Galand, Jean-Pierre, Claude

Biographie


Caporal de la garde nationale de la commune de Venteuil (Marne). Il sollicita la décoration de Juillet, pour avoir arboré le drapeau tricolore dans sa commune. Sa lettre de demande (dont la conservation de la première page est endommagée aux Archives nationales), révèle qu’il était avait été militaire durant au moins huit années, en garnison à Carcassonne (Aude), dans le 29e régiment de chasseurs en 1814, qu’il avait refusé de continuer de servir sous le drapeau blanc de la monarchie, qu’il avait repris du service durant les Cent-Jours et deuxième page : « […] donnais ma vie pour la défense de ce drapeau. De nouveaux revers nous attendant et on nous a voulu forcer d’arborer ce drapeau auquel j’ai toujours porté une haine implacable. J’ai préféré revenir dans mes foyers que de servir sous le drapeau blanc, et alors j’ai obtenu un certificat provisoire, qui m’a été délivré à Châlons après notre arrivée de Carcassonne. Au mois de juillet 1830, je ne me suis pas moins montré digne que dans le temps de tous ces revers, l’occasion étant revenue de pouvoir porter les couleurs de la liberté et voyant passer des voitures revenant de Paris, qui en étaient ornées, j’ai voulu en orner aussi le clocher de ma commune. Ayant été trouvé M. le maire, je lui ai déclaré que le drapeau tricolore flottait sur les édifices publics et qu’alors je désirais qu’il fût place sur le clocher. M. le maire m’a déclaré qu’il était obligé d’assembler son conseil municipal pour délibérer à cet égard, j’ai déclaré formellement à M. le maire que si le drapeau n’était pas posé le lendemain, que malgré mon infortune j’en mettrai un à mes dépens. Le lendemain, je suis allé une seconde fois chez M. le maire lui demander la délibération du conseil, qui avait approuvé ma réclamation. Alors je suis allé placer moi-même ce drapeau, à peut-être plus de cent pieds de hauteur. J’ai encore eu le plaisir de lui consacrer mon reste de vie, et je n’ai pas échoué, je l’ai placé sans naufrage. Et puisque le faible bras qui l’a placé m’est resté, je me fais un devoir de pouvoir l’offrir pour le soutien de l’honneur national, si le cas l’exigeait, et suis avec respect, etc. » Il demeurait à Venteuil (Marne). Archives nationales F/1dIII/80, Marne.

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