Gaix de Mansour Gondé, Jacob
Biographie
Né le 12 août 1783 au Caire (Egypte). Ancien officier des Mamelucks, admis aux mameloucks de la Garde en 1808, déserteur en 1809. On trouve dans l’ouvrage du Centre de recherches d’histoire et de philologie, L’Etat et sa police en France (1789-1914), les indications biographiques suivantes : « Quelques-uns de ces personnages (indicateurs de police, N.D.A) sortent cependant du commun et mériteraient d’être extraits de l’ombre où leur métier les a relégués. C’est le cas de Mansour dit Gaix de Mansour, né au Caire en 1782, qui déserta en 1809 du corps des Mamelouks, tout en continuant à percevoir la pension attribuée aux réfugiés égyptiens. Convaincu d’escroquerie, il est en 1816 déporté avec sa famille à l’île Sainte-Marguerite (en face de Cannes, N.D.A) qui fait office de pénitencier pour les anciens Mamelouks. Quelques mois plus tard, il obtient sa libération sous la condition d’entrer au service de la police secrète de Decazes. Elle l’envoie en Allemagne, sur les traces du Corse Santini, l’un des valets de chambre de Napoléon à Sainte-Hélène, dont les courses à travers l’Europe ne laissent pas d’inquiéter le gouvernement de Louis XVIII. Pour mieux gagner la confiance de son gibier, Mansour se fait passer pour un commandant à la demi-solde, s’affuble de la croix de la Légion d’honneur et se fait passer pour le neveu de l’archevêque grec d’Athènes. A l’occasion, il ne dédaigne pas d’escroquer quelques subsides à la duchesse douairière de Bade, née Stéphanie de Beauharnais, dont il a su éveiller la pitié. Mais son plus bel exploit fut de faire coffrer Santini par la police bavaroise, tout en réussissant à garder la confiance de sa victime. » Il participa à la révolution de Juillet et écrivait, le 12 novembre 1830, la lettre suivante au préfet de la Seine : « Permettez à un père de famille, victime du ministère déchu, de venir réclamer auprès d’un magistrat dont l’intégrité des mœurs et l’impartialité de son caractère me sont un sûr garant qu’il daigne m’entendre avec bonté et dont sa décision sera pour moi une barrière de respect et de reconnaissance.
»Je suis originaire du Caire ; naturalisé français, j’obtins en 1814 sur les fonds du ministère de la Guerre et après le licenciement du corps des Mamelucks de la garde impériale, une pension de 2.323 francs par an, que je reçus jusqu’au mois d’octobre 1816, époque où ne pouvant plus supporter les persécutions que me faisaient éprouver le duc de Feltre et le général des illisible, j’ai demandé et j’obtins un congé pour conduire mes deux filles dans un pensionnat à Milan.
»Après avoir pourvu à l’éducation de mes enfants, je passais de Livourne en Egypte, où je demeurais trois années.
»De retour en France et aussitôt arrivé à Paris, je réclamai le rétablissement de ma pension mais M. illisible m’a donné l’affligeante nouvelle que l’un de ses prédécesseurs m’avait rayé définitivement du contrôle des Egyptiens. Toutefois on me laissa entrevoir la possibilité d’être réintégré plus tard. C’est, soutenu par cet espoir jusqu’au 8 août 1829 auquel j’ai écrit à M. Polignac pour lui faire connaître que je connais et parle très facilement l’arabe et les différents idiomes tant à Alger qu’à Tunis, et que les usages de ces peuples me sont familiers. Ce sont ces considérations qui m’avaient fait penser que je pourrais être utile dans l’expédition qui devait avoir lieu contre les Algériens. Dans ce cas, je priais M. le premier ministre de ce temps de me mettre à l’épreuve, dont je serais heureux d’être à même de lui prouver ma reconnaissance et mon dévouement pour la cause sacrée de ma patrie d’adoption. Quelques jours après j’ai reçu ma nomination comme premier interprète de l’armée d’Afrique, avec un traitement de six mille francs par an.
»Mais trois jours seulement avant le départ pour Toulon, M. le général en chef Bourmont me fait prévenir que mes antécédents contre la famille royale, soit en France soit à Munich en Bavière vis-à-vis de M. le comte de Lagarde sont des motifs très graves pour que Sa Majesté ne m’admette pas dans ses armées.
»Privé de cet emploi, sans aucun espoir d’être rétabli dans ma pension, lorsque l’ordonnance du 26 juillet parut. Aussi, dès le lendemain 27, je me suis réuni à quelques citoyens pour repousser la force par la force dans la rue Saint-Honoré contre les lanciers. Le 28, j’ai rentré deux fois à l’Hôtel de ville et le 29 je fus aussi du nombre de ceux qui sont rentrés au Louvre ainsi qu’au château. De là, j’ai retourné à l’Hôtel de ville jusqu’au 5 août, époque à laquelle j’ai fait ma réclamation auprès de M. le comte Gerard, ministre de la Guerre pour le rétablissement de ma pension et les arrérages qui me sont légitimement dus. » Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Montandon, secrétaire du ministre des Finances, demeurant 19, rue d’Artois, lui délivra le certificat suivant : « Je certifie que je l’ai vu, dès le 28 juillet se réunir aux citoyens armés pour la défense de leurs droits et le maintien de l’ordre public et que dans les différentes courses que j’ai faites dans Paris pendant la journée du 29 M. Gaix de Mansour s’est plusieurs fois présenté à mes yeux. » Banès illisible, secrétaire de Delaborde, lui délivra le certificat suivant : « Je certifie que j’ai vu M. Gaix de Mansour le 28 juillet 1830 et qu’il était à l’Hôtel de ville à monter la garde le 29 lorsque M. le comte Alex Delaborde y est entré, comme préfet provisoire du département de la Seine. » Il reçut (sous le nom de Gaix Demanson) un total de deux cents francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut un secours de cinquante ou de cent francs en 1849, un secours de soixante-quinze francs en 1851 et deux secours de soixante-quinze francs en 1852, chaque fois à titre de décoré de la Croix de Juillet (??). Il demeurait 14, rue Neuve-Saint-Roch (mais 11, rue Neuve-Saint-Roch in Archives nationales F/1dIII/34) en 1830-1831 ; 77, bd du Montparnasse ou 177, rue de Vaugirard en 1849 ; 81, bd du Montparnasse en 1850-1852 ; 23, bd des Batignolles en 1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 68 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 3 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIe arrondissement, blessés de 1re classe ; L’Etat et sa police en France (1789-1914), Genève, Droz, 1979, p. 51 ; Les Mamelouks de Napoléon, Jean Savant, Paris, Calmann-Lévy, 1949, pp. 299-318 ; Dictionnaire des mameloucks de la Garde impériale, par la Société des études historiques révolutionnaires et impériales, juin-novembre 1811 (sous le nom de Mansour, dit Gaix de Mansour) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, lettre en date du 7 mars, idem lettre en date du 9 mars (sous le nom de Mansour, dit Gaix de Mansour, Joanny, Pharaon) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109 (sous le nom de Gaix de Mansour, Joanny, Pharaon), idem 19 juin 1850, Emploi d’une somme de 705 francs provenant d’allocations non retirées par des décorés ou blessés de juillet 1830, minute 118 (sous le nom de Gaix de Mansour), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Gaix de Mansour), idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 (sous le nom de Gaix de Mansour), idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 (sous le nom de Gaix de Mansour).