Gault, Emile, Joseph, Alphonse
Biographie
Né le 28 mai 1808 à Paris, fils d’un chirurgien-major de l’Ecole polytechnique pendant treize ans, qui fut renvoyé en 1816 « parce que ni lui ni sa mère n’allaient à la messe », et petit-fils de l’adjudant général de Jossets de Saint-Ange, fait prisonnier à la déroute de Dresde, étant chef de l’état-major du général Durosnel et mort en Hongrie. Employé aux Messageries de la rue Notre-Dame-des-Victoires. Il sollicita une sous-lieutenance. Il joignait de nombreux certificats à sa demande. Le premier était ainsi rédigé : « Je, soussigné, Pierre, Odru, propriétaire à Grenoble, ayant pris une part active au mouvement insurrectionnel qui a renversé le gouvernement tyrannique qui pesait sur la France, ainsi qu’il résulte des citations de plusieurs journaux et de divers certificats honorables dont je suis porteur, certifie qu’il est à ma parfaite connaissance que M. Alphonse Gault, domicilié rue Feydeau, n° 22, a coopéré d’une manière non équivoque à nos immortelles journées de Juillet, en abandonnant le toit maternel dès le mardi 27 pour voler à la défense commune. J’atteste en outre avoir vu M. Alphonse Gault se battre courageusement à la porte Saint-Denis le mercredi 28. Je déclare enfin m’être trouvé encore avec lui le jeudi 29 juillet, rue Richelieu et rue Saint-Honoré où s’est terminé le combat entre les habitants de Paris et leurs assassins. Ce n’est qu’alors que M. Gault, couvert de sang et de poussière, est rentré au logis de sa mère, désolée. » Signé le 30 novembre 1830 : Odru, demeurant 32, rue du Faubourg-Montmartre. Ce certificat était ainsi apostillé par le colonel Harle illisible, officier de la Légion d’honneur : « Je certifie avoir vu M. Gault, le 29 juillet, au nombre des combattants dans la rue Saint-Honoré au moment le plus périlleux de notre attaque sur ce point et qu’il se faisait remarquer par son courage et son ardeur. » Le second était signé, le 20 octobre 1830, par Carel, Eustache, Auguste (voir ce nom) et ainsi rédigé : « Je, soussigné, major commandant le Louvre, en vertu des ordres de S.M. Louis-Philippe 1er, commandant supérieur du poste des Tuileries pendant les journées des 29, 30, 31 juillet, 1er, 2 et 3 août, certifie que M. Gault, Emile, Alphonse, […] faisait partie de ce poste pendant lesdites journées, où il est resté jusqu’au 2 août, que ce n’est qu’aux instances réitérées de ses parents qu’il a dû l’abandonner, qu’il s’y est comporté avec toute la bravoure et la probité d’un excellent citoyen, que c’est à son zèle et à son activité qu’une grande partie des objets précieux renfermés dans cette résidence royale a dû sa conservation et qu’enfin sa conduite en tout digne d’éloges lui mérite l’estime et la bienveillance de ses concitoyens. » Un autre certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, Pierre, Adolphe Erambert, élève ingénieur civil des Mines, demeurant rue Saint-Hyacinthe n° 30, combattant dans les trois jours, choisi comme chef des postes du Val-de-Grâce, certifie avoir vu combattre vaillamment le mercredi dans la rue Saint-Denis le sieur Emile, Joseph, Alphonse Gault. » Mayer, chef de l’Institution préparatoire à l’Ecole polytechnique, 269, rue Saint-Jacques, lui délivra le certificat comme quoi il avait été élève de l’établissement pendant une année et que la mort de son père et la position de sa mère l’avaient empêché de suivre cette carrière ; qu’il n’avait eu qu’à se louer de sa conduite et de son travail et qu’il était persuadé « qu’on donnerait à l’armée un bon officier en lui accordant la récompense qu’il demande pour les services qu’il a rendus dans les mémorables journées de Juillet ». Barlier, Antoine, porteur d’eau, demeurant 147, rue Montmartre, certifia l’avoir vu « sur la place de la Bourse, les armes à la main, bien disposé à défendre nos droits. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Son dossier est apostillé de l’observation suivante : « S’est distingué rue Saint-Denis et le jeudi rue de Rohan et au Théâtre-Français. Son éducation et son titre de petit-fils de général le rendent digne d’être sous-lieutenant. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement ; il est cependant inscrit sur les listes des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement (avec son état civil, son adresse et sa profession, il est donc bien du IIIe arrondissement, mais aussi sur la liste de la mairie du (ancien) IVe arrondissement : Gault, Alphonse, employé aux Messageries, demeurant 22, rue Feydeau). Il fut nommé, par ordonnance en date du 21 février 1831, sous-lieutenant, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 14e léger. Il reçut trois cents francs auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, comme somme à valoir sur son indemnité de première mise d’équipements. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Gault, Alphonse, Jean, Michel), auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 22, rue Feydeau en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (cité sous le nom de Gault, Alphonse et sous celui de Gault, Emile, Joseph, Alphonse) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (cité sous le nom de Gault, Alphonse et sous celui de Gault, Emile, Joseph, Alphonse) ; Journal militaire officiel, année 1831, premier semestre, Paris, chez Anselin, 1831, p. 235, ordonnance du 21 février 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) IIIe arrondissement, état des sommes accordées aux sous-lieutenants proposés par la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement et noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement.