Gallet-Azémar
Biographie
Commissionnaire de roulage, électeur et officier de la garde nationale d’Angers. Par une demande en date du 12 juillet 1831, il sollicita la Croix de Juillet, en récompense de la conduite qu’il avait tenue en juillet 1830, dans la ville d’Angers (Maine-et-Loire) : « J’ai tout mis en œuvre pour seconder Le mouvement auquel nous devons notre régénération politique, avec un Etat et une fortune indépendants. Juillet m’a vu compromettre ma famille, ma personne, tout ce que je possédais. J’avais lu dans plusieurs journaux que les récompenses nationales s’étendraient sur les départements et j’attendais avec confiance. Cependant j’ai vu plusieurs de mes concitoyens qui se trouvaient près de moi au jour de crise, décorés de la croix du juillet, et je ne sache pas, pourtant, qu’il ait paru d’autres ordonnances relatives que celles qu’on concernant la capitale. J’ai la conscience, Monsieur le ministre, d’avoir mérité cette décoration. Je n’eus point réclamé d’autres récompenses mais celles-ci ne grève point mon pays, et c’est pour moi ce qui lui donne plus de charme. Je n’ai point de protection, parce que n’ayant jamais sollicité je n’ai point eu besoin d’en rechercher. Mais j’ai des amis que je puis citer, leurs noms ne vous seront point inconnus et leur opinion sera peut-être de quelque poids dans votre décision à mon égard. J’ai l’honneur de vous remettre trois lettres qui m’ont été écrites au sujet de la réclamation que je fais aujourd’hui ; la première est de monsieur Collet-Dubignon alors secrétaire général de notre préfecture, aujourd’hui recteur d’académie ; la deuxième est de M. le maire d’Angers ; et la troisième de M. Duboys, à l’époque procureur général à la cour royale d’Angers et maintenant conseiller à la cour royale de Paris. Je désire, M. le ministre, que vous trouviez ma demande suffisamment appuyée par ces documents, mais quoi qu’il arrive j’aurais présent à la mémoire les hauts et les nombreux travaux qui vous assiègent et je ne vous écrirai désormais que pour vous témoigner ma gratitude si je suis assez heureux pour réussir dans ma démarche. J’ai l’honneur, etc. » Il joignait les trois lettres à sa demande. La première, ainsi rédigée, en date du 28 août 1831 : « […] Si j’étais appelé, monsieur, à l’honneur de faire partie d’une Commission chargée de présenter les candidats à la décoration, je n’oublierais pas ce que vous fîtes dans les jours de crise et je me plairais, soyez-en assuré, à faire valoir vos droits. » Signé, Bergne ou Berguet adjoint au maire. La deuxième, ainsi rédigée, en date du 12 mai 1831 : « Monsieur, j’ai reçu la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire à la date du 8 de ce mois. Si je ne vous ai pas fait réponse plus tôt veuillez l’attribuer uniquement aux occupations multipliées que chaque jour voit naître pour l’administration. D’un autre côté vous pouvez être assuré que s’il y avait eu péril à la demeure pour la chose dont vous m’entretenez ma réponse n’eut pas été remise à ce jour. Je vous avoue que j’ignorais ce que vous me dites de l’intention du ministre de mettre sous les yeux du roi un travail relatif aux décorations de Juillet à accorder dans les départements à ceux qui ont secondé le mouvement auquel nous devons d’avoir un roi-citoyen à la tête d’un gouvernement national. Si la chose a lieu, je serais heureux de contribuer à vous faire rendre la justice que vous méritez et recevoir cette honorable distinction. Je vous remercie d’avoir pensé à moi dans cette circonstance, c’est une preuve de confiance, à laquelle je suis bien sensible. Recevez, etc. » La troisième, ainsi rédigée, en date du 4 mai 1831 : « On m’a renvoyé de Paris la lettre que vous m’avez écrite pour exprimer votre désir d’obtenir la décoration de Juillet. Jusqu’à présent cette décoration a été réservée à ceux qui ont eu le bonheur de combattre à Paris dans les mémorables journées qui ont assuré le triomphe du peuple sur la tyrannie ; si le gouvernement annonçait l’intention d’étendre cette faveur dans les départements, assurément vos services ne seraient point oubliés, tous vos concitoyens attesteraient votre courage et votre dévouement aux libertés publiques. Je serai le premier à en rendre témoignage et je serais heureux de pouvoir contribuer à vous procurer l’honorable distinction à laquelle vous avez tant de droit. Je vous remets, monsieur, la lettre de monsieur le maire d’Angers et de monsieur le secrétaire général de la préfecture. Recevez etc. » Signé, Duboys. Le 22 juillet 1831, le préfet de Maine-et-Loire donnait sur le compte de Gallet-Azémar les informations suivantes : « […] M. Gallet professe des opinions libérales extrêmement avancées ; pendant les journées de Juillet, il fut du nombre des citoyens qui manifestèrent le plus énergiquement leur haine pour le gouvernement absolu et leur disposition à résister par la force aux mesures qu’il aurait pu prendre pour se maintenir. Sa maison même fut une de celles où se formèrent des réunions de patriotes armés, et il est probable que si le parti déchu l’eût emporté, M. Gallet, comme beaucoup d’autres, fût devenu l’objet de ses vengeances. Mais je dois à la vérité de dire qu’il n’y a eu à Angers ni combat ni collision quelconque des habitants avec la force armée, que sous ce rapport personne n’y a couru un danger immédiat et qu’enfin il existe ici bon nombre de personnes qui, en ayant fait autant que le réclamant, auraient autant de droits que lui à la faveur qu’il sollicite. » La Commission des récompenses nationales pour le département de Maine-et-Loire ne fut sans doute pas réunie, faute de mérites suffisants à examiner. Archives nationales F/1dIII/80, Maine-et-Loire.