Fretigny, Romain

Biographie


Ancien militaire, décoré de la Légion d’honneur, devenu marinier. Le 27 janvier 1830, au pont de Sèvres (commune de Boulogne), son bateau fut jeté sur la berge par la débâcle et rompu en plusieurs endroits. La perte de son bateau le privait de sa seule ressource pour subvenir aux besoins de sa famille et d’une mère aveugle. Il sollicita un secours auprès du roi, « au consolateur des malheureux, dans l’espérance qu’elle [Sa Majesté, N.D.A.] daignerait lui accorder un secours et si sa prière était parvenue jusqu’au trône il est bien certain que le descendant de saint Louis aurait adouci les peines d’un dévoué sujet, qui ne cesse d’adresser des vœux au ciel pour la conservation de ses précieux jours ». Le préfet de la Seine fit le rapport suivant au ministre de l’Intérieur, tout en recommandant que fût accordé un secours de mille francs en la faveur de Frétigny : « […] Il résulte des renseignements recueillis […] que malgré toutes les précautions prises par le sieur Frétigny pour préserver son bateau des accidents de la débâcle, ce bateau, lancé sur le rivage par la force des glaces, a été entièrement détruit et que le dommage occasionné par cet événement, modérément évalué, peut être porté à une somme de six à sept mille francs. […] Toute la fortune du sieur Frétigny consistait dans le bateau qu’il vient de perdre, qu’il est père de famille et qu’il a en outre à sa charge sa mère aveugle et qu’enfin cette perte lui ôtant les moyen de continuer son exploitation le met dans la position la plus embarrassante. M. le sous-préfet, d’accord avec le maire, recommande donc le pétitionnaire à l’intérêt de l’administration, dont il le croit digne sous tous les rapports. » Le 15 mai 1830, il reçut un secours de trois cent cinquante francs. Il combattit en juillet 1830. Il tenta de faire valoir ses droits, sans doute auprès de la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement mais infructueusement puisque ses pièces furent perdues. Il déposa un dossier devant la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il fit parvenir la copie du certificat suivant : « Je, soussigné, Nicolas, Victorin Lelièvre, avocat, certifie que M. Cauzet-Demarest (voir ce nom) et Frétigny, Romain, chevalier de la Légion d’honneur, se trouvèrent avec moi à la prise des Tuileries, que, de là, nous les retrouvâmes à l’action meurtrière, rue de Rohan et rue Saint-Honoré, qu’ils nous ont aidés dans le pansement et le transport de nos blessés et qu’il est à notre connaissance qu’ils ont donné des preuves constantes d’intrépidité et de bravoure. » Signé, le 3 août 1830 : Lelièvre, Nicolas, Victorin (voir ce nom), avocat, demeurant 49, rue de la Grande-Truanderie. Il demeurait à Vitré (Eure) en 1831 mais faisait adresser son courrier au 8, rue du Port-Mahon chez son beau-frère, Cauzet-Demarest (voir Cauzet Demarest, Joseph) en 1830. Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 11 octobre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/88 ; Archives nationales F/15/3220. Son dossier à la Légion d’honneur semble être confondu avec celui de Fretigny, Nicolas.

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