Führer, Martin (et par erreur Firer ou Sirhrer)
Biographie
Né le 19 septembre 1807 à Strasbourg (Bas-Rhin). Ouvrier imprimeur chez Poussin. Il fut blessé d’un coup de feu reçu dans la hanche alors que, le 28 juillet entre 11 heures et midi, il combattait, place du Châtelet à l’entrée de la rue Saint-Denis, contre les gardes royaux, en compagnie de Peter, Berckmann et Basin. Il fut transporté sur un brancard porté par quatre hommes, chez Poussin, imprimeur pour lequel il travaillait 9, rue de la Tabletterie ; il y reçut un premier pansement puis fut transporté à l’Hôtel-Dieu. Il mourut le 29 août (mais le 29 octobre in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II et in Archives de Paris VK3 31) des suites de sa blessure. Il fut enterré au cimetière du Père Lachaise, son convoi fut accompagné par plus de mille personnes et la garde nationale tira plusieurs salves de fusil, « pour honorer dignement sa mémoire ». Imprimeur. Sa veuve (sic et pourtant pas de trace ailleurs) reçut (sous le nom de Firel, Martin) un secours de cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement (mais [ancien] Xe arrondissement sur la couverture de son dossier in Archives nationales F/1dIII/55). Le 20 mai 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIe arrondissement, comparurent : Peter, Michel (voir ce nom), né à Strasbourg, imprimeur, demeurant 13, rue des Mathurins-Saint-Jacques ; Beckmann, Georges, Henry (voir ce nom), imprimeur, demeurant 13, rue des Mathurins-Saint-Jacques ; Basin, Jean, Antoine (voir ce nom), tenant un hôtel garni 13, rue des Mathurins-Saint-Jacques, chez lequel demeuraient Peter et Beckmann. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Führer, Martin « ami des deux premiers, imprimeur, lequel demeurait avec eux à Paris susdite rue des Mathurins-Saint-Jacques n° 13, chez ledit sieur Basin, et était né susdite ville de Strasbourg […] ; que le 28 juillet 1830, étant partis dans la matinée avec ledit sieur Martin Führer et s’étant rendus tout quatre place du Châtelet à l’entrée de la rue Saint-Denis, en se battant avec eux contre les gardes royaux, ledit sieur Führer a été mis hors de combat en recevant, entre 11 heures et midi un cou de feu dans l’aine. Ils l’ont vu transporter l’instant d’après sur un brancard par quatre hommes. Qu’ils savent très bien que ledit sieur Führer après avoir reçu sa blessure a de suite été transporté rue de la Tabletterie n° 9 chez M. Poussin, imprimeur chez lequel travaillait ledit Fûhrer, où il a reçu le premier pansement et qu’ensuite M. Poussin l’a fait transporter sur un brancard à l’Hôtel-Dieu par quatre de ses ouvriers, amis du blessé ». Il laissait des parents, les époux Führer, Jean, Daniel, né le 30 mars 1773 à Strasbourg (lui-même fils de Führer, Jean, Pierre et Verson, Marie, Barbe), ancien maréchal-ferrant, et Oesinger, Anne, née le 19 septembre 1774 à Eckbolsheim (Bas-Rhin) (elle-même fille de Oesinger, Laurent, cultivateur, et de Weltz, Catherine) qui tenaient un petit magasin de mercerie. Ils reçurent (sous le nom de Firrher) un secours de trois cents francs, le 3 juin 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (par l’intermédiaire du maire de Strasbourg). En date du 9 novembre 1830, le pasteur de l’église Sainte-Aurélie à Strasbourg, délivra un certificat pour attester que les parents étaient au nombre de ses paroissiens et que le père « ci-devant maréchal ferrant, se trouve depuis plusieurs années hors d’état de continuer ses travaux, par la perte de ses forces pphysiques ; que son frère aîné [de Führer, Martin, N.DA.] est attaqué de la phtisie et dans le moment sans espoir de guérison ; qu’enfin sa mère, Anne née Oesigner, a établi un petit magasin de mercerie aux fins de procurer à la famille, comprenant encore deux filles, la subsistance nécessaire ». Le maire de la ville de Strasbourg confirma les précisions données par le pasteur. Les parents furent pensionnés de deux cents francs et reçurent (sous les noms de Führer, Jean, Daniel, et Assinger, Anne et sous celui de Sirhrer, Jean, Daniel) de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rente perpétuelle de cinquante francs, et sans doute aussi une indemnité définitive puis que leur nom apparaît dans la liste nominative du XIe arrondissement des blessés de la Ire classe au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance. Les parents s’étaient mariés le 26 pluviôse an XI à Strasbourg. Le 24 juillet 1840, ses restes de Führer (sous le nom de Firer, Martin in Archives de la préfecture de police AA 420) furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Führer, Martin demeurait 13, rue des Mathurins-Saint-Jacques chez Basin (dans de nombreuses sources 11, rue des Mathurins-Saint-Jacques mais semble-t-il par erreur) ; ses parents, 22, rue du Faubourg-Blanc à Strasbourg en 1830-1831. Le nom de Fuhrer (M. Fuhrer) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel (sous le nom de Firel, Martin) ; Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 238, 316 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 58 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIe arrondissement, p. 110, liste nominative du XIe arrondissement des blessés de la Ire classe au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 117, liste nominative du XIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 120, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (cité deux fois, sous les nom de Firer et de Furher) ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, ascendants, rentes perpétuelles ; Archives de Paris VK3 11 ; Archives de Paris VK3 19, Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, état nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine (sous le nom de Firrher), idem Souscription nationale, état des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, appartenant aux blessés, veuves ou ascendants et qui n’ont point été réclamés ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état des personnes domiciliés dans le premier arrondissement tuées ou mortes des suites de blessure ; Archives de Paris VK3 30, état des habitants du (ancien) XIe arrondissement de Paris qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 31, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de combattants tués en juillet 1830 (ancien) XIe arrondissement (ascendants) ; Archives de Paris VK3 32, (ancien) XIe arrondissement, citoyens dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon et dont l’acte de notoriété constate la mort dans les combats ; Archives de Paris VK3 55 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et ascendants, état rectifié ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/76 (sous le nom de Sirhrer) ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIe arrondissement, ascendants et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) XIe arrondissement, ascendants et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Sirhrer, Jean, Daniel) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.