Galle, Gérard-Jean
Biographie
Né le 28 mai 1788 à Paris. Fabricant de bronze. La déposition qu’il fit devant la Cour des pairs, au procès des ministres de Charles X en décembre 1830, nous fait connaître la conduite qu’il tint pendant les événements. Sa déposition était ainsi retranscrite : « Le jeudi 29 juillet, sorti de chez moi à, quatre heures du matin pour connaître la situation de Paris, je me trouvai un peu avant six heures aux Tuileries. Voulant traverser le Carrousel pour aller au palais de l’Institut, une ligne de factionnaires interdisait le passage ; j’allais prendre un autre chemin, lorsque j’aperçus, près de l’un des guichets, un monsieur dont le nom m’est inconnu, mais que j’avais constamment vu près du roi chaque fois que mes affaires m’avaient appelé au château. Je m’approchai de lui, me nommai et lui exprimai avec émotion l’indignation dont j’étais animé par un événement dont je venais d’être témoin ; un malheureux, sans armes, et à ce que l’on m’a assuré, sans aucune provocation, venait d’être atteint par la balle d’un Suisse placé à l’un des balcons de la rue Saint-Honoré. “Vous, monsieur, lui dis-je, qui approchez du roi ; ne pouvez-vous lui faire connaître la vérité de tout ce qui se passe ? Ce silence est bien coupable : si je voyais le roi, je lui dirais, moi, qu’il a eu bien tort de maintenir au pouvoir des hommes qui sont cause des malheurs qui peuvent arriver aujourd’hui. – Je ne suis pas en position de parler ainsi au roi, me répond ce monsieur ; mais si vous voulez dire tout cela au maréchal qui est là, je vous conduirai près de lui. – Je ne demande pas mieux, lui dis-je ; seulement je vous préviens que je parlerai bien plus vigoureusement encore au maréchal. – Tant mieux, me dit-il, car pour moi je suis parfaitement de votre avis.” Ces soldats si menaçants me laissèrent passer avec mon guide, et deux minutes s’étaient à peine écoulées que j’étais en présence du maréchal duc de Raguse, dont l’accueil fut d’abord bienveillant. Mes expressions doivent avoir été à peu près celles-ci, de même que ses réponses. “– Comment avez-vous pu souffrir, M. le maréchal, ou donner les ordres exécrables qui ensanglantent Paris depuis deux jours ; vos troupes tirent du haut des balcons sur des citoyens inoffensifs et sans aucune provocation ; ne pourriez-vous pas faire cesser de telles atrocités ? – Vous m’insultez, interrompit le maréchal, en m’attribuant de tels ordres ; une proclamation, que l’on imprime actuellement, va instruire Paris que les troupes sous mon commandement ont l’ordre de ne tirer que quand elles seront attaquées ; mais hier vos tirailleurs, vos troupes, ont fait un mal affreux à mes soldats. – Nos troupes, nos tirailleurs ! Pouvez-vous, M. le maréchal, donner ces noms à des citoyens dont vous devriez admirer le courage civique, à des citoyens qui soutiennent leurs droits au cri de vive la Charte ! et la plupart ou sans armes ou armés de bâtons, et qui ont su trouver des fusils pour repousser la force par la force. Du reste, M. le maréchal, loin de vouloir vous insulter, la cause de l’humanité m’a conduit près de vous ; vous le voyez, je suis isolé ; j’ai cru, en vous faisant entendre la vérité, être utile à mon pays, à ma ville natale, et les malheurs que je prévois sont mes seuls conseils. Vous pouvez peut-être les empêcher et vous préparer une belle page dans l’histoire. Comment, M. le maréchal, depuis deux jours vous faites tirer sur le peuple, et pas une autorité municipale ou administrative ne s’est montrée ? Pourquoi les maires, les préfets du département et de police ne se sont-ils pas fait voir ? – C’est vrai, c’est une faute grave”, me répondit le maréchal en se frappant le front de sa main ; et en s’adressant à un secrétaire qui était près de lui : “Que l’on donne l’ordre, dit-il, aux maires de Paris de se réunir ici à une heure. – A une heure, M. le maréchal ! C’est trop tard, partez à l’instant, et sans perdre une minute. arrêtez ces fusillades que vous voyez d’ici ; allez à Saint-Cloud dire au roi que nous avons dépavé nos rues, que le haut de nos maisons est rempli de ces pavés, que cent mille des plus braves soldats ne prendraient pas Paris, et que beaucoup de gens qui entendent la guerre, seront à la tête de l’élite de la population de Paris ; moi tout le premier, si d’ici à deux heures, des concessions immenses ne sont pas faites en réparation de ces infâmes ordonnances. Voilà, monsieur le maréchal, ce qu’il faut dire au roi. – Cela ne remédierait à rien ; le roi sait tout ce qui se passe. M. de Polignac et moi l’avons instruit ; sa volonté est immuable”, répondit avec tristesse le maréchal. Je ne pus m’empêcher de dire énergiquement au maréchal, que personne au monde, fût-il empereur ou roi, n’avait de volonté immuable devant trente millions de volontés contraires, et je le quittai fort mécontent. En sortant de chez M. le maréchal, je fus reconduit par ses aides-de-camp qui me témoignèrent une grande satisfaction de ma démarche et un grand désir de la voir suivie de succès. L’un d’eux me dit, entre autres choses, qu’ils en seraient d’autant plus heureux que cela les tirerait d’une position infâme. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le seul nom de Galle sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il demeurait 19, rue de Richelieu en 1831. La Grande Semaine de juillet 1830, J. L…, 1re partie, Lyon, Lions librairie, 1830, p. 204 ; Souvenirs de J. Laffitte, racontés par lui-même, et puisés aux sources les plus authentiques, tome deuxième, Bruxelles et Leipzig, Muquardt, p. 90 ; Histoire de dix ans, 1830-1840, Louis Blanc, Paris, Pagnerre, 1841, tome I, p. 242 ; Procès des derniers ministres de Charles X, Paris, chez Audot, 1830, tome II, déposition de Galle, p. 128-129 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement. Il y a dans Archives de Paris VD6 278 in dossier Perriot, Etienne, Charles, un Galle, chef de bataillon au 4e bataillon de la IIe légion de la garde nationale, dont Perriot dit : « Le mercredi matin, j’allai, assisté de M. Galle, actuellement chef de bataillon de la garde nationale demander au maire du (ancien) Ier arrondissement de convoquer la garde nationale. » Et qui délivra le certificat suivant en faveur du même : « Je certifie que c’est à ma connaissance que M. Charles Perriot a montré un zèle tout particulier dans nos événements de juillet et que je l’ai vu après avoir utilement travaillé aux barricades de notre quartier se mettre à la tête d’une réunion de jeunes citoyens armés qui lui donnèrent le commandement de leur petite troupe et qu’il les a conduits au combat particulièrement rue de Richelieu près le Théâtre-Français. Depuis la conduite honorable de M. Perriot et son zèle pour la garde nationale a pu être appréciée. » C’est lui ?