Gagneur, François, Joseph, Frédéric

Biographie


Né le 8 avril 1809 à Poligny (Jura). Elève de l’Ecole polytechnique. Selon le rapport que fit Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), autre élève de la même Ecole et choisi pour établir les droits de chacun des élèves à une récompense honorifique, en fonction de la part prise aux combats de Juillet, et cette part prise en uniforme ou en habits bourgeois, il était du nombre de ceux dont Lannoy disait qu’ils « ont combattu en uniforme dans les journées de Juillet et me paraissent avoir mérité la décoration spéciale ». Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Dans la séance du 9 avril 1831 du jury de la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement, quatre élèves de l’Ecole, Baduel (voir Baduel, Louis, Henri), Gavaret (voir Gavaret, Louis, Dominique, Jules), Solignac (voir Solignac, Napoléon, Marie, André, Alexandre) et Bosquet (voir Bosquet, Pierre, Joseph, François) affirmèrent sur l’honneur qu’il avait combattu en uniforme de l’Ecole, le 29 juillet ; le registre des délibérations du jury contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « S’est distingué à Babylone. Appartient à une famille d’une opinion opposée. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut, par ordonnance royale, en date du 22 novembre 1831, admis dans l’artillerie de terre, en qualité d’élève sous-lieutenant à l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie à Metz. Nous empruntons au Comité des travaux historiques et scientifiques de l’Ecole nationale des Chartes la notice biographique qui lui est consacrée : « Polytechnicien, général de brigade. Fils de François-Marie Gagneur, notable fortement enrichi par l’acquisition de biens nationaux, devenu député et conseiller général sous la Restauration, et de Charlotte de Patornay, il est le frère de Wladimir Gagneur. Frédéric Gagneur intègre à 19 ans Polytechnique, puis l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie de Metz. Il y est le condisciple de Victor Considérant, un compatriote jurassien devenu un ardent propagandiste des thèses fouriéristes, avec lequel son frère Wladimir sera ainsi mis en relation et gagné à cette doctrine. Frédéric Gagneur entame alors une brillante carrière militaire, sert en Algérie, participe à la guerre de Crimée, où il est gravement blessé, est nommé en 1860 commandant en second de l’école polytechnique. Bonapartiste convaincu, il est parallèlement élu en 1861 conseiller général du canton de Sellières, mandat qu’il conservera jusqu’en 1871. C’est dans cette période qu’il adhère à la Société d’émulation du Jura comme membre résidant dans le département, bien qu’habitant en fait Paris. Commandant l’artillerie à Strasbourg lors de la guerre de 1870, il est fait prisonnier. Libéré en 1871, il est versé dans la réserve. Il avait obtenu de pouvoir accoler à son patronyme celui de sa mère, devenant ainsi que sa descendance pour l’état-civil Gagneur de Patornay (décret du 18 juillet 1878 et jugement du tribunal d’Arbois du 28 août 1879). Décédé en 1880 à son domicile parisien rue de Seine. Commandeur de la Légion d’honneur en 1862. Société d’émulation du Jura, membre résidant (1863-1864). » Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 10 janvier 1841, officier le 8 octobre 1857, commandeur le 12 août 1862. Il mourut le 12 février 1880. Il demeurait à l’Ecole polytechnique en 1830-1831. Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusquau 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 211 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique, aussi une liste d’Elèves présents à lEcole et dont les titres ont été examinés, aussi le rapport de Lannoy et aussi deux feuillets séparés de décorés de la Croix de Juillet auprès du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 9 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 9 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Journal militaire officiel, n° 45 bis, année 1831, p. 249 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1052/40.

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