Frölich, Jean-Jacques

Biographie


Né vers 1784 à Cosswiller (Bas-Rhin). « Mécanicien habile en bois et en fer et fabricant de voitures rue Neuve-de-la-Ferme-des-Mathurins ». Le 2 août 1830, il fit une demande pour être admis comme ouvrier dans l’expédition de Sainte-Hélène. Cette demande était ainsi rédigée : « A l’honneur d’exposer à la Commission qu’il a été un des premiers à fermer ses ateliers à se mettre à la tête de ses ouvriers, à qu’il distribua des armes et avec qui il combattit pour le maintien des lois dans les journées mémorables des 28 et 29 juillet. Qu’après avoir chassé les Suisses du Louvre et des Tuileries, il fut de ceux qui les poursuivirent hors Paris par les Champs-Elysées jusqu’à la porte Maillot, où la troupe de braves dont il faisait partie plaça le drapeau sur la grille du bois de Boulogne et s’établit en bivouac pour garder cette position. La nuit du 30 au 31, il se détacha du poste important de la barrière de l’Etoile pour faire patrouille. Arrivé sur le boulevard de la Madeleine, il aperçut un brancard. Que portez-vous là ? dit-il M. Benjamin Constant, que son extrême fatigue empêche de pouvoir marcher. Je connais cet honorable député. Déposez-le devant le poste de la Madeleine que je m’assure bien si c’est lui. Alors il découvrit, le reconnut et s’offrit de suite pour servir d’escorte à ce digne député et pour défaire les barricades qui se trouvaient sur son passage. Il le reconduisit ainsi jusqu’à son domicile où ils arrivèrent à 1 heure du matin. Le 3 août, il vola à Rambouillet avec ses compagnons de victoire ; il passa ainsi cinq jours et cinq nuits sans quitter ses armes et ne les déposa que quand le triomphe de la cause sacrée fut assuré. En servant ainsi sa patrie, il croit n’avoir accompli qu’un devoir et se trouve assez payé de son dévouement par les fruits qu’il recueille avec toute la France du règne des lois et de la liberté. Cependant il apprend qu’une expédition se prépare pour aller à Sainte-Hélène recueillir les cendres d’un héros qui appartient à la France. Chef d’un nombreux atelier depuis quinze ans et lui-même habile ouvrier en tous genres puisque sa partie de constructeur de voitures réunit l’art du forgeron à celui de charron et menuisier, il demande la faveur de faire partie de cette expédition, comme ouvrier et comme représentant la population industrieuse du département du Bas-Rhin. Il ajoute que c’est lui qui a fait les trois tilburys mécaniques nautiques qui parurent l’année dernière sur le canal de La Villette et sur les fossés de la Bastille, ainsi que la machine mécanique à marcher sur l’eau. Il croit que ses connaissances pourraient être utiles dans l’expédition de Sainte-Hélène. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il signa, le 5 août 1830, le certificat suivant en faveur de Legros, Philippe : « Je certifie que Philippe Legros a monté la garde avec moi à la barrière de l’Etoile le 30 juillet. » Il demeurait 34, rue Neuve-de-la-Ferme-des-Mathurins en 1815-1830. Archives de Paris VK3 10 in dossier Legros, Philippe ; Archives de Paris VK3 44.

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