Fournier, Jean-Pierre
Biographie
Maître d’hôtel garni. Il tomba blessé d’un coup de feu reçu dans l’aine alors qu’il combattait le 29 juillet au coin de la rue Saint-Nicaise. Noilhan, Pierre (voir ce nom) qui combattait à ses côtés, le porta jusqu’au dernier guichet du Louvre, mais, bientôt forcé de s’éloigner à cause de la fusillade, se vit forcé de l’abandonner. Quand il revint, Fournier avait succombé à sa blessure. C’est lui qui alla, le soir même, annoncer à la veuve la nouvelle de la mort de son mari. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 21 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Kandapin, Auguste (voir ce nom), employé à l’Arsenal, demeurant 20, petite-rue du Bac ; Noilhan, Pierre (voir ce nom), bottier, demeurant 34, rue de la Huchette ; Rossignol, Jean-Antoine, tapissier (sic), demeurant 33, rue de Seine. Ils attestèrent que Fournier, Jean-Pierre avait été « tué en combattant le 29 juillet 1830 rue Saint-Nicaise ». Noilhan, Pierre (voir ce nom) signa, le 14 septembre 1830, le certificat suivant : « Je, soussigné, Pierre Noilhan, bottier, rue de la Huchette n° 34, déclare avoir vu le nommé Fournier, Jean-Pierre atteint d’une balle dans l’aine rue Saint-Nicaise et l’avoir aidé à transporter avec le nommé Kandapin au dernier guichet du Carrousel ; qu’il était prêt à rendre le dernier soupir et qu’après la bataille j’ai été le retrouver pour lui donner des secours. Je l’ai trouvé sans vie. » Kandapin, Auguste (voir ce nom) signa, le 14 septembre 1830, le certificat suivant : « Je soussigné que le nommé Auguste Kandapin, rue Contrescarpe n° 6, déclare avoir vu le nommé Fournier, Jean-Pierre percé d’une balle dans l’aine rue Saint-Nicaise et qu’il a aidé à transporté avec le nommé Noilhan (voir Noilhan, Pierre) dans le dernier guichet du Carrousel et qu’il était prêt à rendre le dernier soupir. » Le certificat suivant donnait des informations complémentaires sur les circonstances de son décès : « Nous, soussignés, Jean, Antoine Rossignol, marchand épicier (sic), rue de Seine n° 33 et Jean-Louis Tirel, employé dans la chimie, demeurant rue de Seine n° 18, déclarons et certifions que le 29 juillet présente année un particulier, que nous avons su depuis se nommer Pierre Noilhan (voir ce nom), bottier, rue de la Huchette n° 34, s’est présenté à la porte du sieur Jean-Pierre Fournier, logeur, rue de Seine n° 18, et demanda à parler à des voisins ; il était alors 8 heures du soir. Il nous annonça que ledit sieur Fournier était tombé presque à côté de lui, frappé d’un coup de fusil dans l’aine, au coin de la rue Saint-Nicaise, combattant ensemble et qu’il l’avait laissé comme mort ; que s’étant un peu éloigné de cet endroit meurtrier, il était revenu peu après à la même place et vit que ledit sieur Fournier respirait encore ; qu’il avait de suite aidé à le transporter sous le dernier guichet du nouveau Louvre avec le nommé Auguste Kandapin et un autre non connu de lui et qu’y étant retourné après la bataille pour lui porter des secours, il l’avait trouvé sans vie. Je déclare, moi Gilles, Nicolas Lepage que ce rapport m’a été fait par les susdits dénommés, seulement comme n’étant que blessé mais que le lendemain j’ai été instruit de la vérité par une femme et que je ne l’ai fait connaître à la veuve ma fille que plusieurs jours après. » Signé : Lepage, Gilles, Nicolas ; Rossignol, Jean, Antoine, marchand épicier (sic), demeurant 33, rue de Seine ; Tirel, Jean-Louis employé dans la chimie, demeurant 18, rue de Seine. Il laissait une veuve, Lepage, Rosalie, née le 4 prairial an II à Paris, qui reçut un secours de deux cents francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Elle fournit le certificat suivant : « Nous, soussignés, propriétaires et citoyens patentés domiciliés à Paris, quartier de la Monnaie, certifions que madame Rosalie Lepage, veuve Fournier, est dans une position digne d’inspirer le plus vif intérêt. Un modeste fonds d’hôtel garni, exploité par les époux Fournier, suffisait à leur existence ; mais depuis que le mari a été tué en combattant pour la liberté, la propriété de l’établissement retourne en grande partie à ses héritiers et sa veuve demeure sans aucuns moyens d’existence et chargée en outre de faire vivre son vieux père. De légers secours ont été donnés à madame Fournier mais il est urgent pour elle que ces secours soient renouvelés et qu’une pension soit accordée à cette veuve. » Signé, le 11 septembre 1830 : Bard, J., C., propriétaire de la maison 18, rue de Seine ; Chambard ; Rossignol ; Laforges ; Salpetier, « électeur constitutionnel », demeurant 24, rue de Seine ; Maumus. Elle fut pensionnée de cinq cents francs et reçut de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Ils n’avaient pas d’enfant. Il demeurait 18, rue de Seine (par erreur 18, rue de Sèvres sur les listes du Constitutionnel) ; sa veuve, toujours 18, rue de Seine en 1831. Le nom de Fournier (J.-P. Fournier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 87 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 108 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VD6 631 n° 1 in dossier Noilhan, Pierre ; Archives de Paris VD6 633 n° 1 in dossier Noilhan, Pierre ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/46 in dossier Bousquet de Rouveix, Elie ; Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, veuves ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.