faire. Cependant, après quelques moments où cette sommation nous fut faite nous vîmes revenir vers nous le même Fourmaux (Joseph) escorté d’un petit nombre de braves qui nous fit la même sommation. Enfin nous déposâmes les armes entre les mains de ce brave, qui nous protégea de tout son pouvoir et nous conduisit dans une maison particulière et très honnête pour nous préserver d’une effervescence qui aurait pu nous être fatale. » Ancien pompier. Gravement blessé, Il reçut (par erreur sous le nom de Fourneau, Louis, Joseph) un secours de quatre-vingts francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Le 14 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIe arrondissement, comparurent : Besse, Pierre (voir Hocquan dit Besse, Pierre), serrurier, demeurant 11, cour Saint-Guillaume dans l’impasse Coquenard ; Herambert, Eugène, François (voir Hérambert, Jacques, Eugène), serrurier en voitures, demeurant 52, rue Coquenard ; Fauchin, Jean (voir Fonchain, Jean), commis voyageur, demeurant 4, rue des Boucheries-Saint-Honoré. Ils attestèrent parfaitement connaître Fourmaux, Louis, Joseph et « savoir qu’il a été atteint à l’épaule gauche le jeudi 29 juillet 1830 à 2 heures de relevée rue de Rohan dans les combats qui ont eu lieu à cette mémorable époque, notamment que par suite des blessures qu’il a reçues ledit jour il sera longtemps à pouvoir faire usage du bras gauche ». Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de quatre cents francs. Il lui fut accordé, en tant que blessé de la 3e classe, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il comparut, le 14 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître L’Homme, Dominique, Marie, Alexandre et « savoir qu’il a été atteint d’une balle dans l’avant-bras gauche, d’une autre qui lui a traversé la cuisse et le testicule droits, le mercredi 28 juillet 1830 dans les combats qui ont eu lieu à cette mémorable époque, notamment que par suite des blessures qu’il a reçues ledit jour il a été transporté à l’ambulance des Pyramides et de là à la maison de convalescence de Saint-Cloud ». Il sollicita un emploi d’inspecteur des voitures de place et obtint une place d’inspecteur de sûreté aux appointements de mille deux cents francs par an. Il demeurait 19, rue Saint-Nicolas en 1829 ; 38, rue du Faubourg-Montmartre (par erreur 38, rue du Foin-Montparnasse en août 1830 sur les listes du Constitutionnel) en 1830 ; 5, rue Neuve-Saint-Augustin en avril 1831 puis 104, rue Montorgueil en juin de la même année ; 22, rue Feydeau en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 22 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 23 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Fourmeaux, Louis, Joseph) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le nom de Fourmeaux, Louis, Joseph) ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 57 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIIe classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 94 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/33 nominations à des emplois civils (1831) (sous le nom de Fourmeau, Louis, Joseph) et état des personnes désignées par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois dans l’administration (sous le nom de Fourmaux) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 (sous le nom de Fourmeaux, Louis, Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Fourmeaux) ; Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier L’Homme, Dominique, Marie, Alexandre ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIe arrondissement, blessés de 3e classe.