Gaston de, Joseph

Biographie


Né le 30 janvier 1800 à Digne (Alpes-Maritimes), fils du conventionnel Gaston, Raymond (le de Gaston n’a pas d’explication), qui vota la mort du roi Louis XVI. Négociant. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En mai 1831, il s’étonna de n’être pas compris dans la liste des décorés de la Croix de Juillet et réclama auprès de la Commission des récompenses nationales. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le seul nom de Gaston sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). Il signa, le 17 juillet 1831 et comme « employé au journal le Temps, décoré de Juillet », le certificat suivant en faveur de Schmit, Guillaume, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous certifions véritable que le nommé Schemite, Guillaume (sic), a combattu avec nous pendant les trois journées 27, 28, 29 juillet 1830, qu’il s’est toujours distingué dans toutes les attaques qui se sont présentées et qu’il a désarmé un gendarme à l’état-major lorsque nous nous sommes présentés pour en faire la prise, puis qu’il a fait partie de la défaite des trois lanciers sur le boulevard au coin de la rue de Choiseul, de là s’est rendu avec nous à la porte Saint-Denis, ensuite il a fait partie de la garde mobile. » Il ajoutait l’apostille suivante à ce certificat : « J’atteste avec plaisir que le sieur Schmit s’est conduit pendant les journées de Juillet comme un courageux et loyal citoyen ; l’un des chevaux des lanciers pris par lui a été fidèlement conduit à la place des Petits-Pères et remis entre les mains d’un membre de la municipalité. » Il fit parvenir la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février : « Je suis et j’ai toujours été républicain. Je ne demande pas de récompense, elles appartiennent à ceux qui sur les barricades ont versé leur sang. Je n’ai fait que mon devoir. Je n’ai qu’un désir, c’est que mon nom ne meure pas dans l’oubli. Combattant de Juillet, l’un de ces vétérans de notre jeune république, je déclare que je tiendrais à déshonneur de n’avoir pas participé dans toute l’étendue de mon pouvoir, de mes forces au renversement de l’infâme gouvernement qui voulait le déshonneur et la ruine de la France. Le 22 février, je me mêlai à tous les groupes, en excitant mes concitoyens à une démonstration énergique. Le 23 au soir, je me trouvai sur le boulevard des Capucines et aussitôt après la fusillade, pendant qu’on relevait les morts, je proférais sur les boulevards, animé par une juste indignation, les cris Aux armes ! Vengeance ! On nous égorge ! J’excitai et j’aidai les citoyens exaspérés comme moi à faire les premières barricades en face de la rue Mazagran. Plus loin, j’activai de la voix et du geste l’ardeur des braves travailleurs qui établirent pendant toute la nuit les formidables redoutes de la porte Saint-Martin et des rues adjacentes. J’eus le bonheur d’ouvrir ma bourse à des frères exténués de fatigue. Enfin, le 24 au matin, sur la barricade du faubourg Montmartre, je répondis le premier au général Lamoricière, qui venait annoncer un changement de ministère, “que le peuple ne désarmerait pas, qu’il garderait ses barricades qu’on lui disait de détruire et que désormais nous voulions d’autres garanties”. Je partis ensuite pour me joindre aux masses qui se portaient sur les Tuileries mais déjà il n’y avait plus ni roi ni trône ! » Sa demande était apostillé par Thiéblot, chef ouvrier couvreur, demeurant 16, rue de Vincennes à Belleville, qui le certifiait « digne de foi et qu’il s’est toujours montré un bon et brave citoyen » ; Auziere, demeurant 19, bd Saint-Denis ; Tézenas, demeurant 12, rue de la Ferrière, qui précisait : « J’affirme que M. de Gaston était avec moi sur les boulevards et qu’il m’a quitté pour courir aux armes. » Perdereaux, concierge au 7, rue Sainte-Apolline, qui ajoutait : « J’ai été à même de juger les bons sentiments de M. Gaston ainsi que son dévouement à la république. » Sa lettre était suivie du post-scriptum suivant : « Depuis que j’ai écrit cette lettre, ma position a changé de face depuis les événements de février. J’ai perdu l’emploi qui me faisait vivre et je me trouve maintenant avec ma famille sans aucunes ressources. Je supplie les membres de la Commission de me faire obtenir un emploi, il y a urgence ! j’appuie ma demande sur l’état de service qui précède. Je suis bon comptable, j’ai géré pendant plusieurs années deux établissements industriels. Je n’ai jamais manqué aux lois de l’honneur. » Le 13 juillet 1848, il adressa la lettre suivante au générale Cavaignac : « Je n’ai plus d’espoir qu’en vous. Je viens solliciter votre puissante intervention pour un pauvre et obscur républicain, qui n’est pas indigne de votre intérêt. Votre noble caractère, le nom illustre, à tant de titres, que vous portez justifient ma confiance. Mon père, à la Convention nationale, eut l’honneur de siéger à côté du vôtre, dans des temps pleins de périls et d’ineffaçable mémoire. Sa vie presque entière fut consacrée au service de son pays. Receveur général pendant dix-sept ans, il fut destitué et ruiné en même temps par la Restauration. Fils d’un conventionnel, décoré de Juillet, combattant de Février, la république me fera-t-elle rien pour moi ? Jusqu’à ce jour, je n’ai rien pu obtenir. C’est en vain que je me suis adressé au gouvernement provisoire, à plusieurs ministres, à la Commission des récompenses nationales, et cependant je suis sans aucunes ressources, ayant perdu mon emploi dans le commerce par suite des événements de février. Et avec de l’énergie, des capacités, de l’intelligence, serai-je réduit à mourir de désespoir ? Vous ne le voudrez pas, général. Ce cri de détresse, cet appel à votre noble cœur sera entendu. Veuillez, général, que j’obtienne un emploi, le plus modeste même, pourvu qu’il me permette de donner un morceau de pain à ma famille, satisfera mon ambition. » Il fut recommandé, par la Commission des récompenses nationales de Février, pour un emploi d’expéditionnaire au ministère du Commerce et pour la décoration honorifique qui devait être instituée et qui ne le fut jamais. Il était officier de la garde nationale, marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 102, rue du Faubourg-Poissonnière en 1831 ; 7, rue Sainte-Apolline en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/89 ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Schmit, Guillaume.

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