Gatineau, Louis, Antoine
Biographie
Né vers 1803 à Jouy (Eure). Ouvrier maçon. Le Constitutionnel du 18 août 1830 rapportait ainsi sa participation aux combats : « Un autre brave ouvrier, Louis, Antoine Gatineau, maçon, né à Jouy, près Chartres, demeurant barrière de Fontainebleau, n° 42, étant posté le mercredi 28, au bout du pont au Change, du côté du Palais de justice, soutint et repoussa le choc des lanciers qui voulaient se rendre maîtres du pont ; il en abattit trois d’un coup de fusil chargé de chevrotines ; il ne quitta ce poste qu’après la retraite des lanciers : il se dirigea ensuite vers la place de Grève, où il resta jusqu’à la fin de l’action. Le lendemain 29, il s’est trouvé à l’attaque du Louvre et des Tuileries ; il a aussi fait partie des détachements qui se sont dirigés sur Rambouillet. » Son nom est cité dans le manuscrit de Victor Crochon « parmi les noms qui se sont illustrés dans cette journée [28 juillet] en combattant avec tant d’intrépidité les troupes nombreuses réunies sur la place de Grève » Le 8 septembre 1830, dans une lettre adressée à la Commission des récompenses nationales, il reprenait dans les mêmes termes sa participation aux combats : « […] Etant posté le mercredi 28 au bout du pont au Change, du côté du Palais de justice, soutint et repoussa le choc des lanciers qui voulaient se rendre maîtres du pont ; il en abattit trois d’un coup de fusil chargé de chevrotines ; il ne quitta ce poste qu’après la retraite des lanciers et se dirigea ensuite vers la place de Grève, où il resta jusqu’à la fin de l’action. Le lendemain 29, il s’est trouvé à l’attaque du Louvre et des Tuileries ; il a aussi fait partie des détachements qui se sont dirigés sur Rambouillet (voir le supplément du Constitutionnel du 18 août). » Lafargue, avocat, demeurant 338, rue Saint-Jacques, et délégué du maire du (ancien) XIIe arrondissement « pour recueillir les faits notables des trois journées de Juillet », apostillait la demande pour préciser que Gatineau lui avait remis « un certificat revêtu de sept signatures énonçant les faits relatés dans sa pétition ». Marié et père de trois enfants, sans ouvrage ni moyens pécuniaires, il sollicita une place de garde dans l’administration des Eaux et Forêts. En 1831, il sollicita auprès du roi l’obtention de la Croix de Juillet. Il fut convoqué, pour le 19 juin 1831, par le garde général des Eaux et Forêts de Trappes pour un entretien visant à lui faire obtenir un emploi de garde forestier ; il lui était demandé de se munir d’un acte de naissance, d’un certificat de bonne vie et mœurs délivré par le maire de sa résidence et de toutes pièces ou titres pouvant lui être utiles. Il déposa un dossier devant la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet, des secours et d’être appuyé dans sa demande d’une place de garde. Il demeurait 42, barrière de Fontainebleau en 1830 ; à Cormeilles-en-Parisis (Seine-et-Oise) en 1830-1831. Le Constitutionnel, 18 août 1830 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 355 ; Archives nationales F/1dIII/56 (sous le nom de Gastineau) ; Archives nationales F/1dIII/89.