Franque, Alfred
Biographie
Né le 4 juin 1805 à Arcis-sur-Aube (Aube). Avocat à la cour royale de Paris. La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « M. Le colonel Zimmer, chef provisoire de l’état-major de la garde nationale, s’est acquis des droits éternels à la reconnaissance de la nation. Il a été secondé dans toutes ses opérations par M. Franque, avocat à la cour royale de Paris, qui l’assistait en qualité de secrétaire général. » Avec, Barbet, Baude, Florion, Lambert, Marrast, Mamès, Manteau, Œuf La Loubière, Veyrassat et Vandemont, il forma à l’Hôtel de ville le bureau qui, sous les ordres du général Zimmer et du général Lafayette, réorganisa la garde nationale. Il adressa, le 10 août 1830, la lettre suivante au Journal des débats (et qu’on trouve aussi dans le Patriote, qui la fit paraître) : « La lettre suivante a été adressée à monsieur le rédacteur du Journal des débats : Monsieur le rédacteur, Je viens de lire dans votre numéro du 9 août une lettre de M. Caffin d’Orsigny, laquelle pourrait peut-être donner lieu à des erreurs ou à des injustices, qu’il importe de prévenir. Il est possible que M. Fessart, beau-frère de M. d’Orsigny, ait occupé l’Hôtel de ville dès le 28 juillet. C’est le 28 en effet, dans la nuit, que l’Hôtel de ville est tombé définitivement au pouvoir du peuple ; mais ce qui est certain, c’est que le lendemain 29, M. le colonel Zimmer entra de bonne heure à l’Hôtel de ville à la tête d’une foule de citoyens et de gardes nationaux ; or, dans ce moment, le Louvre et les Tuileries, et beaucoup d’autres postes non moins importants, appartenaient encore à nos ennemis. M. le colonel Zimmer n’eut donc pas seulement à braver des dangers évidents mais encore à introduire l’ordre partout où régnaient la plus épouvantable confusion, à expédier sur-le-champ plus de trois cents ordres sur des points divers ; enfin, à organier un service complet. Voilà ce que tout le monde sait de M. le colonel Zimmer, qui depuis, justement confirmé par le général Lafayette dans les fonctions de chef d’état-major de la garde nationale, n’a cessé de donner des marques d’un patriotisme, d’une activité et d’une modestie admirables. Ce que je dis je le sais, je l’ai vu. Veuillez, etc. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il délivra le certificat suivant en faveur de Boulay-Paty (voir ce nom) : « Je, soussigné, avocat à la cour royale de Paris et ex-secrétaire général du colonel Zimmer pendant la grande semaine, certifie que M. Boulay-Paty a déployé les 26, 27 et 28 juillet dernier le plus grand courage et le plus absolu dévouement à la chose publique. Le lundi, M. Boulay-Paty fut du petit nombre de ceux qui dans le jardin du Palais-Royal firent éclater les transports de leur indignation à la lecture des ordonnances et employèrent tous les moyens pour exciter le peuple à la révolte. Le mardi, M. Boulay-Paty était avec moi et quelques autres jeunes gens chez M. Casimir Perier, auquel nous exposâmes l’horrible situation de Paris, en insistant avec force sur la nécessité de placer immédiatement à la tête du peuple des chefs intrépides et en déclarant que nous étions décidés à verser notre sang pour la cause de la liberté. Le mercredi, M. Boulay-Paty a fait ce qu’ont fait les plus courageux citoyens. Je l’ai vu plusieurs fois au milieu des plus imminents dangers. Etonné que ce jeune et ferme patriote n’eût adressé aucune demande à la Commission des récompenses nationales et connaissant mieux que personne ses nombreux titres à la reconnaissance publique, je lui ai délivré le présent certificat pour servir ce que de droit. » Il signa un certificat en faveur de Baudry, Auguste, Pierre quand ce dernier tenta de faire revaloir ses droits, qui avaient été oubliés, auprès de la Commission des récompenses nationales (il devait être à l’état-major près du général Zimmer). Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, reçut sa croix et son brevet le 5 juillet 1839 à la mairie du IVe arrondissement. Il demeurait 8 bis, rue Taitbout en 1830 ; 26, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois en 1831. Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 370 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Frangne, Alfred) ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Boulay-Paty, Evariste, Félix, Cyprien ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Œuf La Loubière ; Archives nationales F/1dIII/94 in dossier Masson, Jean ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Baudry, Auguste, Pierre. On lira sans doute avec intérêt un ouvrage intitulé Consultation pour le sieur Delente, crieur public, Franque, Alfred, imprimerie Setier, 1834, 4 p.