Gaud, Louis

Biographie


Né vers 1816 à Beauvais, fils d’un ancien chef de bataillon, décoré de la Légion d’honneur, mort en 1817, et d’une mère sans profession, pensionnaire de l’Etat à la mort de son mari. Apprenti marbrier. Il fut fortement contusionné à la poitrine (mais à lestomac in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II), le 29 juillet à l’attaque de la caserne des Suisses, rue de Babylone. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut un secours de quarante francs, le 18 octobre 1830, un secours de trente francs, le 24 décembre 1830, un secours de trente francs, le 18 mars 1831, un secours de cinquante francs, le 18 avril 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de six cents francs versée sur deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de six cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1832, à l’occasion du mariage de la princesse Louise avec le roi des Belges, le mariage de sa sœur, Marie-Louise, née vers 1815 à Trie-la-Ville (Oise), demeurant 1 bis, rue Notre-Dame-des-Champs (ou 17, bis, rue Notre-Dame-des-Champs illisible), couturière, fut choisi pour être doté par la municipalité. Elle devait épouser Bridoux, Pierre, François, Auguste (voir ce nom), décoré de la Croix de Juillet. La mairie du (ancien) XIe arrondissement donna les renseignements favorables suivants sur Bridoux : « Le sieur Bridoux est décoré de Juillet. Il gagne par an mille francs et a sa table et le logement. Il possède au plus haut degré la confiance de M. Masseneau, tenant le café rue de Vaugirard n° 17, où il est employé, et des renseignements recueillis ailleurs nous ont appris qu’il en est digne. Il espère s’établir à quelque occasion favorable. L’éducation de sa prétendue, douée d’une jolie figure, présage des succès pour un établissement de limonadier. Ce jeune homme a quelques économies. » De la même manière, elle donna les renseignements suivants sur la future épouse : « La demoiselle Gaud est fille d’un chef de bataillon, officier de la Légion d’honneur, mort en 1817, après le licenciement de l’armée de la Loire. La principale cause de sa mort a été le chagrin d’avoir vu la France au pouvoir des étrangers. Ce brave militaire avait gagné tous les grades dans dix-sept campagnes et reçu neuf blessures. Un des frères de la demoiselle Gaud est un de nos blessés de Juillet. Il n’avait alors que quatorze ans et fit preuve d’un courage héroïque. Ses autres frères ont des grades dans la garde nationale. La demoiselle Gaud a été élevée dans la maison d’éducation des Loges près Saint-Germain, destinée aux filles des membres de la Légion d’honneur. Jolie, sans paraître le savoir, elle est simple et très bonne ouvrière. Elle a un petit patrimoine de deux mille francs, provenant de la succession de son père. Ce mariage satisfait les vœux de sa mère et les siens. Les deux prétendus se conviennent. Madame Gaud ne possédant que sa pension de quatre cent cinquante francs, elle est dans une situation pécuniaire peu brillante. Il est avis que le gain probable mais toujours incertain d’un procès de famille améliorerait beaucoup son sort. » La cérémonie eut lieu le 9 août 1832, à l’église Saint-Sulpice. L’année suivante, la même mairie faisait l’aveu de son manque de discernement dans le choix des mariages à doter et constatait l’échec du mariage qu’elle avait doté : « Le mariage célébré au mois d’août, à l’occasion de celui de la princesse Louise avec Sa Majesté le roi des Belges a été moins heureux. Plusieurs circonstances ont contribué à amener un fâcheux résultat. Le peu de temps qui a été accordé pour le choix des époux en est une des premières causes ; les candidats s’étant trouvés, à cette époque, très rares puisqu’ils ne réunissaient pas les conditions voulues, l’administration municipale s’est trouvée fort embarrassée ; les futurs époux n’ayant pu se connaître parfaitement et étudier leur caractère respectif, il en est résulté bientôt une incompatibilité de position sociale, fort en désaccord avec le but qu’on s’était proposé. La demoiselle Gaud, fille d’un ancien chef de bataillon, mort au service, avait été élevée à Saint-Denis et avait reçu une bonne éducation, qui devait lui faire espérer de trouver un jeune homme appartenant à la classe intelligente et instruite ouvrière ; malheureusement les mauvais conseils de sa mère, dont la conduite fut reconnue trop tard pour être peu régulière, contribuèrent à tromper sa fille, sans expérience et, pressée de se marier pour ne pas déplaire à sa mère, elle donna son approbation à son mariage avec le sieur Bridoux, garçon limonadier, combattant de Juillet mais qui n’avait reçu aucune éducation et qui ne plaisait pas à la jeune personne dès les premiers moments de cette union. Le sieur Bridoux ne sut pas, par de douces prévenances, s’attirer la confiance et l’amitié de sa jeune épouse ; il employa au contraire des formes acerbes et bientôt la désunion fut complète dans un ménage qui devait être heureux ; la mère favorisa cette disposition, en donnant de mauvais conseils à sa fille. Les observations bienveillantes qui furent faites aux époux ne furent pas suivies d’aucun résultat ; la faute seul en est à madame Gaud la mère et à l’incompatibilité de caractère des deux époux. Si le temps accordé pour la recherche et le choix d’un époux eût été plus long, nous n’aurions pas, aujourd’hui, à déplorer une mésalliance qui avait, dans son principe, un but de spéculation d’argent de la part de madame veuve Gaud […]. » Gaud demeurait 27, rue de Babylone en 1830 ou 1831 (mais 38, bd du Montparnasse in Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; deux fois 38 bis, bd du Montparnasse in Archives de Paris, VD6 631 n° 1 et in Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 aussi in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II ; mais bien 38, bd du Montparnasse dans le récapitulatif final ; à la fois 38, bd du Montparnasse et 27, rue de Babylone in Archives de Paris VK3 32). Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 87 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, blessés, secours définitifs, idem cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VI1 1, 1837, mariages de Juillet, idem décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, mariage de Mlle Gaud avec M. Bridoux ; Archives de Paris VK3 19, lettre en date du 1er février 1832 de la préfecture de la Seine au maire du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 32, (ancien) XIe arrondissement, liste des indemnitaires de deuxième classe (à trois cents et six cents francs) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 2e classe, (ancien) XIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le seul nom de Gaud).

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