Froment, Félix, Joseph
Biographie
Né vers 1812. Imprimeur en taille douce. Il laissa le témoignage suivant sur les circonstances dans lesquelles Saint-Albin de Bonnecaze abattit un garde royal et lui-même fut blessé d’une balle à la cuisse : « Je soussigné, Félix, Joseph, Froment, imprimeur en taille douce, déclare et atteste que, le 28 juillet entre deux et trois heures de l’après-midi, je me trouvais au nombre de quelques autres dans la rue de Lancry, armé d’un fusil ; j’allais à la course chercher une embuscade à l’angle de celle Neuve-Saint-Nicolas, qui y aboutit, lorsque, tout à coup, une personne, qui s’acheminait de ce côté vers le boulevard, m’arracha brusquement mon arme des mains, coucha en joue un garde royal qui, quoique encore dans la rue de Bondy, me poursuivait, et l’abattit raide mort, me rendit mon fusil et fut se précipiter en toute hâte sur l’expirant, s’empara du sien, de quelques cartouches qui lui restaient dans sa giberne et, en continuant à faire feu sur les militaires qui se trouvaient sur les boulevards, il se dirigea du côté de la porte Saint-Martin. Environ une heure après, ayant été moi-même atteint d’une balle qui me cassa et traversa la cuisse droite, je fus transporté à l’hôpital Saint-Louis, salle Saint-Jean et placé dans le lit n° 12, que, le lendemain, un peu remis de mes premières douleurs, j’entrai en conversation avec mon plus proche voisin de droite, qui occupait le lit n° 13 ; je le reconnus de suite pour être la personne qui m’avait à l’improviste si brusquement désarmé et tué le garde royal dont il est question ci-dessous. » Il reçut un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours de trente francs, le 31 mai 1831, et un total de trois cent seize francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Froment mourut des suites de sa blessure le 11 décembre suivant. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 26 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Lanté, Marie, François, né vers 1784, peintre-vitrier, demeurant 76, rue de Bondy ; Goret, Nicolas, né vers 1775, charron-carrossier, demeurant 76, rue de Bondy ; Degaud, Michel ou Degand, Michel, né vers 1797, marchand de vins, demeurant 15, rue de Bondy ; Guillaume, Jean-Jacques, sellier, demeurant 13, rue de Bondy. Ils attestèrent qu’il était à leur parfaite connaissance que Froment, Félix, Joseph avait « combattu le 28 juillet 1830 rue de Bondy et qu’il y a été blessé à la cuisse droit d’un cop de feu ; qu’il a été transporté à l’hôpital Saint-Louis et qu’il est mort des suites de sa blessure le 11 décembre dernier ». Il laissait des parents, Froment, Jean-Baptiste, né le 26 mars 1786 à Paris, et Lenfant, Marie, Françoise, Antoinette, née le 6 mai 1790 à Condecourt. Le 8 avril 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Millanvois, Denis, forgeron, demeurant 8, rue des Fossés-Saint-Victor ; Bernard, Jean-Baptiste, coiffeur, demeurant 64, rue Saint-Victor ; Gagneux, Jean, ancien charpentier, demeurant 10, rue des Fossés-Saint-Victor. Ils attestèrent que Lenfant, Marie, Françoise, Antoinette femme Froment « ayant perdu son fils aîné dans les événements de Juillet, reste avec son mari dont le commerce peu lucratif est incapable de soutenir quatre enfants encore en bas âge ; qu’elle se trouve donc privée des ressources que son fils mort dans les journées de Juillet, lui procurait journellement du produit de son travail ; que d’ailleurs sa position peu aisée n’a pu devenir que plus malheureuse et plus à même de recevoir des secours presque indispensables pour faire supporter les charges d’une nombreuse famille et l’arracher aux horreurs de la misère ». Ils furent pensionnés de deux cents francs et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; ils sollicitèrent en récompense de la conduite de leur fils que leurs deux autres enfants, alors en bas âge, fussent élevés gratuitement dans un établissement d’instruction dirigé par le gouvernement. Le 24 juillet 1840, les restes de Froment furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Froment demeurait chez ses parents, (son père délivra un certificat de notoriété en faveur de Clément, Joseph, Nicolas, comme quoi il avait été blessé le 28 juillet, rue du Faubourg-Saint-Antoine) marchand de vins, 10, rue des Fossés-Saint-Victor ; ses parents, toujours 10, rue des Fossés-Saint-Victor en 1831. Le nom de Froment (F.-J. Froment) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 61 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 58 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 111 ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 (ascendants) ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (une liste de morts de cet arrondissement) ; Archives de Paris VK3 44 (avec l’adresse donnée par l’hôpital Saint-Louis du 83, rue Saint-Victor) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/45 in dossier Bonnecaze ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier, Clément, Joseph, Nicolas ; Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/75 in dossier Saint-Albin de Bonnecaze ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.