Fritz, Philippe

Biographie


Né le 18 août 1799 à Nidervetterez (Bas-Rhin). Ouvrier ébéniste. Combattant, il fut blessé assez légèrement d’un coup de sabre reçu à la main gauche. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il s’embarqua peu de temps après pour Alger. Il reçut cent vingt francs en novembre 1831. En 1832, Il sollicita l’indemnité distribuée aux autres décorés et que, absent de Paris, il n’avait pu toucher. En 1833, père de famille et dans une position malheureuse il sollicita des secours. Le préfet de la Seine émit sur lui de bons renseignements : « […] Pauvre ouvrier, père de famille, sans autres ressources que le produit de son travail. » Il toucha un secours de cent francs. En 1834, il sollicita de nouveau des secours. Il participa à l’émeute du 13 avril 1834 et fut blessé d’un coup de baïonnette au cœur, rue Transnonain. Transporté à l’hôpital Saint-Louis, il y mourut le 14 avril 1834 des suites de sa blessure. Comme les circonstances de sa blessure, intéressèrent les médecins, on trouve dans Encyclographie de sciences médicales, publiée sous la direction d’une société de médecins, tomme 10e, 3e série, Archives générales de médecine, Bruxelles, octobre 1839, p. 137, la relation suivante concernant son décès : « Le nommé Fritz (Philippe), âgé de trente-trois ans, ébéniste, fut apporté à l'hôpital Saint-Louis le 14 avril 1834. à dix heures et demie du matin, pour y être traité d'une plaie produite par un coup de baïonnette, qui avait pénétré dans le côté gauche de la poitrine, au niveau du cartilage de la quatrième côte. Le malade éprouvait une douleur vive, mais superficielle, dans la région précordiale, une dyspnée et une anxiété très intenses. Il existait un grand trouble dans les battements du cœur, et je perçus, en appliquant l'oreille sur la poitrine, un bruit tout particulier, que l'on peut comparer à la sensation que donne le passage du sang d'une artère dans une veine. Malgré une forte application de sangsues et une abondante saignée, le malade succomba vers les onze heures du soir. A l’autopsie, faite vingt-quatre heures après la mort, je trouvai le quatrième cartilage costal coupé à quelques lignes de son insertion à la côte ; le péricarde ouvert dans l'étendue de trois ou quatre lignes à sa partie antérieure et inférieure ; le tissu cellulaire environnant infiltré de sang ; un caillot volumineux dans le péricarde ; au sommet du cœur une plaie de deux à trois lignes d'étendue qui intéressait la paroi du ventricule droit, et enfin dans la cavité pleurale correspondante une collection de sang encore fluide. » Il laissait deux filles Virginie, Elisabeth née le 6 septembre 1825 à Paris, et Eugénie née le 1er mai 1827 à Paris, déjà orphelines de leur mère depuis quelque temps. En 1848, les deux filles, alors ouvrières, rappelèrent à la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février que laissées orphelines par l’émeute de 1834, elles « se trouvèrent à la merci du public et sans la bienfaisance de certaines personnes de bien qui vinrent à leur secours elles n’auraient pu exister, l’aînée n’ayant que huit ans » et sollicitèrent une indemnité « que leur malheureux père a gagné au prix de tout son sang » Elles joignaient à leur demande trois certificats. Le premier, de leur oncle, Fritz, qui attestait que Fritz était mort, le 14 avril à l’hôpital Saint-Louis, des suites des blessures qu’il avait reçues dans la rue Transnonain dans la nuit du 13 au 14 avril 1834. Le deuxième, rédigé par Marriotte, ébéniste et logeur, demeurant 195, rue Saint-Antoine : « J’atteste et certifie que le nommé Fritz, Philippe a été tué dans la rue Transnonain, en défendant la cause de la république, dont j’ai eu le bonheur de sauver le frère car ils étaient trois à combattre et l’un des trois a échappé à la fureur de la dynastie en se retirant chez moi dont nous n’étions sûrs ni l’un ni l’autre et je le fis partir à Versailles ; enfin nous échappâmes je le jure et le certifie en loyal républicain dévoué. » Le troisième : « Je certifie que le nommé Philippe Fritz est décédé le 14 avril 1834 par la suite des blessures reçues le 13 avril 1834 à la barricade de la rue Transnonain. » Signé, le 5 avril 1848 : Rebslaek illisible, demeurant 9, rue Saint-Nicolas dans le faubourg Saint-Antoine. La Commission demanda pour les deux filles de Fritz deux places à la Manufacture des tabacs. Fritz demeurait 1, place des Italiens (4, place des Italiens in Archives nationales F/1dIII/39) (mais 12, rue Regratière in Archives de Paris VD3 1-2) en 1831 ; 25, rue Saint-Nicolas dans le faubourg Saint-Antoine puis 65, rue de Charenton en 1832 ; 76 puis 95 même rue en 1833 ; les deux filles, 2, rue Royale-Saint-Martin, par conséquent sans doute chez leur oncle Frtiz en 1848. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 79 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 1re classe, non classés par le jury médical, avec une indemnité de cent vingt francs) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossiers Jeandry et Jeangirard ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Voisin, J., B. ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Fritz, Philippe. Consulter Cour des pairs, procès politiques tome II à consulter… plusieurs fois dont au moins p. 113.

Frœlicher.

Il reçut un secours de dix francs sur la souscription ouverte en faveur des blessés recueillis dans l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré. Ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, et souscription pour les blessés de la journée du 29 juillet. Rapport du secrétaire, présenté à la commission de l’ambulance et soumis à l’autorité municipale, imprimerie de Sétier, s.d., p. 13. Voir sans doute Froelicher, Jean, Joseph ?

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