Frary, David, Jules
Biographie
Ancien militaire ayant servi plus de sept années en Espagne et en Italie. Il fut blessé, le 28 juillet dans la rue de Rohan. Il se battit ensuite en Belgique et eut la jambe fracassée au siège d’Ausbourg (ou Aosbourg. ??). Il mourut le 15 novembre 1830 des suites de l’amputation. « Les journaux de l’époque ont rapporté avec un douloureux intérêt sa blessure et sa mort, comme celle d’un bon et brave officier. Il était lieutenant commandant les volontaires de Roubaix. » Il laissait une fille, Pulchérie Frary, née vers 1820, déjà orpheline de sa mère alors qu’elle était toute petite, et dont la grand-mère (sans doute Perrit veuve Maison, demeurant 84, rue du Faubourg-Saint-Martin) demanda qu’elle fût placée dans une institution afin de recevoir une bonne instruction ; cette demande était apostillée d’Audry de Puyraveau. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. La Commission des récompenses nationales envoya une recommandation à la commission belge « qui ne peut repousser des droits si légitimement acquis. Nous devons espérer que le gouvernement belge par une généreuse réciprocité cherchera à acquitter la dette qu’il a contractée envers le gouvernement français, qui n’a point balancé à pensionner les veuves, orphelins et ascendants belges dont les époux, les frères et les fils avaient pris les armes lors de notre glorieuse révolution ». Elle reçut (sous le nom de Frary-David, Pulchéry), à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En date du 26 mai 1831, on trouve cette lettre écrite à M. de Saint-Firmin, membre de la Commission des récompenses nationales par Pulchérie, depuis le Bourget, ville où elle avait été recueillie par sa grand-mère : « Lorsque j’eus l’honneur de vous voir lundi 23 du courant, que vous confirmâtes à moi et à ma grand-mère que je n’avais aucun espoir d’obtenir une gratification sur les récompenses qui ont été allouées aux combattants de Juillet, dont mon pauvre père a fait partie et qui a dépensé plus de trois cents francs ce jour-là pour soulager les malheureux en allant à Rambouillet, nous avons été tellement saisies, ma grand-mère et moi, d’entendre prononcer notre arrêt d’après les espérances que l’on nous avait données qui ont été si malheureux pour nous (sic) que nous n’avons pas songé à vous redemander mes papiers, que sont l’extrait de mort de mon père et celui de ma mère et mon acte de naissance. Je vous prie, monsieur, d’avoir la bonté de faire remettre le tout chez votre concierge, car il nous serait trop pénible d’aller attendre sur les marches de votre escalier avec tous les chiffonniers de Paris, comme le jour où nous avons eu un si beau résultat de cette affaire. Nous nous souviendrons toute notre vie d’être restées sur nos jambes depuis 2 heures jusqu’à 4 heures et demie. Je constate pourtant bien que j’aurais reçu de quoi aller en pension une couple d’années afin de me mettre à même d’apprendre à travailler. Ça a été un grand malheur pour moi que M. Audry de Puyraveau, le plus digne des hommes, ait été absent. Il connaît ma position et il aurait employé tous ses moyens pour m’être utile. Suis-je malheureuse orpheline à onze ans et n’avoir aucun espoir que d’être à charge à ma pauvre grand-mère, qui végète depuis nombre d’années et qui est à charge de la famille de son mari. Elle est obligée de partager avec moi le peu qu’elle a. Prenez en considération ma position. J’ai l’honneur, etc. » Pulchérie fut pensionnée par le gouvernement belge. En 1838, un subside de trois cents francs lui fut accordé par le roi des Belges, Léopold Ier, comme orpheline d’un citoyen mort des suites des blessures qu’il avait reçue en combattant pour la cause de l’indépendance nationale. Pulchérie Frary demeurait chez sa grand-mère, Mme veuve Perrot illisible, au Bourget près de Paris en 1831-1838. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 91 ; Archives de Paris VK3 50 (classé à Pulchérie, Frary, David) ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, cas exceptionnels ; Recueil des lois et décrets de la Belgique, tome cinquième, Bruxelles, chez Remy, 1832, annexe n° 3 à l’arrêté du 7 mai 1832, province de la Flandre occidentale, premier état supplémentaire des pensions accordées p. 287 ; Pasinomie ou collection complète des lois, décrets, arrêtés et règlements généraux qui peuvent être invoqués en Belgique, troisième partie, arrêté 1231 du 6 juin 1838, Delebecque, Bruxelles, Société typographique belge, 1838, p. 515.