Gastineau, Frédérich
Biographie
Né vers 1792 au Mans (Sarthe). Ancien lieutenant au 120e régiment, retiré sans pension. Il s’illustra à la halle au blé, où il fut contusionné à la hanche droite, place Vendôme, à l’Hôtel de ville, aux Innocents et au 49, rue Montmartre. Il déposa un dossier devant la Commission des réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, mais son dossier est indiqué comme n’ayant pas paru Son dossier indique qu’il avait été « marqué pour la médaille et a protesté contre » auprès de la Commission des récompenses nationales. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, Corion et femme, demeurant rue Montmartre, n° 49, au coin de la rue de la Jussienne, déclarons que le 28 juillet dernier, sur les 3 heures après-midi (sur les 4 heures dans la copie du même certificat), nous avons vu le sieur Gastineau, armé d’un sabre, se présenter à notre boutique, où il est entré au moment où les Suisses débouchaient par la rue Mandar, rue Montmartre et comme ils se dirigeaient sur la pointe Saint-Eustache, en passant devant notre boutique, ledit sieur Gastineau a jeté de notre premier étage, malgré le feu dirigé sur lui, un grand nombre de pavés, qu’il y avait fait monter, et a tué et blessé plusieurs de ces hommes, qui sont restés sur la place, abandonnée par lesdits Suisses et que ledit sieur Gastineau, par son intrépidité, nous a paru ne craindre aucun danger et être animé du plus grand zèle contre les ennemis de l’ordre légal. » Signé, le 3 septembre 1830 : Corion, demeurant 49, rue Montmartre. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je certifie que le sieur Gastineau, demeurant rue Saint-Denis, n° 342, s’est trouvé aux affaires désignées en son exposé à la Commission, en ayant été en partie le témoin et en ayant reçu l’assurance de personnes notables et qu’il a toujours été animé de sentiments patriotiques, dignes d’un ancien militaire que je connais de longue date. » Signé, le 3 septembre 1830 : Charpentier, L. instituteur, demeurant 52, rue du Faubourg-Saint-Denis, fourrier à la Ve légion de la garde nationale. Le troisième, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Gastineau, ex-lieutenant au 120e de ligne, faisait partie du poste que je commandais à la barrière du Trône le 31 juillet. Cet officier a prouvé qu’il connaissait son métier et qu’il est capable de rendre de grands services à la patrie. De tels braves méritent la recommandation de tous ceux qui aiment leur pays. C’est pour cela que j’ai accepté avec plaisir d’être un de ceux qui attestent le mérite de M. Gastineau. » Signé, le 20 septembre 1830 : Pastou, B., ex-capitaine d’infanterie. Le quatrième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine de l’état-major, attaché au colonel Zimmer, certifie que le sieur Gastineau, ex-sous-lieutenant (ou ex-lieutenant dans la copie du même certificat) au 120e de ligne, s’est présenté dès le 29 au matin à l’Hôtel de ville, après s’être battu sur différents points dans Paris, qu’il a demandé une commission de partisans sur Saint-Cloud et autres points, refusé une place de secrétaire provisoire (audit Hôtel de ville dans la copie du même certificat) pour se présenter sur ordre du colonel Zimmer à sa mairie (du [ancien] Ve arrondissement dans la copie du même certificat) afin d’avoir des armes et d’agir subséquemment. Je certifie en outre que je lui ai donné le commandement pour diverses missions, qu’il a remplies avec zèle, activité, bravoure et intelligence. » Signé, le 2 septembre 1830 : Baudry (voir Baudry, Auguste, Pierre), capitaine d’état-major, demeurant 36, rue Phélippaux. Ce certificat était ainsi apostillé par le colonel Zimmer : « Je certifie que M. Gastineau, ex-officier, a rempli avec beaucoup de zèle et d’intelligence diverses missions que je lui ai confiées dans les derniers jours de juillet. » Le cinquième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, caporal au 85e régiment, certifie que le sieur Gastineau, ex-sous-lieutenant au 120e de ligne, a constamment donné, pendant les journées des 27, 28 et 29 des preuves du courage qui distingue un bon soldat et que pendant les affaires de la Grève, de la rue Mandar et autres, il a grandement coopéré à la conquête de nos libertés. Je certifie en outre que sa conduite antérieure a toujours été celle d’un homme dont les sentiments ne sympathisaient nullement avec les vues de l’ex-Gouvernement et qu’il n’a voulu d’aucune place même avantageuse sous l’influence de ce dernier. » Signé, le 4 septembre 1830 : Thomas, demeurant 20, rue Saint-Benoît. Le sixième, ainsi rédigé : « Le commissaire de police de la Ville de Paris, spécialement chargé du quartier Montorgueil, officier de police judiciaire, auxiliaire de M. le procureur du roi, atteste qu’étant attaché à l’état-major du général Lafayette à l’Hôtel de ville le 29 juillet et jours suivants, il a vu M. Gastineau déployer un zèle et une activité dignes d’éloges, que je jour où il a ramené les fourgons de Rambouillet et les canons de Saint-Cyr, il l’a inscrit sur la main courante qu’il tenait des faits mémorables de ces journées. Il certifie également que la conduite du sieur Gastineau, ses connaissances doivent lui valoir la faveur d’être employé utilement, qu’il est père de quatre garçons dont il soigne l’éducation et auxquels il inspire l’amour de la patrie. » Signé le 20 septembre 1830 : Vaudemont, ou Vandemont, ou Levandemont (le même signe un certificat pour Baudry, Auguste, Pierre). Le septième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare et certifie que le sieur Gastineau, ex-officier au 120e régiment, division du général Bonnet, a été présent aux affaires relatées dans la pétition qu’il a adressée au ministre de la Guerre et à la Commission ; la Grève, rue Saint-Honoré, la halle, rue de la Jussienne où je me trouvais, Rambouillet, qu’il a été inscrit à l’Hôtel de ville commandant les hommes qui ont amené des fourgons et des canons de Saint-Cyr, qu’avant il était le 2 août avec un très petit nombre d’hommes à l’avancée de Vincennes au-dessus de la barrière du Trône, qu’il est allé à Vincennes lors de la sommation faite pour la reddition et qu’il avait reçu l’ordre du capitaine commandant de se tenir prêt à l’attaque, qu’il a fait partie jusque vers le 22 août de la colonne mobile campée à La Villette et ce comme capitaine commandant la 2e compagnie, où il s’est distingué par son zèle et ses connaissances militaires ; qu’en un mot, je dois à la justice et à la vérité de dire qu’il a déployé dans toutes ces affaires dangereuses une bravoure et une intrépidité sans pareil, qui doivent lui mériter la confiance et la protection des membres de la Commission et des chefs militaires, ayant d’ailleurs été remarqué et reconnu par le général Lafayette, qui l’avait distingué lorsque le 29, après s’être battu à la halle au blé le 27 (où il fut blessé le 27 dans la copie du même certificat) et toute la journée du 28 il vint à l’Hôtel de ville demander une autorisation d’une commission de partisans pour Saint-Cloud, à ses frais, et lorsqu’il arriva sur la place de l’Hôtel de ville avec le commandement de quatre cents hommes arrivant de Rambouillet. J’atteste en outre que pendant les mémorables journées et dans le voyage de Rambouillet il a fait de grandes dépenses pour servir la patrie et soulager les ouvriers qui en avaient besoin. » Signé, le 9 septembre 1830 : D’Auband (ou Dauband) (voir Daubaud), lieutenant au 4e régiment de hussards, demeurant 47, rue Montmartre. Le huitième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Gastineau, ex-lieutenant au 120e régiment, a fait partie comme capitaine de la 2e compagnie de la garde nationale mobile (constituée par ordonnance royale) et campée sous mon commandement à La Villette, qu’il a fait son service avec zèle, régularité et discernement, rendant justice à ses connaissances militaires et administratives, qui nous ont été très utiles. » Signé, le capitaine commandant (capitaine adjudant major à la 5e légion), Thierry Voir Thierry, Charles ? D’autres certificats, mais absents du dossier, étaient signés de : Fardeau, Jean, Louis, Victor (voir ce nom), demeurant 7, rue du Cadran ; Saugé aîné, demeurant 30, hôtel du Cadran ; Tenin, caissier du bureau des hypothèques, demeurant 9, rue du Cadran ; Simonet, avoué, demeurant 61, rue des Vieux-Augustins ; Dugué, caporal de la garde nationale, demeurant 342, rue Saint-Denis ; Pringuet, propriétaire, demeurant 10, quai de Gesvres ; Charpentier, employé, demeurant 14, rue du Mouton. Il joignait le billet suivant qui lui avait été délivré : « M. Gastineau est autorisé à prendre le commandement et former la seconde compagnie de garde nationale mobile composée à la barrière de Pantin. » Signé : le colonel provisoire, Hirne (Ve légion) (voir Hirne, Jean, Protais, Théodore ?). On trouve dans son dossier la lettre suivante, datée du 20 janvier 1831, qu’il avait reçue de Guinard, A., membre de la Commission des récompenses nationales : « Lorsque la Commission des récompenses nationales a demandé pour vous au ministre de la Guerre le grade de capitaine, on l’a renvoyé à consulter vos états de service en lui objectant que vous n’y figuriez que comme sous-lieutenant et que les règlements militaires s’opposaient à ce que vous puissiez obtenir tout d’un coup deux grades. Nos observations sur votre ancienneté de service ont été inutiles et nous nous sommes vu obliger de vous faire figurer sur l’état à présenter au ministère pour le grade de lieutenant. Cet état a été transmis depuis bien longtemps. Vous savez, monsieur, qu’un jury établi dans chacun des arrondissements de Paris a été chargé de désigner les citoyens qui avaient des droits à la décoration spéciale de Juillet. Ce jury vient de finir tout à l’heure ses travaux dans le (ancien) VIe arrondissement. Ces décisions seront transmises le plut tôt possible à la Commission des récompenses, qui aussitôt qu’elle aura statué s’empressera de les rendre publiques. Je regrette, monsieur, d’être dans l’impossibilité de vous donner actuellement les renseignements que vous désirez et je vous prie, etc. » Il avait signé le certificat suivant en faveur de Baudry, Auguste, Pierre : « Je certifie que, m’étant présenté à l’Hôtel de ville le 29 juillet au matin, la première personne que j’y ai vue est le capitaine d’état-major Baudry, qui, après s’être battu les jours précédents, y donnait des ordres, des commissions, avec le plus grand zèle et une étonnante activité. » Il signa, en 1830, le certificat suivant en faveur de Haymonet, François, Bonaventure : « Je, soussigné, certifie avoir vu M. Haymonet à l’Hôtel de ville le 29 juillet, au moment où étant secrétaire audit Hôtel je recevais de M. Baudry, capitaine d’état-major, des ordres. J’atteste en outre l’avoir vu déployer un zèle digne d’éloges. » Il apostilla ainsi, le 24 novembre 1831, un certificat délivré en faveur de Chabessier, Florent, Edouard, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je recommande M. Chabessier à la sollicitude du gouvernement et de la Commission des récompenses nationales, ayant eu l’occasion de le voir se distinguer dans les journées mémorables de Juillet. » Il signa, à son tour et le 10 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Daubaud : « Le soussigné certifie que le sieur Daubaud, ex-lieutenant au 4e hussards, a, pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet, 1er, 2, 3 et 4 août, donné des preuves de son dévouement à la cause patriotique, en se portant aux points les plus dangereux, que le 2 août, il a commandé, dès le matin, le poste de la barrière du Trône, qu’il s’est porté sur Vincennes avec le général qui était chargé de faire la sommation de reddition de Vincennes, commandant les tirailleurs portés en avant lors de l’entrée par la grille de la Tourelle ; que dès le matin il était disposé à attaquer, sur ordre du capitaine qui avait été envoyé à cet effet ; que le 3 août il était à Rambouillet et que le 4, au retour, il faisait partie comme commandant de section du détachement qui a ramené les fourgons et pièces de canon prises à Saint-Cyr ; qu’entre autres faits, le 28 juillet, après s’être battu sur différents points il a donné des preuves de courage en aidant puissamment à la défaite des Suisses, rue Montmartre, qu’il a fait partie, comme adjudant-major, de la colonne mobile campée à La Villette et qu’il y a fait son service d’une manière distinguée et mérite les éloges les plus sincères et les plus exacts. » Une dépêche indiquait à son sujet : « Renouvelle sa demande de la croix spéciale et de la place de capitaine dans la garde municipale ou de quartier-maître d’un régiment. » Il demeurait 342, rue Saint-Denis en 1830 ; 126, rue de Sèvres en 1831. Archives de Paris, VD6 631 n° 1 couverture du dossier de Sempoil ; Archives nationales F/1dIII/56 (sous le seul nom de Gastineau) ; Archives nationales F/1dIII/89 ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Baudry, Auguste, Pierre ; Archives de la préfecture de police AA 377 in dossier Chabessier, Florent, Edouard ; Archives de la préfecture de police AA 382 in dossier Daubaud ; Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Haymonet, François, Bonaventure.