Fréchon, Hippolyte, Jean
Biographie
Né le 22 août 1798 (mais le 22 août 1796 in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens qui ont mérité la croix, liste qui est corrigée à la main) à Dunkerque (Nord). Commis négociant (ancien marin in Archives de Paris VD6 172 n° 6). Il fut blessé de deux coups de feu reçus à l’épaule et à l’avant-bras pendant la prise des Tuileries, mais qui n’occasionnèrent qu’une faible contusion pour l’un et la brûlure de la peau pour l’autre, selon un certificat médical délivré par le docteur Delanglard, Marie, Edouard (voir ce nom). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit à la fois par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement et par celle de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (par erreur sous le nom de Fréchot, Hippolyte, Jean sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Bulletin des lois et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut (sous le nom de Frechon, Hippolyte), à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Au moment de décerner les décorations, une contestation s’engagea entre certains décorés de Juillet et l’administration ; celle-ci en effet imposa une prestation de serment de fidélité au roi, à la charte et aux lois, qui n’avait pas été prévue initialement. Certains décorés protestèrent contre une telle mesure, plusieurs refusèrent d’aller retirer la décoration, d’autres au contraire la soutinrent. Parmi eux, Fréchon, qui signa la Déclaration des citoyens du (ancien) Ier arrondissement, désignés pour la décoration de Juillet, en date du 12 mai 1831 et rédigée comme suit : « Le serment exigé par l’ordonnance du 30 avril dernier est devenu l’objet d’une polémique affligeante, dont le résultat a été de faire naître des doutes pénibles sur les véritables intentions des braves désignés pour la décoration de Juillet. Etre fidèle au roi des Français, garder obéissance à la charte sont des obligations communes à tous les citoyens, s’en affranchir serait un crime : telle est l’opinion des soussignés, qui considèrent comme un devoir de faire la déclaration suivante. L’amour de la patrie, le besoin de résister à l’oppression nous a spontanément fait prendre les armes, ainsi qu’à une foule de généreux citoyens, qui sans illisible et sans s’être concertés ont tous concouru au même but pendant les trois mémorables journées de Juillet. La hache du bourreau nous menaçait tous également ; si nous eussions succombé, elle se fut appesantie sur nos têtes, il fallait vaincre ou mourir. La cause sacrée de la patrie a triomphé mais en plein jour, au brûlant soleil de Juillet, sans avoir jamais conspiré dans l’ombre. Charles X et ses ministres ont été les seuls conspirateurs. Le roi citoyen veut aujourd’hui nous remettre lui-même le signe d’honneur que la nation nous a décerné comme récompense nationale. Nous le recevrons avec reconnaissance des mains royales du chef de l’Etat et nous lui prêterons serment ainsi qu’à la charte. Mais nous ne voudrions pas porter cette honorable décoration si elle devait jamais être considérée comme un signe de ralliement contre l’ordre constitutionnel. Les combattants de Juillet veulent avant tout l’ordre, la paix publique, la liberté et non la licence, la prospérité de la France et la consolidation de toutes nos institutions nationales. Ils se font gloire d’être la légion sacrée de notre jeune royauté et ils en seront toujours les premiers défenseurs parce qu’ils sont convaincus qu’en France maintenant le roi ne veut que ce que veut la loi et que la charte jurée ne cessera jamais d’être une vérité. » (La liste des décorés de la Croix de Juillet du [ancien] Ier arrondissement qui la signèrent était composée de : Godey, Jean-Baptiste ; Truck, Charles, Ferdinand ; Magistel, Antoine, Jean, Louis, Nicolas, Etienne ; Lecocq, Louis, Octave, Amédée ; Guimbal, Guillaume ; Montdidier, François ; Gavier, Louis, Charles ; Boyé, Henri ; Fréchon, Hippolyte, Jean ; Moiton, Alexis ; Blandin, Joseph ; Girard, Jean, Narcisse ; Danse, Charles, Olivier ; Balmet, René ; Lepagnol, Charles, Théodore ; Micheau, George, François ; Poutrait, François, Claude ; Tissandier, Joseph ; Bottet, François, Alexandre ; Viger, Henri, François, Paul ; Bador, Jean, Antoine ; Mocquant, François, Joseph ; Destains, Victor ; Fillias, Pierre, François). Il fut aussi l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » Il prêta (bien sous son nom de Fréchon, Hippolyte, Jean) son serment de décoré de Juillet, en mai 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 21 juin 1831, et son brevet le 19 août de la même année A l’occasion d’une distribution de gratifications, en 1831, pour l’anniversaire des journées de Juillet, il fut suspecté d’avoir touché cinquante francs comme blessé, décoré, à la mairie du Ier arrondissement, puis d’avoir tenté de toucher les vingt-cinq francs accordés aux médaillés du IIe arrondissement. Selon l’administration, « sa faute consiste donc à avoir reçu la croix dans un arrondissement et la médaille dans l’autre et à avoir tenté de recevoir deux indemnités, dont l’une était exclusive de l’autre ». Le parquet du tribunal de première instance de la Seine l’ayant interrogé, « Fréchon a répondu qu’il loge depuis 1829 dans la rue du Mont-Blanc, qui est du Ier arrondissement et qu’ainsi il était sans intérêt à se dire de la rue de Miromesnil pour se présenter à la municipalité de ce même arrondissement. » Suite à une plainte adressée par la Commission des récompenses nationales au procureur,, il fut reconnu non coupable. Pour toucher le solde des cent vingt francs accordés par la Commission de la souscription nationale, il donna procuration à Cailliez, Henri, Marie, employé à l’hôtel Meurice, demeurant 323, rue Saint-Honoré ; les témoins de cette procuration, faite devant notaire, étaient Cocerant, Jean-Baptiste, employé à l’hôtel Meurice, demeurant 323, rue Saint-Honoré, et Thenrail, Louis, Edme, fruitier, demeurant 321, rue Saint-Honoré. En 1831, à l’occasion du premier anniversaire des journées de Juillet, il reçut de la Commission de souscription nationale, en tant que blessé et décoré, une indemnité de cinquante francs et un habillement. Il demeurait 16, rue du Mont-Blanc ou 16, rue de la Chaussée-d’Antin en 1829-1831 ; 59, rue de la Chaussée-d’Antin en 1831 in Archives de Paris VI1 1, sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 3, in Archives de Paris VK3 25, et in Archives de Paris VD6 92 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 et surtout dans son dossier in Archives de Paris VK3 44 et enfin dans le registre qu’il signe in Archives de Paris VK3 27 et aussi dans le registre qu’il signe in Archives de Paris VK3 24, aussi in Archives de Paris VK3 28 ; mais 9, rue de Miromesnil in Archives de Paris VK3 18, dans le registre qu’il signe ; 59, rue du Mont-Blanc in Archives de Paris VK3 28 dans la procuration devant notaire) ; 59, rue du Mont-Blanc en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; 59, rue du Mont-Blanc en 1849. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 66 (sous le nom de Frechon, Hippolyte) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 92, liste des décorations du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Fréchot, Hippolyte) ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 10 ; Archives de Paris VK3 18, Bordereau nominatif des combattants de Juillet qui ont reçu à la mairie du (ancien) Ier arrondissement sur les fonds de la souscription nationale, le paiement des 120 francs accordés par ladite souscription, idem (ancien) Ier arrondissement, Ville de Paris, liste des individus blessés, décorés ou médaillés auxquels l’indemnité et l’habillement ou l’indemnité seulement ont été accordés (sous le nom de Fréchot, Hippolyte) ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet (il signe bien le registre sous son nom de Frechon, sans accent) ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Fréchon, Hippolyte, Jean) ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment (il signe bien deux fois le registre sous son nom de Fréchon) ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem Souscription nationale, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe ; Archives de Paris VK3 44 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Fréchon, Hippolyte, Jean ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Fauchon, Hippolyte) ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72 (sous le nom de Fréchot, Hippolyte, Jean).